L I L A

Premier album de L I L A | Le deuil, les anges, les signes

La chanteuse de Québec Marianne Poirier – alias L I L A – est sensible aux « signes » que lui envoie la vie, au « plus grand que nous », surtout en période de deuil. C’est le fil rouge de son tout premier album, angels on my mind, paru vendredi. Sors-tu? s’est entretenu avec elle pour parler de sa poésie.

C’est en 2015 que Marianne Poirier commence sa carrière musicale avec sa participation à La Voix. Trois ans après, elle crée son projet musical de folk-alternatif L I L A. Depuis, elle mise sur l’anglais pour accompagner ses mélodies enveloppantes.

angels on my mind comporte dix chansons. Musicalement, l’opus est riche et organique, naviguant habilement entre le folk, l’alternatif, la pop, le grunge et l’ambiant. La voix douce et aérienne de Marianne Poirier invite à se poser, à se reposer. Son univers rappelle celui de Mazzy Star, Ghostly Kisses ou encore Lana Del Rey.

l i l a

Croire en plus grand que soi

« the movement of the grass

an echo a voice

in the distance,

my angels must be talking to me »

– chanson angel on my mind

Mais d’où viennent donc les anges et autres présences célestes dont parle L I L A dans son album ? En tout cas, pas de « la caricature » des petits blonds avec des halos, assure-t-elle en riant. « C’est pas religieux du tout, tient-elle à souligner. Ça [évoque] les présences autour de nous, le plus grand que nous, que l’on ne connaît pas, que l’on ne connaîtra jamais. [Reste] qu’on le ressent. »

Sa spiritualité prend racine dans son expérience du deuil de ses proches. Le thème est un des fils conducteurs de sa plume. « Quand tu vis un ou plusieurs deuils de gens que tu aimes, ça fait partie de toi. Ça occupe tes pensées constamment », dit Marianne.

« I place candles

all around the room

[…]

the lights flicker

is that a sign?

– chanson ceremony

Même si certains estiment que ce n’est pas « rationnel », elle choisit d’être « ouverte » aux signes que peuvent lui envoyer ceux qu’elle a perdu de l’au delà. «  Pourquoi j’y croirais pas, puisque, moi, ça me fait du bien », lance-t-elle. Elle estime que d’autres pourront d’autres ayant vécu des deuils pourront s’identifier à sa perception.

Exprimer sa dualité

L’artiste parle aussi la dualité dans son espace mental. Cela se manifeste notamment avec l’enchaînement du morceau angel on my mind suivi de ennemies in my head sur l’album. Dans le premier morceau, on retrouve un instrumental minimaliste, soit seulement une guitare dont le son est aussi enveloppant que la voix de L I L A. Elle parle alors de beauté et de magie qui l’entoure. Mais pas dans un sens « ésotérique», précise-t-elle : « Le fait qu’on existe avec dans un monde avec des arbres et des oiseaux. Pour moi, c’est ça la magie ».

S’ensuit ennemies in my head, sa chanson « plus grunge et plus lourde de l’album ». Il évoque son rapport à la mort et les « ennemis » qu’elle se construit elle-même dans sa tête.

« the crown I wear

the cross I bear

the enemies

they’re in my head »

– chanson in my head

La « lumière et la noirceur » peuvent co-exister dans un seul être, affirme Marianne Poirier. « On se dit tellement de trucs dans notre tête. C’est fou. Ça passe du noir au blanc de tout à rien […] J’espère que chacun et chacune on est capable de se trouver des moyens de se réconforter là dedans. Moi, c’est un peu à travers ces chansons », confie-t-elle.

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S’inspirer d’une grande poétesse

« there’s a certain slant of light,

winter afternoons –

that oppresses, like the heft

of cathedral tunes »

– chanson a certain slant of light

L I L A a repris le texte d’un poème de la célèbre poétesse américaine du 19e siècle Emily Dickinson pour a certain slant of light. « Pour cette chanson là en particulier, je n’arrivais pas du tout à écrire ce que je voulais. […] J’ai comme plein de trucs accrochés sur le mur. À moment donné, je me suis levé la tête de mon bureau et j’ai aperçu [ce poème] sur mon mur. J’ai essayé de le chanter avec la mélodie que j’avais déjà. On dirait que c’était fait pour être ensemble. »

Ces dernières années, la chanteuse s’est souvent inspiré de la poésie de d’Emily Dickinson. « Ça m’a ouvert sur un langage comme complètement fou, tant qu’à moi, de lier toute la vie, la mort, la nature et [l’élévation spirituelle]. »

Être considérée

« something’s guiding us

a stellar presence

how much of ourselves

do we have to reveal 

to be considered »

– chanson to be considered 

Son coup de cœur de l’album ? La dernière chanson du disque, to be considered, répond-elle. Avec son mix « dark » de guitare et de piano, elle dégage une atmosphère mystérieuse. Ça a quelque chose d’halloweenesque… et ça soulève des images mental à la Twilight (le film) !

À la toute fin du morceau, la chanteuse martèle près de dix fois les mots « to be considered ». Elle exprime ainsi un besoin de reconnaissance auprès de ses pairs dans l’industrie. « C’est nice, faire de la musique, mais quand tu essaies de partager, tu te retrouves souvent avec le sentiment que personne écoute et que tout le monde s’en fout », confie-t-elle.

Le tout se termine sur une minute de sons de cloche, qui donnent envie de fermer les yeux et de se laisser bercer. Quelle belle fin.

Pour voir L I L A performer en concert, rendez-vous le 30 octobre prochain pour le lancement de son album au PANTOUM (ville de Québec) à 20H30.

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