Danny Brown
Critique Publié le

Danny Brown au Théâtre Corona | Nouveau Danny, même fun

Danny Brown, le gars un peu tout croche aux cheveux fous à qui il manque une/des dents d’en avant et qui hurle sur des beats EDM, n’est plus. Il a été remplacé par Danny Brown, l’homme bien mis au sourire intact qui rappe sur des beats nostalgiques/lo-fi/expérimentaux. Comment cette évolution assez drastique se reflète sur scène était la question, ce mardi, au Théâtre Corona.


 

Qu’en est-il du nouveau Danny?

Comment la nouvelle direction musicale de Brown, beaucoup moins axée sur le moshpit et la fiesta, allait-elle réussir à maintenir l’énergie que venait d’installer Ash Nikko en première partie?

Et si Danny décidait de jouer ses party anthems parlant de drogues et d’excès, comment allait-il les rendre maintenant qu’il était ailleurs dans sa vie?

TANT D’ANGOISSES. TANT DE QUESTIONS.

Mais finalement, euh, Danny Brown s’en sort très bien, merci.

Pour, justement, ne pas faire redescendre l’énergie de la foule, il a ouvert son set avec une succession de ses plus grosses tracks. Black Brad Pitt, Dope Song, Dip, Smoking & Drinking, ça te start une performance.

Et même si l’énergie de l’artiste était vraiment loin de celle qu’il avait il y a quelques années, il a tout de même rendu crédibles toutes ces histoires de débauche.

Il a même sorti la langue à quelques reprises.

Une centaine de fois moins qu’il l’aurait fait jadis, mais hey, un signature move c’est un signature move.

 

Après toute cette portion plus corolle par contre, le choix des chansons s’est tranquillement adouci, laissant plus de place aux titres qu’on retrouve sur Atrocity Exhibition et uknowhatimsayin.

En fait, vous vous souvenez comment son album Olds était construit?

En gros, l’opus était divisé en deux parties. La première partie était calme et parlait plutôt de rédemption. C’était l’histoire d’un mec qui tente de sortir de l’univers du party constant.

Et la deuxième partie, c’était lui qui retombe direct dedans. Le rap tranquille laissait place à la grosse trap produite par A-Track et aux hymnes à la drogue.

Et bien ce nouveau spectacle est construit à l’exact inverse.

Ça commence en force, avec le sous-texte de « bon, là je vous donne ce que vous attendez de moi », et ça se termine avec la nouvelle version de Danny Brown.

Et là les nostalgiques et party animals ne seront peut-être pas d’accord, mais: vivement ce nouveau Danny confiant, en forme, en paix.

Et de toute façon, ses nouvelles tounes sont tout autant des BANGERS.

Juste qu’elles bang autrement.

Laissez-moi vous dire que Ain’t it Funny, dans des speakers de salle de spectacle, ça décoiffe.

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