
Cigale – Jour 2 | Phillip Phillips illumine la plage d’une soirée parfaite à la Baie de Beauport
Il y a des festivals qui laissent une empreinte. Le Festival Cigale, lui, imprime le cœur. De loin mon favori de l’été, celui qui réussit le pari fou d’offrir tout ce qu’on peut espérer d’un évènement musical estival : pieds nus s’enfonçant dans le sable encore chaud, rires qui éclatent autour des terrains de volley, plongeons rafraîchissants entre deux spectacles, liberté de flâner en bikini, verre glacé à la main, et cette odeur alléchante des food trucks dont l’offre variée transporte les papilles aux quatre coins du monde. Tout y est. Absolument tout. Un décor de carte postale sur fond d’excellente musique, avec la Baie de Beauport comme écrin et la brise du fleuve comme complice.
Hier soir, lors du deuxième jour du festival, Phillip Phillips a pris possession de la scène comme on retrouve de vieux amis: avec chaleur, humour et simplicité. L’auteur-compositeur-interprète américain, révélé au monde par sa victoire à Americain Idol en 2012, n’avait pas foulé le sol de Québec depuis longtemps. Il a tenu à le dire, saluant le public québécois avec un large sourire, expliquant qu’il en avait profité pour marcher dans la ville et y savourer des croissants. « We are funky, we are emotional, and our feelings are coming out tonight », a-t-il lancé avec conviction, déclenchant des applaudissements nourris.
Tout au long de la soirée, il a multiplié les échanges avec la foule, toujours en anglais, mais avec une authenticité qui transcendait la langue. Avant de jouer l’une de ses chansons, il a même glissé, sourire en coin, qu’il l’avait écrite à propos de quelqu’un qu’il n’aimait vraiment pas, espérant à la blague que certains étaient venus accompagnés d’une personne qu’ils n’aimaient pas non plus. Une remarque qui a provoqué un mélange de rires et de cris complices dans la foule.
Dès l’ouverture avec Get Up Get Down, la plage a pris des allures de piste de danse géante. Les spectateurs, debout dans le sable, se balançaient au rythme de la musique tandis que plusieurs ballons de plage multicolores rebondissaient de mains en mains, ajoutant une touche ludique et estivale à l’atmosphère déjà survoltée.
Phillip Phillips a plus tard offert Raging Fire, porté par une énergie solaire, avant de plonger dans d’autres titres marqués par sa voix chaleureuse et sa guitare expressive. Bien sûr il n’a pas manqué de jouer Home, ce succès planétaire qui reste, plus d’une décennie plus tard, un hymne universel de réconfort et de rassemblement. Lorsque les premières notes ont résonné, les voix se sont unies, créant un moment d’une intensité rare.
Puis est venu un moment de surprise: une reprise inattendue de Thriller de Michael Jackson. Revisité à sa manière, le morceau a déclenché un mélange d’étonnement et d’enthousiasme. Les têtes bougeaient, les sourires s’élargissaient, et les pieds, nus ou chaussés, foulaient le sol avec entrain.
Ce qui distingue le Festival Cigale des autres événements, c’est cette fusion entre le lieu et l’expérience. Ici, la musique ne se consomme pas seulement avec les oreilles: elle se vit avec le corps entier. Les grains de sable qui collent à la peau, la brise du fleuve qui caresse le visage, les effluves de cuisine de rue qui se mêlent à l’odeur de la crème-solaire… Chaque sens est sollicité.
Phillip Phillips, avec sa capacité à créer une proximité réelle avec le public, à su s’intégrer parfaitement dans cet environnement. Pas de barrière invisible entre l’artiste et les spectateurs. Pas de distance froide. Seulement la musique, les mots et une présence scénique sincère. Le tout porté par un décor naturel dont la beauté, déjà saisissante, semblait hier soir amplifiée par la chaleur humaine et l’énergie collective.
Quand les dernières notes se sont éteintes et que les lumières se sont doucement assombries, beaucoup sont restés sur place, prêts à assister au show de Jonathan Roy présenté sur la scène adjacente. Certains ont replongé dans l’eau, d’autres ont poursuivi la soirée en allant se chercher un verre ou une bouchée, tandis que la plage restait gorgée de festivaliers. Le genre de soirée qui laisse une trace celle du sable sur la peau, de la musique dans les oreilles, et le sentiment simple et précieux d’avoir vécu un moment parfait.
Le Festival Cigale ne se contente pas d’aligner les têtes d’affiche. Il façonne des souvenirs. Des images qu’on garde longtemps: un ballon de plage qui passe devant un coucher de soleil, une chanson qu’on chante à tue-tête en regardant le fleuve, un artiste qui parle de croissants en faisant danser la foule. Et hier, grâce à Phillip Phillips, cette magie a opéré une fois de plus.
- Artiste(s)
- Phillip Phillips
- Ville(s)
- Québec
- Catégorie(s)
- Acoustique, Festival, Folk pop,
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