Dumas

Entrevue avec Dumas | Replonger dans l’intime avec Piano voix diapos

Après une pause d’un mois, Dumas reprend la route cette semaine avec son spectacle Piano voix diapos, une proposition atypique dans son parcours, qui fera notamment escale à Montréal avec deux supplémentaires ces jeudi 10 et vendredi 11 avril, à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Un retour attendu pour un projet qui, contre toute attente, a su créer un véritable engouement.

Car pour l’auteur-compositeur-interprète, ce spectacle représente d’abord un saut dans le vide. Habitué à la guitare et à des prestations souvent énergiques, Dumas se présente ici sans filet : seul au piano, il revisite ses chansons dans une formule dépouillée, fragile, où chaque mot prend une nouvelle résonance. « C’est un spectacle très différent de comment les gens m’ont connu sur scène, confie-t-il au bout du fil. Le piano-voix amène une vulnérabilité. Ça me fait chanter autrement. »

Le projet est né d’une impulsion créative partagée avec son complice de longue date, Louis-Philippe Eno, qui l’a encouragé à explorer cette avenue plus introspective et à raconter son parcours. Une idée qui a longtemps laissé Dumas hésitant. « Pendant un an et demi, j’étais entre le “je le fais” et “je le fais pas” », raconte-t-il. « Je me disais que j’allais en faire quelques représentations pour prouver que ce n’était pas une bonne idée… et finalement, je me suis fait prendre au jeu. »

Des diapositives pour raconter une vie

Au cœur de Piano voix diapos, un élément singulier : des milliers de diapositives anciennes, que Dumas a collectionnées à travers le Québec. Trouvées dans des ventes de garage et des marchés aux puces, ces images anonymes deviennent la trame visuelle d’un récit personnel.

« J’en ai ramassé environ 5000 », explique-t-il. « Je suis même devenu spécialiste des machines à diapos! » Au-delà de l’anecdote, cette démarche confère au spectacle une dimension presque muséale : un collage d’histoires intimes et collectives, où les souvenirs d’inconnus se mêlent à ceux de l’artiste.

Le résultat est un objet scénique difficile à catégoriser. À la fois concert, récit autobiographique et installation visuelle, Piano voix diapos s’impose comme un véritable projet artistique. « Le show raconte un peu la création du show », résume Dumas. « C’est un spectacle qui me surprend en même temps qu’il m’apaise. »

Cette approche marque aussi un retour aux racines pour celui qui s’est d’abord fait connaître pour la qualité de ses textes. « Quand j’ai commencé, j’étais très axé sur les paroles », rappelle-t-il. « On dirait que d’une certaine façon, je reviens à ça. »

Un retour qui contraste avec l’image d’interprète dynamique qu’il a cultivée au fil des années, capable de transformer un spectacle solo en véritable fête. Ici, l’énergie cède la place à la nuance. Le silence devient un allié. Et le public, invité à écouter autrement, découvre une facette plus intime de son œuvre.

* Dumas au Festivent de Lévis en 2024. Photo par Normand Trudel.

L’effet Une journée parfaite

Ce virage survient à un moment particulier dans la carrière de Dumas. Sa chanson Une journée parfaite, parue il y a plus d’une décennie, connaît actuellement une seconde vie inattendue grâce à son inclusion dans la populaire série Heated Rivalry. Résultat : des millions d’écoutes en quelques mois et une visibilité internationale inédite.

« Environ 80 % des écoutes viennent de l’extérieur du Canada », souligne-t-il, encore surpris. « Je reçois des messages de partout : Argentine, Brésil… C’est surréaliste. »

Si cet engouement ne transforme pas radicalement l’expérience en salle, il colore néanmoins la réception du spectacle. « Je sens une fierté chez le public », observe-t-il. « Les gens vivent ça avec moi. » Et lorsque la chanson résonne en version piano-voix, elle prend une nouvelle dimension : plus fragile, mais aussi plus universelle.

Le passage de Piano voix diapos à Montréal s’inscrit dans une tournée qui s’étire déjà jusqu’en 2027, preuve de l’enthousiasme suscité par le projet, lancé il y a plusieurs mois déjà. Des spectacles sont prévus ces prochains jours à l’Anglicane de Lévis, à Rivière-du-Loup et Carleton-sur-mer, ainsi qu’au tout nouveau Théâtre de la Vieille Forge, à Petite-Vallée, le vendredi 17 avril prochain.

Une surprise pour Dumas lui-même, qui n’avait pas anticipé un tel accueil.

« Je pensais faire quelques dates et passer à autre chose », admet-il. « Mais finalement, j’ai beaucoup de plaisir dans cette zone-là. »

Pour le public montréalais, l’occasion est belle de redécouvrir un artiste bien établi sous un jour nouveau. Dans une salle propice à l’écoute, loin du tumulte des spectacles plus festifs, Dumas propose une expérience rare : un moment suspendu, entre mémoire et présent, où la chanson se fait confidence.

Et si Piano voix diapos devait prouver quelque chose, c’est peut-être ceci : après 25 ans de carrière, il est encore possible de se réinventer… et de surprendre.

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