CJ Ramone
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CJ Ramone aux Foufounes électriques | L’héritage porté en allers simples

« One two three four ! » L’ex-Ramones a enflammé les Foufounes Électriques relativement remplies ce mercredi 8 juin, nous faisant voyager dans le style et le son mythique d’un des groupes de rock’n’roll  les plus respectés de la planète, à coup de down-picking et de refrains Ramonesques.

Pale Lips

Le groupe de Montréal avait la dure tâche de chauffer une salle encore peu remplie à 20h un mercredi. Et pourtant elles auraient mérité de jouer en deuxième ! Avec leur rock’n’roll 100% féminin, simple et épuré, un peu garage avec une touche Ramonesque, et des chœurs aux couleurs pop presque sixties, les Pale Lips offrent un excellent cocktail rock vintage. Certes il manque peut-être encore un peu de bouteille au niveau scénique, mais ça n’enlève rien à la qualité de leur prestation et de la vibe qu’elles dégagent, avec des compostions accrocheuses. En plus pour une fois, le son est étonnamment bon pour une première partie aux Foufs. On retiendra leur clin d’œil aux Ramones dans la chanson Mary-Lou Sniffin Glue. Pour se rattraper, leur prochain spectacle montréalais sera le 15 juillet prochain au TRH Bar, avec les non moins féminines Coathangers.


Broken Gold

Invité sur la tournée de CJ Ramone, le groupe du Texas n’est pas franchement à sa place. Même si musicalement Broken Gold est très efficace et carré, leur côté propre et mélodique leur donne une touche presque pop punk/college rock qui n’est pas vraiment du goût de tout le monde. Et certaines personnes ne sont pas faites pour la scène : l’un des guitaristes n’adressera pas un regard au public, chantant sur le côté de la scène, et se cachant derrière un nombre de pédales d’effets ridicule et inutile dans leur genre, alors qu’il ne joue pratiquement aucun lead ! Broken Gold donne quand même une prestation sans faute et leur leader chanteur-guitariste se donne avec une excellente énergie, ce n’était peut-être juste pas la tournée idéale pour eux.


CJ Ramone

Les Foufs se sont enfin plus raisonnablement remplies alors que monte sur scène l’un des derniers survivants de la légende des Ramones. En 1989, alors que Dee Dee Ramone quitte le groupe, un jeune remplaçant est auditionné : CJ Ramone. Il est embauché à sa sortie de prison militaire (accusé de déserter). Et effectivement, aujourd’hui il ressemble vraiment à un vieux Marine’s qui serait sorti de tôle pour jouer du rock’n’roll. Et tant mieux parce qu’ il fait ça très bien !

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Appuyé par un bon batteur et deux guitaristes qui font cracher à souhait LesPaul et Telecaster dans des JCM 800, CJ Ramone donne une véritable leçon de rock’n’roll, dans la grande tradition punk des Ramones. Avec notamment un élément clef impressionnant qui fait toute la différence : le down-picking. Que ce soit à la guitare ou à la basse, tous les accords et toutes les notes sont joués en aller simples, avec le médiator qui frappe tout le temps vers le bas. Une petite nuance faisant toute la différence et la puissance punk des Ramones.

Il aurait juste manqué des cheveux longs et des blousons de cuirs pour rendre le tout magique. On se demande d’ailleurs qui est ce guitariste qui a plus l’air de sortir de Limp Bizkit ou d’une salle de gym du New Jersey que de Queens à New York.

« One two three four ! »

Même si CJ présente quelques extraits de sa carrière solo comme l’excellent Carry Me Away, c’est vraiment le répertoire des Ramones qui fait exploser le mosh pit et enflamme le public. Psycho Therapy sera le premier joué. Pour les plus célèbres, on aura droit entre autres à Judy Is a Punk, Cretin Hop, The KKK Took My Baby Away, Sheena is a Punk Rocker, Commando, California Sun ou encore Rockaway Beach. Quelle chance de voir ces titres en concert, alors que la voix de CJ a des intonations de Joey (Ramone). On a aussi droit à I Wanna Be Your Boyfriend, 53rd & 3rd ou Baby I Love You.

L’inévitable finale arrivera avec l’hymne planétaire des Ramones, Blitzkrieg Bop, suivi de la reprise du morceau R.A.M.O.N.E.S écrit par Motörhead en hommage aux New-Yorkais. Le groupe se retire, et le public crie « Hey! Ho! Let’Go ! » en guise de rappel. La troupe de CJ remonte sur scène pour un petit rappel incluant I Wanna Be Sedated.

Chapeau bas à CJ Ramone, témoin vivant d’une des légendes rock’n’roll de ce monde, dont il transmet aujourd’hui l’héritage avec brio.

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