crédit photo: Manon Duval
Sticky Fingers

Sticky Fingers au MTELUS | Douze ans d’attente, et ça valait le coup

Il aura fallu douze ans avant de voir Sticky Fingers jouer enfin au Canada. Dimanche 22 mars, au MTELUS, le groupe australien a livré un concert qui tombait exactement au bon moment. À la sortie de l’hiver, alors que le printemps commence (presque!) à se faire sentir, il y avait quelque chose de parfaitement approprié dans cette soirée-là. Le son était excellent, le groupe en pleine possession de ses moyens et l’ambiance colorée sans jamais en faire trop. Bref, un spectacle solide, maîtrisé, vivant. Et franchement, un des meilleurs que j’aie vus au MTELUS.

Le genre de groupe qu’on reconnaît avant même la première note

Avant même que le concert ne démarre, Sticky Fingers imposait déjà tout un imaginaire. Longs cheveux, torses nus, allure détendue, un peu brouillonne, mais jamais forcée. On comprenait tout de suite qu’on avait affaire à un groupe australien jusque dans sa façon d’occuper l’espace.

Mention spéciale à Freddy Crabs, arrivé en maillot de bain rouge, le torse bien assumé, avec ce mélange parfait d’absurde et d’assurance. Ça a tout de suite donné le ton. On n’était pas là pour assister à quelque chose de trop calculé. Il y aurait du relâchement, oui, mais aussi beaucoup de métier derrière tout ça.

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Le concert m’a ramené à un souvenir bien précis. Pendant quelques secondes, je me suis revu à Byron Bay, en Australie, il y a un peu plus de dix ans, là où j’avais entendu le groupe pour la première fois. Il y a des sons qu’on associe pour toujours à un lieu, à une époque, à une lumière particulière. Pour moi, Sticky Fingers restera toujours lié à cette portion de côte, à cette chaleur, à cette impression de liberté un peu floue qu’on ramène de certains voyages. Le retrouver autant d’années plus tard, à Montréal, dans une salle comble, donnait forcément une autre résonance à la soirée.

Un groupe solide, sans rien à prouver

Ce qui m’a le plus frappé dimanche soir, c’est à quel point tout semblait simple. Pas simple au sens de banal. Simple au sens de maîtrisé. Le spectacle était bien dosé du début à la fin. Rien ne débordait, rien ne semblait manquer. Le groupe avançait avec une assurance tranquille, sans jamais donner l’impression d’en faire trop.

Les morceaux s’enchaînaient, l’énergie restait constante et on sentait qu’on était devant un groupe extrêmement solide. Sticky Fingers a cette qualité rare d’avoir l’air complètement relâché tout en restant parfaitement en contrôle. C’est souvent là qu’on reconnaît les groupes qui ont du vécu. Ils n’ont pas besoin d’en rajouter. Ils savent exactement comment laisser les chansons faire leur travail.

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Il faut aussi parler de Claude Bailey, qui remplaçait Dylan Frost pour cette tournée, ce dernier ayant pris une pause temporaire pour des raisons familiales. Dans ce genre de situation, on arrive toujours avec une petite hésitation. On se demande si quelque chose va manquer. Honnêtement, de mon côté, pas du tout. Bailey s’est intégré avec une aisance remarquable. Je n’ai jamais eu l’impression d’assister à une version diminuée du groupe.

Et il y a eu le son. Vraiment. Au MTELUS, ce n’est pas toujours une garantie. Cette fois, c’était une vraie réussite. Le son était clair, net, bien équilibré. Les voix ressortaient bien, les guitares gardaient leur texture, la basse prenait sa place sans brouiller le reste. Je me suis surpris à penser, en plein concert, que c’était peut-être l’un des meilleurs sons que j’avais entendus dans cette salle. Pour un groupe comme celui-ci, c’est fondamental. Leur musique vit beaucoup dans les nuances, dans les textures, dans cette manière de mélanger le rock, le reggae et quelque chose de plus vaporeux sans jamais perdre le fil.

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Une ambiance qui tombait juste

La mise en scène faisait exactement ce qu’elle devait faire. Les projections colorées enveloppaient la salle. Il y avait quelque chose de très cohérent dans tout ça, une ambiance presque tropicale par moments, qui convenait bien à leur univers. Pas besoin d’en mettre plein la vue quand l’identité du groupe est déjà aussi forte.

Le répertoire, lui aussi, a frappé juste. How to Fly et Australia Street restent sans surprise parmi mes préférées, et les entendre en direct avait quelque chose de particulièrement satisfaisant. Ce sont des morceaux que j’attendais, clairement. Rum Rage a aussi été un gros moment pour moi. Plus largement, l’ensemble du concert tenait très bien la route, de Land of Pleasure à Lazerhead, sans vrai creux, sans passage où l’attention retombait.

C’est peut-être ça, au fond, qui résume le mieux la soirée. Il n’y a pas eu de moment où je me suis dit que ça s’essoufflait, ou qu’un élément fonctionnait moins bien que le reste. Tout était à sa place. Tout tombait juste.

Sticky Fingers n’a pas seulement réussi son premier passage au Canada en douze ans. Le groupe a offert au public montréalais une soirée qui avait la bonne température, la bonne couleur, le bon son. Une soirée qui sentait le printemps. Et pour moi, sans hésiter, un des meilleurs concerts vus au MTELUS.

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