Pascale Picard

Pascale Picard au Théâtre des Muses de la Maison des Arts de Laval | Réadopter la scène après trop longtemps

Il y a 20 ans déjà, Pascale Picard s’imposait dans notre paysage musical avec son album Me, Myself & Us. Samedi soir, elle célébrait avec le public le premier anniversaire de son cinquième album, Bigger Kids, Bigger Problems (excluant l’album de reprises Trauma #3). Elle était accompagnée de quatre musiciens, dont sa fidèle claviériste Marie-Pierre Bellefeuille et Alexandre Lapointe à la basse, aussi responsable de la direction artistique. Malgré le fait que ce très bon album ait pratiquement passé sous les radars en raison d’une lacune évidente de promotion, la chanteuse de 43 ans nous a encore une fois démontré ses grands talents sur la scène et sa voix particulière, qui demeure aussi douce à nos oreilles.

TALENTUEUSE, SYMPATHIQUE ET GÉNÉREUSE

Pascale nous a proposé un voyage de 80 minutes avec des pièces tirées de tous ses albums. Bigger Kids, Bigger Problems a donné le ton à la soirée. C’était un réel plaisir de revivre « le son Pascale Picard », absente de la scène depuis trop longtemps, mais pour d’excellentes raisons; voir grandir sa petite Léonie et quelques épreuves personnelles. Ajoutons que la pandémie lui a donné l’occasion de se réinventer, elle qui co-anime maintenant avec Paul-Raphael Charron sur les ondes d’une radio de Québec.

Celle qui a assuré la première partie de Sir Paul McCartney sur Les Plaines en 2008, a joué dans le désordre :  Gate 22 / Smilin’!! (2006), The Right Rhyme (2011), magnifique duo avec Endrick, Runaway (2014) et Smoke and Mirrors / The Beauty We’ve Found (2018), en plus des 10 pièces de l’album paru le 4 avril 2025. En boni, la reprise de Pink Floyd Shine On You Crazy Diamond enregistrée en 2006 sur l’album hommage Pink Floyd Redux. On a remarqué que le décor et les éclairages ne sont certainement pas une priorité pour cette tournée; choix artistique ou faute de moyens ?

MOMENTS FORTS

On doit absolument encenser son interprétation de la pièce Smillin’!! lors du rappel. Pour avoir suivi l’évolution de sa carrière, on n’avait jamais vu Pascale se montrer vulnérable de cette façon sur scène. Ça débordait d’émotions et de sincérité et on l’accompagnait discrètement là-dedans. Peut-être son cheminement de la quarantaine, comme elle le dit si bien ?  Les arrangements musicaux de sa partenaire au clavier étaient magnifiques. Pour les fans, ça restera un instant mémorable et très touchant. Elles devraient absolument songer à enregistrer cette version.

Une autre pièce qui a retenu notre attention, par son côté léger et sa musicalité accrocheuse, c’est Jaded. Une composition qui se retrouve sur le plus récent disque. Pour les initiés, c’était impossible de ne pas y détecter l’influence de son collaborateur originaire de Québec, Julyan (The Seasons, Forest Boys), le frère aîné de Hubert Lenoir.

ET POUR LA SUITE

Malgré sa trop longue absence (7 ans entre les plus récents albums), Pascale Picard a prouvé qu’elle demeure encore aujourd’hui une autrice-compositrice-interprète de grand talent et qu’elle aura toujours sa place sur la scène musicale québécoise. Notre seul souhait est de la voir et l’entendre plus souvent.

On pourra la voir cet été au FestiVoix de Trois-Rivières et à la Fête du Lac des Nations à Sherbrooke.

UNE CATASTROPHE ANNONCÉE

Malheureusement pour les artistes et les spectateurs présents (environ 125 sur une capacité de 325), cette fête n’a pas respectée toutes ses promesses. Leur performance et leur professionnalisme n’ont pu faire oublier totalement la présence dérangeante de quelques individus possiblement intoxiqués qui ne cadraient pas du tout avec l’ambiance intimiste. On l’avait détecté dès l’arrivée d’Endrick & the Sandwiches en première partie. La tolérance exercée envers eux par l’équipe du Théâtre des Muses a créé de nombreux moments désagréables aux spectateurs ; échanges à voix haute entre eux , cris inutiles avant la fin des pièces acoustiques, ils ont aussi coupé la paroles à la chanteuse qui se confiait sur son parcours des dernières années, etc… Le laxisme du personnel mérite une sérieuse remise en question par la direction du Théâtre, par respect pour les gens qui se déplacent et paient des billets. Pourtant, en voyant que les avertissements étaient ignorés, la solution était pourtant simple : l’expulsion !

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