crédit photo: Marc-André Mongrain

Un projet de règlement sur la gestion du bruit dans le Plateau-Mont-Royal donne espoir pour les salles de spectacles

L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal s’apprête à transformer en profondeur sa gestion du bruit, avec un nouveau projet de règlement présenté le 9 avril par la mairesse Cathy Wong. Cette réforme, qui pourrait entrer en vigueur dès ce printemps, vise à mieux équilibrer la cohabitation entre résidents et activités culturelles dans l’un des quartiers les plus animés de Montréal.

Fruit de plusieurs mois de consultations publiques ayant mobilisé plus de 14 000 participants, le règlement propose une approche renouvelée, axée sur la collaboration plutôt que la répression. L’un des changements majeurs consiste à retirer au Service de police de la Ville de Montréal la responsabilité d’intervenir dans les plaintes visant les salles de spectacles. Ces dossiers seront désormais pris en charge directement par l’arrondissement, qui privilégiera des mécanismes de médiation et d’accompagnement.

L’arrivée de l’émergence spectrale

Au cœur de cette réforme se trouve également l’introduction du principe d’« émergence spectrale », une méthode reconnue à l’international pour mesurer l’impact sonore réel d’un établissement en fonction du bruit ambiant. Concrètement, cela signifie que les seuils ne seront plus fixes pour les salles de spectacle, mais adaptés au contexte sonore du quartier. Cette flexibilité vise à éviter des situations conflictuelles ayant mené, par le passé, à la fermeture ou à la fragilisation de lieux culturels emblématiques.

Parallèlement, un nouveau processus de gestion des plaintes sera déployé, notamment durant un projet pilote estival. Les citoyens pourront signaler les nuisances via le 311 ou en ligne, tandis qu’une équipe dédiée, incluant des « veilleurs », sera chargée d’évaluer les situations sur le terrain et de favoriser le dialogue entre les parties.

L’arrondissement mise ainsi sur une approche d’accompagnement des établissements, en collaboration avec des acteurs du milieu culturel comme les Scènes de Musique Alternatives du Québec (SMAQ), afin de corriger les situations problématiques sans recourir systématiquement aux sanctions.

Du côté des SMAQ, d’ailleurs, le directeur général, Jon Weisz, se réjouit de ce pas vers une meilleure cohabitation. « Ce projet de règlement constitue un pas important à la suite des dernières élections municipales, avance-t-il par voie de communiqué. Les engagements se concrétisent, et nous espérons pouvoir compter sur l’administration pour poursuivre rapidement les améliorations nécessaires. »

Il en profite d’ailleurs pour encourager les autres arrondissements, notamment Ville-Marie, à emboîter le pas afin d’accélérer une mise à jour de leurs propres règlements. Rappelons qu’un projet de nouvelle salle de spectacle lancé par l’Espace Public est au ralenti en raison des réglementations de la Ville.

Du côté du Plateau, Cathy Wong croit que cette modernisation visera à doter son arrondissement d’un cadre réglementaire « mieux adapté » à sa réalité de quartier dense et culturellement vibrant. Si elle est adoptée, cette réforme pourrait effectivement servir de modèle pour d’autres arrondissements montréalais, dans un contexte où les tensions entre vie nocturne et qualité de vie demeurent un enjeu central.

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