Fauve

Critique album | Fauve – Vieux Frères – Partie 1

Fauve - Vieux Frères - Partie 1 Fauve Vieux Frères - Partie 1

Le phénomène français de 2013 franchit une nouvelle étape de son impressionnante ascension. Fauve nous arrive avec un premier album studio complet, après le brillant Blizzard, un EP paru l’an dernier. Que du neuf – rien de Blizzard n’y figure – mais que du bon, pour cette première de deux parutions cette année.

Le mystérieux collectif (ou le CORP, comme ils l’appellent) avait créé tout un engouement tout au long de l’année avec ses shows qui prenaient la forme de petits happenings, ses chansons massue et son intrigante propension à conserver l’anonymat de ses membres, en évitant la publication de photos de leur visage, notamment.

Consultez notre entrevue avec Fauve, lors des Francofolies de Montréal 2013.

Le concept aurait pu faire ombrage au contenu ; ce qui entoure les chansons aurait pu s’avérer plus intéressant que les chansons elles-mêmes. Mais comme en témoignaient leurs prestations (et le EP), il n’en était rien.

La « formule » Fauve est, au fond, assez simple à décrire : une musique indie texturée, un genre de post-rock mélodique, appliqué, aux ambiances cinématographiques, sur lequel sont récités des textes lourds de sens et franchement bien foutus.

Bien que la musique soit, en soi, très bonne et variée, la grande force de Fauve est d’encapsuler d’une façon unique et profonde les préoccupations liées au passage à la vie adulte à l’ère de l’hypermédiatisation : les angoisses, le refus des conventions, les troubles identitaires, les malaises modernes.

Et comme on s’en doutait avec un titre comme Vieux frères, il est beaucoup question d’amitié aussi. L’amitié comme un repère, l’amitié comme un rempart.

Toutes ces préoccupations sont livrées avec aplomb, avec une certaine agressivité qui transmet bien le bouillonnement que les textes incarnent. Les tournures de phrase sont d’une grande qualité poétique, et le débit accéléré de certains textes appuie l’urgence du propos.

Il y a un certain danger que la formule s’use rapidement, que l’élan s’essouffle, qu’on fasse rapidement le tour des différentes façons d’amalgamer le slam et le post-rock. D’autant plus que tout ce qui touche la jeunesse est forcément éphémère.

Mais pour l’instant, c’est un vent de fraîcheur, un souffle nouveau. Un coup de savate dans les dents de la chanson française.

 

À écouter : Jeunesse Talking Blues, Voyous, De ceux, Loterie, Requin-Tigre

L’album est disponible dès ce matin en version numérique, puis en versions CD et vinyle à partir du 18 février. À voir en concert dans le cadre de Montréal en lumière le 22 février, au Club Soda, avec Pawa Up First en première partie.

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