Woodkid

Festival de Jazz de Montréal 2014 | Entrevue avec Woodkid

Sors-tu.ca assistait hier à une conférence de presse avec Woodkid, bien mystérieux sur le concert de ce soir, l’événement d’ouverture Bell. «C’est le spectacle extérieur le plus exigeant techniquement parlant» nous annonce Laurent Saulnier. «Il y aura beaucoup de monde sur scène, d’Europe mais pas seulement… Je ne dirai pas le nombre mais ça va faire tourner la tête!» ajoute Yoann Lemoine (Woodkid).  Rendez-vous ce soir à 21h30 à la scène TD!

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Photographe: Marc-André Mongrain

Un spectacle exigeant et très attendu

«Ça va être orchestral mais de manière légèrement différente de ce qu’on avait fait au Métropolis l’année dernière, je ne veux pas trop en révéler parce que ça sera une petite surprise pour demain…» Yoann Lemoine dévoile finalement quelques petits détails au cours de l’entrevue, juste de quoi nous mettre encore plus l’eau à la bouche.

«Montréal est bienveillante mais il y a quelque chose d’effrayant, nous raconte-t-il. J’ai 31 ans, et demain je vais passer derrière des monstres de la musique.» Il ajoute qu’il ne joue pas vraiment du jazz. C’est donc un pari audacieux de la part des organisateurs, selon lui. Le fait que ça soit un concert gratuit est un défi supplémentaire, le public n’est pas là pour Woodkid mais pour écouter de la musique.

En parlant du concert, il explique que ça peut ne pas plaire à tout le monde, ces pièces ne sont pas faite pour la radio par exemple. «Ce concert, c’est un live qui monte en puissance, et qui commence très doux….»

«Mais les défis font les bonnes prestations, on l’espère !»

Sur scène Woodkid joue généralement avec un orchestre symphonique, ou à huit au minimum. «Avec l’orchestre, ça a quelque chose d’assez solennel, pas si humain que ça finalement. Les gens sont beaucoup plus impressionnés.»

«Difficile d’improviser avec un orchestre symphonique, n’est-ce pas?» demande Laurent Saulnier. Woodkid a testé à Amsterdam, juste avant de venir à Montréal «ça n’a pas du tout suivi c’était assez punk!» affirme Yoann.

Une journaliste s’essaye alors au jeu des devinettes, «on pourrait y voir l’OSM?». «Non l’orchestre est pris, mais il y aura des cuivres, des cordes… On sera une bonne vingtaine sur scène, plus? Allez 23 ou 24 musiciens.»  De plus il y aura beaucoup de gens d’Europe.

Woodkid et la scène

«C’est intéressant pour moi d’amuser les gens, je me suis rendu compte avec le temps que j’adore chanter, faire la musique mais ce que je préfère c’est agencer tous ces éléments entre eux et augmenter la chimie sur scène… J’avais envie de faire un show radical, de tout miser sur l’émotion, la faire monter au maximum.»

Yoann Lemoine peut commencer à jouer seul avec son piano sur scène ou chanter et danser sur scène avec l’orchestre. «Avec ce contraste énorme on va chercher une émotion très paradoxale chez les gens.»

«Les descentes sont généralement assez dures à vivre, nous explique-t-il, il y a quelque chose d’effrayant. L’amour que je partage avec le public est réel mais pas naturel…c’est pas normal, ça n’existe pas dans la vraie vie. Alors je m’amuse avec les gens, mais je garde une petite distance, j’essaye de me remettre dans quelque chose de normal pour ne pas trop tomber dans cette drogue.»

En noir et blanc

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Photographe: Marc-André Mongrain

Un nouveau clip va sortir dans les jours qui viennent, encore en noir et blanc. «J’adore travailler dans une sorte de contrainte, j’ai aimé l’idée d’être radical dans ce qu’on faisait. C’est important d’expérimenter et de remalaxer, dans ce monde où tout va très vite, on a du mal à comprendre ce projet de défaire refaire, embellir et perfectionner encore et encore. Pour moi ce nouveau clip c’est une autre forme de noir et blanc.»

Pas de nouvel album prévu. Les deux dernières années étaient très fatigantes et il veut maintenant sortir de son petit monde Woodkid. Il aimerait  reprendre son travail de réalisateur et s’ouvrir créativement pour d’autres artiste. Comme avec Pharell Williams, Lana Del Rey… une autre démarche artistique.

«Je ne crée pas je redécouvre»

«J’ai acquis une bonne intuition sur l’art et la manière de faire quelque chose de futuriste en production. Je pense qu’il faut s’assoir sur la technologie parce que c’est la seule chose qui avance.»

Comme les jeux vidéos qui sont une grande source d’inspiration. «C’est la seule forme artistique qui n’est pas mature encore, et il y a beaucoup à explorer. C’est un médium de travail très intéressant.»  Le clip de sa chanson Run Boy Run est d’ailleurs une référence à l’iconographie de plateforme des jeux vidéos.

En nous parlant, il s’évade aussi dans ces idées de projets 4D, assez complexes à comprendre. «Toutes les caméras absorbent de l’information, et captent tous les espaces. On pourrait imaginer plus tard un DVD de live où tu regardes un concert en te baladant sur scène avec une manette de jeux vidéo pour s’approcher du batteur, du chanteur ou se tourner vers l’audience….»

«Rodin disait « je ne crée pas, je redécouvre » c’est très vrai et assez effrayant!»

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