crédit photo: Jérôme Daviau

Aaron Dolman Folktet au P’tit Ours | Le plaisir d’innover avec la tradition folk

Ce mercredi soir, 26 mars 2025, je retrouve Aaron Dolman, un batteur au style personnel et singulier qui présente son projet Folktet où le folk rejoint l’aspiration de l’improvisation jazz pour une musique recherchée, pleine de surprises et d’éclats de bonheurs.

Quel plaisir de remettre les pieds dans l’ambiance chaleureuse de la salle qui fut l’Ursa et qui est devenue maintenant le P’tit Ours. À part peut-être une couche de peinture noire au fond de la scène, je me retrouve en terrain connu avec un plaisir certain devant la petite scène.

Comme toujours, Dolman propose des projets originaux où il explore la tradition folk avec une approche moderne et inusitée où s’ajoute des touches d’improvisation à saveur jazz. J’avais particulièrement apprécié son précédent projet en trio avec les voix de Sarah Rossy et d’Eugénie Jobin qui avait donné le jour à l’album chaudement recommandé Are You Here to Help?

Ce soir, Dolman continue ses explorations avec une formation aux allures plus traditionnelles mais avec un résultat tout aussi riche et hors de l’ordinaire. Dolman se retrouve derrière ses fûts, au fond de la petite scène et est entouré d’Eugénie Jobin au chant, Marcus Lowry à la guitare acoustique, Zacharie Bachand à la pedal steel guitar et Gabriel Drolet à la contrebasse.

L’essence de la soirée se rapproche davantage du répertoire de Nostalgia and Other Fantasies, le premier album d’Aaron Dolman. On retrouve d’ailleurs une partie de la formation sur scène ainsi que quelques titres.

La voix d’Eugénie Jobin livre les textes des chansons avec une clarté et une justesse implacable, le tout sans effet ostentatoire malvenu. La guitare de Marcus Lowry est toujours aussi passionnante et surprenante, à l’écoute avec ses partenaires de jeu (au fait, si vous n’êtes pas encore au courant, j’ai capoté sur son album Time, time, time et vous devez absolument aller écouter ça!). Zacharie Bachand est à la pedal steel guitar avec une approche de l’instrument moderne et captivante qui s’éloigne régulièrement des plans country indissociables de l’instrument avec un bon goût certain.

J’apprécie la recherche de style ainsi que les compositions de Dolman et la musique produite n’est pas sans m’évoquer l’album Good Dog, Happy Man de l’immense guitariste Bill Frisell sorti en 1999. C’était alors le premier album de Frisell avec le riche apport de Greg Leisz à la pedal steel guitar et au lapsteel. Mettons que le rapprochement est flatteur des deux bords avec autant d’inspiration que de goût dans l’innovation de la tradition folk nord-américaine.

Toujours en mode recherche, la musique d’Aaron Dolman allie tradition et innovation et encore une fois au cours de la soirée, il a su présenter un répertoire original où ses influences folk croisent son goût de l’improvisation jazz moderne. Avec une équipe à la fois experte et soudée à ses côtés, la soirée est passée à toute vitesse, avec parfois comme un goût de déjà-vu dans les titres mais tout en nous laissant surpris du résultat et des interventions judicieuses des musiciens pour une richesse musicale rare et réussie.

On peut retrouver Aaron Dolman avec cet ensemble Folktet ainsi qu’en trio (avec Erik Hove au saxophone et Walter Stinson à la contrebasse) lors de son récital de maîtrise en batterie jazz le dimanche 13 avril à 14h00 à la salle Tanna Schulich de l’Université McGill. C’est gratuit et ouvert à tous.

Lune très belle

C’est avec la formation de Lune très belle que s’ouvre la soirée. Le projet est dirigé par la compositrice, poétesse et chanteuse Frédérique Roy également au clavier, accompagnés de la voix d’Eugénie Jobin et de la basse de Gabriel Drolet. Ces deux derniers étaient également présents dans le Folktet d’Aaron Dolman.

La musique de Lune très belle est lente, douce et repose sur des textes élaborés avec la superposition des voix qui se complètent naturellement, souvent à l’unisson de Frédérique Roy et d’Eugénie Jobin. C’est sous forme de canon que les voix se suivent pour le titre Lune très belle. Le tout est accompagné de la basse très mélodique et souvent en arpège de Gabriel Drolet avec un son très feutré.

Comme on peut se l’imaginer, la musique est plutôt vaporeuse et tout en nuance parfois linéaire et mélancolique. Parmi les nouveaux titres qui nous ont été présentés, j’ai notamment apprécié une chanson avec une suite d’accords originale et comme toujours, la voix d’Eugénie Jobin est un instrument remarquable qui ne peut laisser insensible, surtout avec celle de Frédérique Roy qui, d’ailleurs, n’a pas à rougir de la comparaison.

Même si la musique de Lune très belle ne rejoint pas toujours mes goûts personnels, j’avoue qu’après les avoir entendus quelques fois en concert, j’apprécie de plus en plus la performance et la délicatesse de l’ensemble. À la prochaine fois, donc!

Le deuxième et dernier album de Lune très belle sorti en 2023 s’appelle Ovale et est disponible sur Bandcamp :

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