Daniel Grenier au Cabaret du Lion d’or | Quand le coeur d’enfant bat très fort
Mardi soir avait enfin lieu la première médiatique du 3e spectacle solo de Daniel Grenier, Coeur d’enfant. Pourquoi «enfin» ? C’est parce qu’il a rodé ses numéros un peu partout depuis près de trois ans avant de les présenter officiellement devant parents, collègues, amis et même quelques personnes qui ont admis en début de spectacle «n’avoir aucune idée de qui il était, ni connaître son style d’humour».
Mine de rien, l’humoriste de 53 ans fêtera 36 ans de carrière le 6 juin prochain. Il a fait parti de la cohorte des finissants 1995 de l’École Nationale de l’Humour (ENH) qui comptait aussi d’autres talents prometteurs tels que Mike Ward, Martin Matte, Laurent Paquin, Martin Périzzolo et son complice du trio des Chick’n Swell (1990-2014), Francis Cloutier. Simon-Olivier Fecteau, un autre Chick’n Swell bien connu, était présent dans la salle pour encourager son ami de Victo.
Pourquoi Coeur d’enfant ? C’est parce que Daniel a choisi de célébrer à chaque jour sa reconnaissance envers la vie en s’émerveillant devant toutes les petites choses. Sur scène, l’assemblage à l’aide de blocs colorés en forme de coeur représentait parfaitement ses intentions. Il a d’ailleurs proposé 80 minutes de numéros susceptibles de «calmer notre cerveau» en ces périodes un peu troubles.
Malgré qu’il soit «retombé dans la relève à 40 ans» comme lui-même l’a déjà dit (en raison de la fin des Chick’n Swell), son passage vers le monde de l’humour en solo est sans aucun doute complété ; depuis ses débuts avec J’adore (2019) suivi de Jaune (2023).
Le vétéran de l’humour absurde
Avant de nous lancer à propos de notre appréciation de cette première, on se doit ici d’être transparent. On avait assisté à plusieurs 12 minutes de rodage de ce spectacle au cours des dernières années, principalement au Bordel Comédie Club. Ça nous a donné la chance d’assister à la naissance et à la mort de certaines blagues. Des blagues qu’il a inventées seul, préférant accorder le rôle de script-éditeur au public. Par conséquent, même si on s’est beaucoup amusé ce soir, le facteur «surprise» était un peu mis de côté pour nous, sans que ce soit la faute de l’humoriste.
À quoi devait-on s’attendre de Coeur d’enfant ? De l’humour absurde bien entendu, sa spécialité. Avec l’aide d’une guitare acoustique, quelques valises… et de nombreux jouets trouvés lors de ventes de garage, sur MarketPlace et même lors d’un voyage de 10 jours à Hong Kong avec son fils Édouard (offert par son ami Mike Ward).
C’est toujours un défi de commenter un show d’humour et éviter le piège de dévoiler les «punchs». Alors survolons rapidement les moments marquants : Son sourire et sa joie d’être là, sa sérieuse préparation et le rythme des blagues «à la seconde près», ses drôles de compositions à la guitare inspirées d’observations parfois toutes simples, certains messages intenses qu’il doit gérer et encaisser, ses expériences sur la route quand il est en tournée, ses réflexions sur le vieillissement à travers ses expériences comiques avec sa mère de 90 ans atteinte d’alzheimer, les étapes de création d’un gag, un numéro avec l’assistance d’une tablette qui rappelle l’inspiration et la créativité de son ancien groupe et en bonus, quelques pièces musicales de son répertoire dont les classiques Le drummer de Kiss et Pète pi Répète.
Même si l’humour de Daniel Grenier nous rappelle parfois les meilleures années de Cegep en spectacle, sa contribution à son milieu demeure un vent de fraîcheur. Cependant, peut-être parce qu’on a senti que la troisième valise était de trop et pour proposer un peu de diversité dans le spectacle, on aurait été curieux de le voir sortir de sa zone de confort et s’aventurer plus longtemps dans un numéro de «stand-up» classique, quitte à s’associer avec un(e) collègue pour l’écriture. Sa présence comique et son éloquence sont gages de réussites de toute façon.
Soulignons aussi l’absence d’une première partie. Un peu étonnant quand on sait que Daniel a lui-même profité de cette visibilité aux spectacles de Martin Matte et Mike Ward, à une époque où il en avait besoin.
Puis, il a remercié tout le monde en ajoutant «J’suis heureux aujourd’hui». Il a quitté la scène sur la pièce musicale Fan de toi, tirée de l’excellent premier album de son fils Édouard, François Roberge.
À l’École Nationale de l’Humour, on retrouve la citation suivante : Où il n’y a pas d’humour, il n’y a pas d’humanité (Eugène Ionesco). Dans le cas de Daniel Grenier, on dirait plutôt que c’est de son humanité que naît son humour.
Sa tournée se poursuit partout au Québec. Détails et billets par ici.
- Artiste(s)
- Daniel Grenier
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Cabaret Lion d'Or
- Catégorie(s)
- Acoustique, Canadien, Folk, Francophone, Humour, Québécois,
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