Patrick Watson

Patrick Watson plus grand que nature au FIJM

Le festival de jazz de Montréal offrait à Patrick Watson carte blanche pour un grand spectacle gratuit qui avait lieu hier soir sur la nouvelle Place des Festivals. Avec les moyens à la hauteur de ses ambitions, le groupe a tout mis en oeuvre pour permettre aux centaines de milliers de spectateurs réunis un peu partout sur le site du Festival d’entrer dans leur univers singulier, en images et en son, et de goûter à leur pop ambitieuse et exigeante.

Pour les plus habitués, le concert d’hier était somme toute assez familier, comme une version gonflée aux stéroïdes de son concert offert à la Tulipe en mai dernier. La grille de chansons était semblable, très axée sur le troisième et plus récent album du groupe Wooden Arms, en dépit de la popularité de son deuxième disque Close to Paradise, quelque peu délaissé ici.

La bande pouvait toutefois se laisser aller à ses idées de grandeur, avec des projections sur les édifices environnants, un quatuor à cordes, un ensemble de cuivres, des invités de taille comme Yannick Rieu, Lhasa, Marie-Pier Arthur et Guy Nadon, des dizaines de froisseurs de tôle réunis sur le toit du Musée des Arts contemporains, des ombres chinoises, une projection de film muet, Jace Lasek (réalisateur de Wooden Arms) qui pédalait sur un vélo stationnaire à une bonne centaine de pieds du sol, et j’en passe.

Pour tous?

On était en droit de se demander si Patrick Watson arriverait à séduire une aussi large foule. Après tout, les quatre comparses montréalais ne sont pas aussi rassembleurs qu’un Stevie Wonder par exemple. Leurs fidèles sont moins nombreux et sans doute de mélomanes plus avides, plus pointilleux.

Le groupe a d’ailleurs l’habitude de se produire dans de plus petites salles où quelques centaines de fans conquis ne demandent qu’à les suivre.

Hier soir, certains spectateurs, sans doute plus habitués à une approche grand public, semblaient rebutés par la nature farouche de la musique de Watson et par ses tentatives artistiques audacieuses. Entre autres, la projection d’un court métrage muet sur une immense toile qui recouvrait la surface de la scène, pendant que Yannick Rieu improvisait au saxophone en guise d’accompagnement, a pu paraître un peu long et sans but pour les néophytes, alors que les fans de Watson ont certainement apprécié ce genre de voyage.

Même chose pour The Travelling Salesman, version un peu tonitruante que le groupe a interprétée derrière cette même toile, ne laissant paraître qu’une orgie d’ombres sur une projection un peu floue en arrière-plan. Un peu déroutant et abstrait.

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