Steel Panther
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Steel Panther au Métropolis | Un show (trop) bien rodé

Les fans de Steel Panther ont été comblés mardi soir au Métropolis avec un show qui leur a procuré de la musique plein les oreilles, des blagues bien lancées et des paires de seins volontaires.


Si on prévoyait assister à un show révérencieux, ce n’est pas du tout ce qui nous attendait au Métropolis et pas du tout le genre de la formation californienne Steel Panther. À la place, on pouvait les voir jouer les rock stars et la foule jouer les groupies, parce qu’il ne faut pas oublier non plus qu’il s’agit d’un band d’humour parodiant le glam métal des années 1980.

À un show de Steel Panther, il faut faire un effort de ne pas trop s’offusquer des jokes de fesses, parce qu’il faut dire qu’il y en a eu à la pelletée. Et il faut aussi faire un effort de refouler le malaise ressenti quand des filles montent sur scène, certaines regrettant visiblement leur choix d’y être montée. En d’autres mots, il faut jouer le jeu et laisser (tant bien que mal) ses valeurs féministes à la maison.

Plaire aux foules

Les quatre gars de Steel Panther savent très bien ce qu’il font, assurant un show où chansons, solos de guitare et blagues sont rodés au quart de tour. Ils savent aussi parfaitement quels morceaux proposer à la foule pour garder l’attention au maximum: les hits et les plus vieux morceaux.

Ils ont d’abord lancé le show sur leur morceau emblématique Eye of the Panther tiré de leur premier album Feel The Steel. Il faut dire que cette disquette a été la star de la soirée avec sept chansons sur quatorze au total provenant de l’opus de 2009. C’était assez surprenant considérant que le groupe vient tout juste de faire paraître son plus récent album Lower The Bar en mars dernier et que seulement quatre morceaux dans la soirée provenaient de celui-ci.

Le quatuor nous a proposé tant des morceaux qui arranchent les tympans, comme Goin’ in the Backdoor, Asian Hooker, Poontang Boomerang, ou encore Gloryhole, que leurs power ballads telles que That’s When You Came In, Girl from Oaklahoma et l’incontournable Community Property.

Le naturel de côté

Entre les morceaux, le groupe se permettait des interventions bien répétées. On pense au moment où le guitariste Satchel nous racontait le ménage à trois du chanteur Michael Starr avec un berger allemand, ou soulignait l’anniversaire du bassiste Lexxi Foxx comme on avait pu le voir au Festival d’été de Québec l’an dernier.

Bien sûr, le band roule sa bosse depuis bon nombre d’années avec des tournées à travers l’Amérique du Nord à n’en plus finir. Il ne faut donc pas se surprendre que le tout soit minutieusement construit au rire près. Toutefois, le rendu n’est peut-être pas aussi naturel qu’on pourrait l’espérer. Ces interventions paraissaient plus souvent qu’autrement comme un show de stand-up. Les blagues étaient somme toute à point et traçaient bien les ponts entre les chansons.

Steel Panther - Metropolis - 2017-10

Des chicks et des boules

Étant les rock stars qu’ils sont, les gars de Steel Panther se sont fait plaisir en faisant grimper des filles sur scène. La première à monter était une jeune fille que le band croyait asiatique, parfaite pour le morceau Asian Hooker qu’ils lui ont dédié, mais qui s’avérait en fait d’origine latine. Une erreur qui a fait bien rire la foule.

Plus tard, ils ont chanté la pomme à une autre demoiselle, chaque membre chantant un morceau « improvisé », puis ont enchaîné le tout du morceau Girl of Oaklahoma. Romantique à souhait, si vous connaissez les paroles. Sa présence sur scène s’est étiré encore plus longtemps puisque Steel Panther a suivi ce moment down tempo par l’intense 17 Girls in a Row où ils ont fait monter une vingtaine de « chanceuses » sur scène.

On aura tout vu: des boules, du frottage, des tapes sur les fesses, du twerk, name it. Les gars de Steel Panther s’en sont donné à coeur joie, enlaçant chaque fille à un moment ou un autre, célébrant même la grosseur de poitrine de certaines. Heureusement, la plupart des filles ciblées ne semblaient pas trop s’en faire. D’autres par contre avaient du mal à jouer le jeu jusqu’au bout, avec raison…

C’était un spectacle empreint d’humour et de bonne musique qu’on oubliera pas de sitôt. On se souviendra longtemps du solo de guitare hallucinant de Satchel qui mêlait les riffs connus de Smoke on the Water, Crazy Train, Iron Man, Sweet Child O’ Mine, pour ne nommer que ceux-là. Il faudra par contre oublier les moments de malaises avec les demoiselles sur scène ou le fait que les interventions n’étaient pas tout le temps naturelles. Est-ce que c’est un spectacle à revoir? Étant donné que la foule du Festival d’été de Québec l’an dernier a vu pratiquement le même spectacle, on dirait que non, mais c’est assurément un spectacle à voir au moins une fois.

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