The Tragically Hip
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Critique CD: The Tragically Hip – We Are the Same

C’est bien connu, The Tragically Hip est au Canada ce que REM est à nos voisins du Sud, ou ce que U2 est à l’Irlande, c’est-à-dire LA formation étiquetée «pop rock canadien». Et comme pour ses deux homologues, la route des Hips est truffée de périodes de surplace et de tentatives de métamorphoses à moitié réussie.

Le surplace, c’était au tournant du millénaire. Le groupe semblait alors retourner dans sa zone de confort à chaque album pour y créer une nouvelle douzaine de titres instantanément familiers.

Il fallait donc un peu s’y attendre, surtout en appelant son plus récent album We Are the Same (en français, «nous sommes les mêmes»), le groupe canadien The Tragically Hip nous réservait tout sauf «le même».

Pas que le groupe rock canadien révolutionne le genre avec ce douzième album. Mais les habitués des Hips seront sans doute un peu surpris de retrouver une saveur aussi country que celle de Morning Moon, une épopée thématique de neuf minutes (The Depression Suite), et des arrangements de cordes un peu partout sur l’album.

L’apport de Bob Rock

Le renouveau avait été timidement amorcé avec le précédent World Container, paru en 2006. Celui-ci et We Are the Same ont principalement une chose en commun : la participation de Bob Rock à la réalisation.

Si Rock s’est rendu utile au fil des ans à façonner le son rock des Metallica, Motley Crue et Simple Plan, l’approche mid-tempo de Tragically Hip ne s’en trouve pas nécessairement améliorée dans l’ensemble.

Lorsque le ton monte, par contre, on peut réellement sentir l’apport du réalisateur, comme en témoigne le refrain plus lourd de Queen of the Furrows. Avec ses délicats versets ornés de mandoline, celle-ci figure d’ailleurs parmi les meilleures chansons de l’album, voire de ces quelques dernières années.

L’attaque de Frozen in My Tracks se voit également gonflée à bloc avec ses guitares rugissantes et la voix de Gord Downie qui approche le refrain avec une agressivité fort appréciable.

L’énergie du live absente

Ce nouvel album souffre également du même syndrome que la majorité du répertoire des Hips: une production un peu trop léchée, qui ne fait pas honneur à toute le folie dont le groupe fait preuve sur scène.

On peut alors apprécier des pièces comme The Last Recluse, probablement la meilleure de l’ensemble, tout en sachant que le quintet canadien en fera une version beaucoup plus explosive en concert.

Des titres comme Frozen in My Tracks et Love Is a Fist risquent également de résonner drôlement mieux en chair et en os, aux côtés des classiques des Hips, toujours balancées avec aplomb sur scène par la bande à Downie.

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