The National

Critique | The National au Canal Lachine

The National, The Barr Brothers, le Canal Lachine et un coucher de soleil sur ciel rosé : toutes les conditions étaient réunies, jeudi soir, pour passer une soirée des plus romantiques, au sens hipster du terme. 

Photo par Karine Jacques.

Photo par Karine Jacques.

« Nous avons donné plusieurs concerts extérieurs récemment, et chaque fois, il pleuvait des cordes. C’est notre premier concert ‘sec’ de la tournée à date », laissait entendre le chanteur Matt Berninger de son humour pince-sans-rire, entre deux chansons.

Premier « concert sec » pour la série présentée par Osheaga à l’Esplanade du centenaire, également. Ça tombait à point, parce que plus de 5000 personnes avaient répondu à l’appel et le groupe se sentait généreux : pas moins de 24 chansons (réparties dans tout le répertoire) et plus de deux heures de prestation.

The National a lancé le bal avec I Should Live In Salt, qui démarre également le plus récent album du groupe, le très bon Trouble Will Find Me, de belle façon. En plus d’en être la première chanson, ça en est peut-être aussi celle dont le charme est le plus immédiat.

En peu de temps, la grille de chansons s’est éloignée du nouveau disque : les chansons Mistaken For Strangers, Bloodbuzz Ohio, Afraid of Everyone (plus ou moins convaincante, étrangement) et Conversation 16 ont fait leur apparition dans la première demi-heure du concert, question de rappeler la profondeur du répertoire du groupe.

 

Berninger et ses contradictions

Tel un genre de bête bipolaire, Berninger alternait entre le chant posé de sa voix de baryton et les élans sauvages, notamment sur Squalor Victoria et Abel. Ces deux dernières décoiffaient, d’ailleurs, ce qui pouvait paraître un peu étonnant pour ceux dont c’était le premier concert de The National !

Photo par Karine Jacques.

Photo par Karine Jacques.

Après chaque crisette, le chanteur se calmait subito presto, ramassait son micro sur le sol et prenait une petite gorgée de vin blanc dans une coupe déposée près de l’ampli. Avec son look de « professeur athlétique » comme il le souligne lui-même (après avoir pris soin de se vanter de ses toutes nouvelles lunettes), Berninger ne correspond pas exactement à la gueule de rockeur typique.

L’ensemble de la bande semble se plaire à défier les apparences. C’est un peu dans l’esprit du groupe.

Si certains moments étonnaient par leur énergie primale, la majorité de la musique proposée par The National demeure joliment mélancolique et délicatement interprétée, comme ce fut le cas pour les adorables Pink Rabbits, England et About Today.

Entre chaque chanson, Berninger se permettait aussi quelques rigolades à l’anglaise (on ne s’habitue pas à autant de classe de la part de rockeurs américains). Les liens avec Montréal ont aussi teinté la prestation : Richard Reed Parry (d’Arcade Fire), qui avait collaboré sur quelques chansons du nouvel album, s’est joint au groupe pour quelques chansons sur scène. Berninger a aussi pris soin de remercier l’ingénieur et producteur associé de l’album, Marcus Paquin, qui habite Montréal.

Le set s’est terminé sur la populaire Fake Empire, avant que le groupe ne quitte « pour aller pisser longuement ». Façon de dire que c’était l’heure du rappel.

Au retour, The National a balancé coup sur coup Humiliation et Sorrow, avant d’entreprendre de chanter Mr. November au beau milieu de la foule et de péter les plombs une dernière fois pour Terrible Love. 

Les sept musiciens ont ensuite tout débranché pour terminer la soirée sur Vanderlyle Crybaby Geeks, version unplugged.

Splendide soirée en compagnie du groupe américain.

 

Barr Brothers en première partie

Photo par Karine Jacques.

Photo par Karine Jacques.

Comme si ce n’était pas assez comme ça, la soirée avait débuté avec une prestation de 45 minutes des Barr Brothers, qui en profitaient pour tester du nouveau matériel devant public.

Il faisait encore clair lorsque les quatre musiciens montréalais (d’adoption) sont montés sur scène, mais la magie était au rendez-vous, notamment avec une subite « tempête de pollen » qui donnait l’impression qu’il neigeait carrément sur scène.

Fait saillant : l’interprétation de Beggar in the Morning, parfaitement réussie.

Un bel aperçu de ce que le groupe pourrait proposer sur la Place des Festivals le 29 juin prochain, à l’occasion du Festival de Jazz de Montréal. Deux concerts gratuits (21h et 23h).

 

Photos en vrac
par Karine Jacques

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Barr Brothers

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Grille de chansons

I Should Live In Salt
Dont Swallow the Cap
Mistaken for strangers
Bloodbuzz Ohio
Sea of Love
Heavenfaced
Afraid of Everyone
Conversation 16
Squalor Victoria
I Need My Girl
This is the last time
Baby, we’ll be fine
Abel
Apartment Story
Pink Rabbits
England
Graceless
About today
Fake Empire

Rappel
Humiliation
Sorrow
Mr. November
Terrible Love
Vanderlyle Crybaby Geeks (unplugged)

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