Feu! Chatterton au MTELUS | Mille vagues de grâce
Après avoir rempli les plus grands arénas de France, dont le mythique Accor Arena de Paris, Feu! Chatterton était de passage chez nous après huit années d’absence dans le cadre de Montréal en Lumière. Aussi bien dire une éternité pour les fans outre-Atlantique du groupe! C’est devant un MTELUS archi-complet que la formation a signé ce grand retour en sol québécois, avec en poche de nouvelles compositions, foncièrement plus pop, issues de son quatrième album, Labyrinthe. Près de deux heures de vertigineuse majesté nous attendaient, portée par la verve et le verbe de l’auteur-compositeur-interprète Arthur Teboul.
Mais avant, c’est d’abord nous qui avons attendu – près de 45 minutes après l’heure annoncée – que les cinq comparses de Feu! Chatterton se pointent le bout du nez. C’est seulement au moment où l’impatience de l’audience devenait palpable que les premiers membres du groupe sont finalement apparus sur scène, entamant Sous la pyramide, issue du dernier album. Arthur Teboul, chanteur et leader incontesté de la formation, a rejoint ses collègues quelques minutes plus tard, accueilli en véritable rockstar par une salve d’applaudissements nourris.
Le Feu! venait de partir, et la magie pouvait commencer.
Entre l’ancien et le nouveau
Comme il en a fait du chemin, Feu! Chatterton, depuis son dernier passage en sol québécois. Et comme il a évolué aussi avec le temps! Plus accessible, mais toujours aussi poétique et incandescent, le groupe nous revenait avec de nouveaux morceaux à la frontière de la pop, de la folk, du rock et de l’électro, qui côtoient très bien les compositions des débuts. On passait donc allègrement des guitares rock de La mort dans la pinède (formidablement bien rendue) aux claviers new wave de Ce qu’on devient. Une belle rencontre entre l’ancien et le nouveau… d’ailleurs, qui d’autre que Feu! Chatterton peut aussi bien s’approprier les paroles d’un poème de Louis Aragon de 1944 en les couchant sur des rythmiques technos (L’étranger)?
C’est cette belle variété qui donnait toute sa substance à ce rendez-vous avec Feu! Chatterton. La formation parisienne peut désormais compter sur un joli catalogue de compositions en concert, nous invitant tantôt à chanter et danser, tantôt à se recueillir et communier, briquets allumés dans le ciel. Si la soirée a commencé en douceur avec Sous la pyramide et la contemplative Côte Concorde, le niveau d’énergie est rapidement monté au diapason avec Allons voir, sans contredit le nouveau morceau le plus populaire et apprécié du dernier album : les quelque 2000 spectateurs, jeunes et moins jeunes, chantant chacune des paroles à l’unisson étaient là pour le confirmer.
De tels moments rassembleurs ponctuaient bien la soirée, également occupée par des morceaux plus mélancoliques, comme la sublime Mille vagues, dédiée à la mémoire de Jean-Philippe Allard, producteur et ami du groupe, disparu en 2024. Bien sûr, le côté très « lettré » du groupe était également bien représenté, notamment au rappel avec L’affiche rouge, poème de Louis Aragon mis en musique par Léo Ferré, suivi de la magnifique À l’aube, qui a littéralement envoûté les fans de la première heure du groupe. Ce contemplatif morceau a ensuite fait place à la festive chanson Compagnons et à la très dansante Le Labyrinthe. Une merveilleuse façon de conclure le concert de façon mémorable!
Une présence scénique triple A
Peu importe l’ambiance du moment, on pouvait compter sur le maître de cérémonie Arthur Teboul pour porter le tout sur ses épaules grâce à sa présence scénique exceptionnelle. C’était vraiment impressionnant de le voir habiter la scène avec autant de fougue, de charisme et d’élégance, sans jamais surjouer. Le niveau d’énergie déployé était tout simplement épatant, et Dieu sait à quel point il devait avoir chaud dans son costume-cravate de dandy!
En parfaite symbiose avec son public, le chanteur s’est aussi permis de prendre un bon bain de foule pendant l’incontournable Monde Nouveau (autre moment très galvanisant de la soirée, où on s’est époumoné à cœur joie), sans oublier une petite séance de bodysurfing pendant la contagieuse La Malinche, qu’on nous a servie avec une surprenante reprise dansante de Pour que tu m’aimes encore de notre Céline nationale (!).
Entre joie et mélancolie, optimisme et désillusion, le quintette nous aura fait passer par tout un labyrinthe d’émotions, empruntant des chemins parfois pavés, parfois plus sinueux. Et le groupe remet ça ce soir au Capitole de Québec pour boucler la boucle de ces retrouvailles fort réussies, qui auront confirmé à quel point la cote d’amour québécoise pour Feu! Chatterton est élevée! Parions que le groupe ne nous fera pas attendre un autre huit ans avant de remettre ça!
- Artiste(s)
- Feu! Chatterton
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- MTELUS
- Catégorie(s)
- Alternatif, Chanson, Indie Pop, Rock,





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