Philippe Brach

Coup de coeur francophone – Jour 10 | Bienvenue à Enfant-Ville au Club Soda : Fou Brach

On s’est fait mettre l’eau à la bouche et pas à peu près en vue du spectacle de samedi soir, et le public à eu droit à un show axé sur l’ouverture d’esprit où musique rencontrait flyé et où l’enfance rencontrait l’esprit tordu de Philippe Brach. Bienvenue à Enfant-Ville!

C’est sur des mélodies enfantines familières que le public est entré dans la salle. Devant nous, on pouvait voir un écran sur lequel était projeté diverses vidéos maison, apparemment tout droit sorties de l’enfance de Philippe Brach. Puis, sur l’air de Crystel version 8-bit suivi d’un chant d’enfant style film d’horreur, le chanteur et ses musiciens ont pris place sur scène. Sous la lumière tamisée, on pouvait apercevoir que toute l’équipe était déguisée: Philippe Brach en bonne, le guitariste Simon Pedneault en jalapeno (ou plutôt « Jalapedneault »), le second guitariste Guillaume Bourque en épouvantail, le bassiste Pierre-Olivier Gagnon en Minion, le batteur David Couture en clown, et le quatuor à corde invité coiffé de couronnes de princesse, dirigé par Gabriel Desjardins déguisé en Captain America (rebaptisé Captain Arrangements pour la soirée).

Le Club Soda était décoré pour l’occasion de divers jouets. On parle de toutous suspendus sur les rambardes, de camions sur les caisses de son et de deux mascottes oursons nommées Trashy et Trashette revêtant un accoutrement provenant d’un sex shop. Sur scène, on ne retrouvait rien d’accroché, rien de suspendu, seulement la bande de musiciens costumée. Le thème ne se trouvait alors pas tant dans le décor, mais dans l’idée de créer une normalité à Enfant-Ville, sans ce besoin de pousser le fla-fla trop loin.

Philippe Brach a lancé son spectacle sur le morceau Né pour être sauvage, sous une pluie d’applaudissement. Il l’a enchaîné de Downtown avant de souhaiter le bonsoir à ses Amis-loups, et nous présenter son Enfant-Ville, ce « marché aux puces de l’enfance où tout est gratuit » où le jugement n’existe pas et où l’ouverture d’esprit est la règle d’or. Il a ensuite poursuivi en musique avec Si proche et si loin à la fois, sans Klô Pelgag, où le public s’en est donné à coeur joie de chanter en duo avec lui.

Laisser entrer

L’auteur-compositeur-interprète nous a demandé la permission, sachant qu’on était déjà en sardines, de « laisser entrer un morceau provenant d’un autre répertoire ». La foule ne lui en a évidemment pas tenu rigueur et le chanteur s’est empressé de chanter la chanson Black Star, empruntée à Radiohead. Ce n’est pas la première fois que Philippe Brach nous propose du Thom Yorke, lui qui nous avait joué Paranoid Android en novembre l’année dernière. Il s’excuse de la répétition en expliquant qu’à Enfant-Ville, les tiroirs ne font que 15 albums, c’est donc difficile de s’en éloigner.

Il nous a également demandé, en seconde moitié de spectacle, la permission d’encore une fois « laisser entrer » une invitée surprise, et pour une surprise, c’était une surprise. Il a invité à se joindre à lui celle qui était de passage dans son enfance et dans l’enfance de plusieurs spectateurs: nulle autre que Carmen Campagne! Ensemble, ils nous ont interprété La moustache à papa, son succès repris d’Anna Bell.

S’ensuit un délire où Philippe et Carmen, rejoints de multiples autres personnages déguisés, chantent Lucy in the Sky with Diamonds des Beatles. On peut voir un canon de bulles de savon qui envahissent la scène et la salle. La chanson terminée, Philippe se retourne pour faire Le Bonheur tousse moins qu’avant, question de nous faire redescendre sur Terre face à l’incompréhension visible de ce qu’on venait de voir. Il est revenu le temps d’un rappel annoncé avec Gaston et D’amour, de booze, de pot pis de topes, clôturant la soirée parfaitement en ajoutant encore plus de délire à la frénésie déjà en place.

Le spectacle est arrivé à la hauteur de ce qu’on avait pu anticiper avec toute la mise en place de l’événement. On a eu droit à un Philippe Brach en forme, sautillant et dansant sur tous les morceaux, les calmes comme les moins calmes. C’était une occasion unique de visiter Enfant-Ville et on en aurait pris plus. Il a bien pris le soin d’ailleurs de remercier l’organisation du Coup de coeur de l’avoir supporté dans son concept délirant et son public de le « pousser dans ses niaiseries. Ça me donne le goût d’en faire plus ». Il a terminé en disant que la prochaine fois qu’on le verrait ce serait dans le cadre de son prochain album. À avoir entendu l’extrait qu’il nous a joué, on y sera, c’est sûr.

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