Gogol Bordello au MTELUS | Le sens du punk gypsy
Quelques jours après la sortie de leur 11e album en 26 ans de bohème électrique le 13 février, « We Mean It, Man! », les Gogol Bordello envahissaient l’arène du MTELUS pour faire fondre le givre hivernal ankylosant une foule pas mal trop sage craignant les vols planés. Avec comme symbole scénique le slingshot et le poing fermé, la super formation aspire encore à semer l’exquis chaos partout sur son passage et dans sa mire. Elle en a fait la démonstration par une performance généreuse, toute en effusions de riffs et souffles d’intensité.
Parmi les nouvelles compositions de l’album dont le public semblait peu familier encore, l’addictive Life Is Possible Again a semé un grand vent d’optimisme sur l’état fracassé du monde. Un hymne joyeux et plein d’espoir que les membres immigrants de Gogol Bordello incarnent par leur expérience personnelle de l’exil. Celle du chanteur Eugene Hütz, 53 ans, américano-ukrainien qui brandira le drapeau bleu et jaune de son pays envahi par la Russie dès les premiers instants sur scène.
La force d’une musique chargée à bloc, jamais superficielle ni esthétique, porteuse d’un idéal de vie : le punk en soi. Des classiques d’un répertoire indémodable, depuis leur premier opus en 1999, Voi-la intruder, ont produit leur effet décoiffant. Ces hymnes à la résistance et à une existence loin des normes.
Les réjouissantes My Companjera et Immigraniada – We Comin’ Rougher, pièces extatiques tirées de l’album Trans-Continental Hustle en 2010. Par moment, la techno et le hardcore s’invitent dans la soirée. C’est que les Gogol Bordello savent explorer des genres connexes à leur inspiration nomade tzigane. Mais la magie et l’énergie brute incandescente provient de ces moments d’enlacement fou de l’accordéon, du violon et de la guitare électrique à fond la caisse.
La virtuosité d’Elizabeth Sun, déchaînée sur les touches de son accordéon, épousant les airs les plus toniques avec désinvolture. Ces musiciens plus que cinquantenaires à l’âme juvénile donnent un exemple à suivre dans une société paramétrée : sortez par la bande pour vous sentir en vie.
Et quel que soit le langage, les coups de gueule et les « fuck! » au bord de la bouche, comme l’exprime l’exubérant chanteur sans en rougir lorsqu’il entonnera No Time For Idiots. Une chanson coup de poing qui pourrait s’adresser directement à un être à la franche faussement blonde créchant à la Maison Blanche : « You might be Socrates, or you might be Confucius, but don’t forget about a moron ». En vlan dans la gueule !
Peu bavard, Hütz raconte son attachement à Montréal, la ville où il découvrira l’expérience de la « rave party ». L’artiste-acteur-DJ, vêtu en rose bonbon et cuissardes, adore un lieu jadis culte de la contre-culture qui lui rappelle le souvenir lointain de Nirvana : les Foufounes Électriques. Parce qu’il ne fait rien comme les autres, il invite la foule à y venir à la fin du concert pour un « after ».
Une nuit inédite, revendiquant la marginalité punk, la liberté avec fierté… et crêtes.
Grille de chansons
Ignition
Life is possible again
I Would Never Wanna Be Young Again
Not a Crime
Immigrant Punk
Wonderlust King
Fire on Ice Floe (avec Puzzled Panther)
From Boyarka to Boyaca (reprise de Puzzled Panther)
No Time for Idiots
We Mean It Man
My Companjera
Immigraniada (We Comin’ Rougher)
Mishto!
Start Wearing Purple
Pala Tute
Reprise
The Boiling Point
Alcohol
Solidarity (reprise d’Angelic Upstarts)
Photos en vrac
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- Gogol Bordello
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- Catégorie(s)
- Musique du monde, Punk, Rock,
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