Sous les hautes voûtes du Grand Théâtre de Québec, un hiver entier s’est posé sur la scène. Un voile translucide sur lequel tombe des flocons recouvre la scène. Derrière ce rideau diaphane, un paysage enneigé se devine : maisons givrées, ciel nocturne, branches chargées de neige… Tout un monde figé qui attend d’être animé. Dans la salle, la chaleur des manteaux déposés sur les sièges contraste avec cette blancheur immobile, prête à s’ouvrir. Le public, de tous les âges, remplit chaque rangée : de petits enfants dont les pieds ne touchent pas encore le sol, des amis venus se déposer dans la magie, des grands-parents qui perpétuent un rituel transmis année après année. Puis les lumières se font plus douces. L’Orchestre symphonique de Québec se prépare, un léger frisson traverse la salle, et l’instant se suspend. Sans qu’aucune note ne soit encore jouée, on sent déjà que quelque chose va s’animer derrière le rideau, comme si l’hiver lui-même n’attendait qu’un accord pour reprendre vie.