Orchestre Symphonique de Montréal

Francofolies 2016 | Gainsbourg Symphonique: Rencontre émouvante avec les artistes

Dans le cadre des Francofolies de Montréal, le spectacle Gainsbourg Symphonique est présenté au public pour la toute première fois à la Maison Symphonique de la Place des Arts ces 10 et 11 juin 2016. Une belle occasion pour Sors-tu et ses lecteurs de découvrir les premières impressions des artistes impliqués dans ce projet, soit Jane Birkin, Arthur H et Simon Leclerc.

 

Ce 10 juin au matin, le rendez-vous commence dans une ambiance détendue où Jane, Arthur et Simon entrent accompagnés de Laurent Saulnier, vice-président à la programmation et la production chez Spectra.

Le concert de Gainsbourg Symphonique est alors présenté comme un double-projet anniversaire pour les 25 ans de la mort de Serge Gainsbourg en 1991, et les 45 ans de la sortie de son album concept Melody Nelson en 1971. C’est pour cette raison qu’Arthur H interprètera, en première partie du spectacle, une ré-interprétation de ce disque de Gainsbourg qu’il décrit comme « sensuel, psyché, émouvant, fou, rock », avant d’ajouter qu’il s’agit même selon lui d’un « opéra des temps modernes ».

Trois artistes extrêmement enthousiastes

Photo: Victor Diaz Lamich

Photo: Victor Diaz Lamich

Simon Leclerc, chef d’orchestre du spectacle, explique ensuite que Laurent Saulnier voulait reproduire Melody Nelson en concert tel qu’il était sur le disque, et ce dans les moindres détails. Cette volonté artistique a impliqué tout un travail de repiquage des chansons note pour note, que les musiciens ont décortiquées à l’oreille. C’était une « aventure folle » dit-il, se demandant même comment ils ont pu arriver au bout de ce défi.

Un peu plus tard, il décrit la seconde étape du travail qui consiste à se demander si on veut emmener les titres ailleurs ou non, changer la direction qui a été initiée dans la version originale, et quelles couleurs musicales on aimerait éventuellement leur donner.

De son côté, Jane Birkin ne cache pas son intimidation ressentie en voyant l’orchestre au complet hier soir, lors des répétitions. Elle dit qu’heureusement, le regard complice échangé avec Simon la rassurait. Elle évoque également la présence de son pianiste et arrangeur des titres, le Japonais Nobuyuki Nakajima, qui aurait dû être présent à la conférence, mais qu’ils ont « perdu ». Peut-être est-il en ce moment même captivé par les films japonais qu’il aime à regarder, suppose-t-elle.

Photo: Victor Diaz Lamich

Photo: Victor Diaz Lamich

Pour décrire l’œuvre de Serge, Jane se positionne en attirant l’attention sur l’invention d’un réel langage musical par l’artiste. Elle note les phases, les périodes artistiques qui se sont succédées dans sa création, avec des évolutions fortes. « Il regardait toujours en avant », partage-t-elle. Elle se plaît à mentionner le côté « très gonflé » de Serge, ce qui selon elle explique le fait qu’il plaisait et plaît encore aux adolescents.

En tant que représentante de son ex-mari et compagnon de création artistique, elle ne trouve absolument pas cette responsabilité pesante, même 25 ans après sa mort. Elle trouve au contraire « épatant » la possibilité de l’emmener partout.

Photo: Victor Diaz Lamich

Photo: Victor Diaz Lamich

Arthur H, lui, parle du plaisir inouï qu’il a éprouvé en prenant part à ce projet. Il dit avoir écouté attentivement le phrasé de musicien de Serge Gainsbourg, ajoutant que c’est très dur à reproduire, puisque tout est chanté de façon si particulière, avec beaucoup de pièges dans le placement rythmique des mots. D’autre part, Arthur décrit l’intimité qu’il a perçue en écoutant Melody Nelson, et ce malgré le côté presque « grandiloquent » des cordes et des timbales, par exemple.

Une vraie fébrilité à quelques heures de la représentation

Quand on lui demande ce que Serge aurait dit en voyant ce spectacle, Jane n’hésite pas une seconde et dit qu’ « il aurait adoré ça », soulignant son respect immense pour la musique classique, avec même l’utilisation de créations de compositeurs comme Chopin dans ses propres réalisations. « Il serait aux anges, et pour Arthur aussi » ajoute-t-elle.

À propos de son mal de gorge en début de semaine, Jane répond que ça va mieux mais que c’est descendu dans les bronches, et… qu’elle a « hâte que ça descende aux bottes », ce qui déclenche alors quelques sourires et même quelques rires dans la salle.

Photo: Victor Diaz Lamich

Photo: Victor Diaz Lamich

Enfin, Jane souhaite que les gens soient « heureux » en sortant de Gainsbourg Symphonique, où la musique de Serge est réellement mise en avant grâce à Simon Leclerc et à l’Orchestre symphonique. Le chef d’orchestre, quant à lui, parle de sa hâte, de son impatience et même de sa « presque nervosité » d’avant-spectacle, sentiment qu’il ne ressent que très rarement, dit-il. Il termine, en parlant du spectacle présenté ce soir et demain, par : « Quel beau voyage fait-on ensemble! », ce que Jane approuve immédiatement. On espère, sans trop douter, qu’ils embarqueront le public avec eux dans leur périple artistique!

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