Suuns
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SUUNS au Cabaret La Tulipe | Chaos sous contrôle

Suuns et leur rock aux frontières du psychédélique se sont montrer la binette sur la scène du La Tulipe ce mercredi, pour le lancement de leur plus récent bébé Hold/Still. Au programme, beaucoup plus d’électro qu’on le pensait.

Probablement que l’impression qu’on a eu que le groupe venait de prendre une tangente électronique venait beaucoup de l’utilisation omniprésente du drumpad.

Le drumpad étant un instrument de percussions synthétiques que le drummeur du groupe a intégré avec brio dans l’arsenal sonique de son band (et qu’il perfectionne avec ce nouveau spectacle).

En fait, c’est ce qui résonnait le plus sous les épaisses couches de son : les pulsations retentissantes de ce jouet électronique.

On pourrait même aller jusqu’à dire que c’est le jeu du drummeur qui tient en place les compositions de Suuns. Il joue puissamment, avec précision. Mais surtout, il joue des rythmes simples et enivrants, qui contrastent avec la folie et le désordre volontaire créé par les autres instruments.

Et c’est ce qui fait tout l’attrait du groupe. Leur facilité à brouiller les lignes entre les compositions d’avant-garde, super cérébrales, et le gros rock d’Aréna.

Sur Hold/Still, Suuns semblent même prêt à pousser l’exercice du contraste encore plus loin.

Peut-être un peu trop loin, selon notre humble avis, avec la pièce Brainwash, qui est construite comme un perpétuel anti-climax.

À quelques reprises dans la chanson, le drum embarque, enterrant les autres instruments qui jusque-là étaient assez mollos. C’est le moment où toute la foule s’est crinquée en se disant « Yes, c’est parti, v’là le moment de se déchaîner ». Mais non, chaque fois le drum stoppe aussi sèchement qu’il est arrivé, et la chanson se poursuit en ballade.

C’est un peu l’équivalent de ça :

Mais au moins, c’est signe que le groupe continue d’évoluer et d’expérimenter.

*Pas qu’ils avaient stagné, mais en spectacle on se rend compte que certaines formules reviennent assez souvent. Entre autres la montée faite à la slide sur le manche de guitare (qui est instantanément reconnaissable sur 2020), qui a été utilisée à pas mal de reprises dans la soirée.

Mais même si on peut avoir trouvé quelques trucs un peu redondants, la performance n’en restait pas moins électrique. Le son n’en restait pas moins parfaitement calibré. Et les grosses lettres gonflables formant le mot « Suuns » sorties au rappel n’en étaient pas moins amusantes.

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