Rammstein

Critique concert: Rammstein à Montréal

Samedi 7 mai 2011 – Centre Bell (Montréal)

Rammstein était de retour à Montréal, six mois après son époustouflante prestation de l’automne dernier. Encore une fois, la bande allemande en a mis plein les tympans et plein les yeux dans un Centre Bell plein à craquer avec leurs décibels, leurs rythmes infernaux, leurs mises en scène théâtrales et leurs nombreux tours pyrotechniques.

Puisque le précédent concert à Montréal s’inscrivait dans une timide paire de spectacles (Montréal et New York seulement), il ne faut pas s’étonner que cette deuxième visite en 6 mois – cette fois-ci dans le cadre d’une tournée nord-américaine plus complète – soit semblable à la première. Ou même au concert du Festival d’été de Québec, il y a moins d’un an.

Avec la quantité de faits saillants visuels et l’inébranlable équilibre sonore du groupe, les fans ne s’en plaindront certainement pas…

Tout feu tout flamme

Il ne manque certainement pas de flammes au show de Rammstein: les plus immenses sortent du sol, d’autres sont contrôlées par les membres du groupe avec des lance-flammes ou même des « crache-flammes ». Quelques pétards détonent sans avertissements, des poupées de bébés morts (!) aussi et des flammèches sont également intégrés aux costumes. Bref, la pyrotechnie est comme un septième membre du groupe, sur scène.

Plusieurs anciens succès ont été interprétés, dont l’incontournable Du Hast (avec une participation marquée du public), Feuer Frei! (où l’on faisait justement usage des « crache-flammes »), Sonne, Ich Will et Engel en deuxième rappel.

Pour cette dernière, le chanteur Till Lindemann portait d’immenses ailes de métal, qu’il pouvait déployer à sa guise à l’aide d’un dispositif électrique. Comme si ce visuel n’était pas suffisamment imposant en soi, les extrémités de chaque aile crachaient – vous l’aurez deviné – de grandes flammes.

Till Lindemann à bord de son "canon fallique". (Photo amateure)

Plusieurs autres trouvailles visuelles ajoutent du piquant de la sorte. Sur Pussy, par exemple – une chanson sans grande subtilité qui parle de copulation – Till Lindemann chevauche un canon fallique qui projète de la pluche blanche… au point où le premier tiers du parterre et les gardes de sécurité en sont complètement recouverts!

Du métal allemand… fédérateur?

La foule bigarrée (et mixte) avait de quoi étonner: on y retrouvait autant des fans de métal avides, de jeunes adultes tatoués et/ou gothiques, et aussi des quarantenaires qui semblaient retrouver en Rammstein l’aspect théâtral des shows rock d’antan des Kiss, Alice Cooper et compagnie.

Véritable groupe culte, Rammstein semble même avoir convaincu plusieurs adeptes d’apprendre quelques rudiments d’allemand. Nombreux étaient ceux qui fredonnaient les paroles (à 95% allemandes) tout au long du concert.

Sur le plan musical, la troupe semble en parfait contrôle: la section rythmique est soudée et percutante, les guitaristes ajoutent tout le mordant qu’il faut et Lindemann, lui, dépose sa voix grave, rauque et dramatique sur ce canevas survolté.

Si la recette de Rammstein semble s’épuiser sur disque, on ne peut certainement pas en dire autant du concert…

Grille de chansons :
Rammlied
B********
Waidmanns Heil
Keine Lust
Weisses Fleisch
Feuer Frei!
Wiener Blut
Frühling in Paris
Ich Tu Dir Weh
Du Riechst So Gut
Benzin
Links 2-3-4
Du Hast
Pussy

Rappel
Sonne
Haifisch
Ich Will

Rappel 2
Engel

(source: Setlist.fm)

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