Kid Koala
Critique Publié le

Kid Koala au Centre Phi | Orchestre de vinyles

Kid Koala n’en est pas à sa première expérimentation avec le concept de musique live. Après son Space Cadet Headphone Concert, performance que les spectateurs vivaient tous ensemble mais individuellement à travers une paire d’écouteurs, et Music to Draw To, une soirée ou la foule était invitée à dessiner ce qu’elle ressentait en temps réel, l’enfant Koala nous revient cette semaine avec Music to Draw To : Satellite.


Malgré le titre, pas de dessin cette fois. Ou du moins, pas pour les membres de l’audience (parce qu’il y avait quand même un illustrateur perché au balcon qui gribouillait le déroulement de la soirée).

Plutôt, le nouveau spectacle inclus carrément la foule comme instrument.

Chaque spectateur/groupe de spectateurs avait devant lui une petite table tournante et quelques vinyles de la grosseur d’un 45 tours. Et tous étaient invités à scratcher, jouer avec les effets, changer le tempo sur sa station.

Évidemment, il y avait quand même quelques lignes directrices, sinon ç’aurait sûrement été un bordel monumental. En gros, chaque vinyle était marqué d’une couleur, et les apprentis DJ devaient suivre les couleurs changeantes de l’éclairage de la salle pour mettre le bon disque au bon moment.

Lesdits disques contenaient pas mal chacun juste une note continue, donc les possibilités de foirer étaient assez minces. Tout était dans le maniement de la table tournante.

Règle générale, les concepts de cette complexité incluant des membres de l’audience ont tendance à se dérouler bof. Tsé, quand on pense que faire taper une foule des mains finit toujours en cacophonie déréglée qui est tout sauf sur les temps, imaginez ce que ça peut donner quand tu demandes à tout le monde de joueur sur une table tournante.

Et lorsqu’il se passe plusieurs choses en même temps, règle générale, ça donne un spectacle moins humain.

Mais Kid Koala n’est pas un gars de règle générale, semble-t-il.

Parce que bien qu’il s’en passait en torieux, des affaires en même temps (la performance en soi, la gestion des tables tournantes, l’éclairage changeant, de l’écriture en simultanée, un guitariste-chef d’orchestre, un illustrateur et une artiste visuelle qui expérimentait avec des produits chimiques, recréant de complètement folles et magnifiques petites galaxies) la soirée avait une direction claire.

Tout était mis en œuvre pour entourer les nouvelles pièces de l’artiste, et non les enterrer.

Des nouvelles pièces qui sont en passant particulièrement touchantes. De par leur langueur atmosphérique et aussi grâce à l’ajout de performances vocales par la chanteuse islandaise Emiliana Torrini.

La plus touchante d’entre toutes : une chanson titrée The Darkest Day, qui, comme nous l’expliquait Kid Koala d’une voix déchirée, est dédiée à un proche cousin s’ayant malheureusement enlevé la vie.

Bref, une rare soirée qui réussit à allier intimité et idées de grandeur.

Pour ceux qui n’auront pas la chance de voir le show dans les prochains jours, sachez que tout est enregistré pour la BBC, donc y’aura sûrement moyen de revoir ou réentendre ça.

Consultez également notre entrevue avec l’artiste à ce sujet

Artistes
Villes
Salles

Vos commentaires