Nine Inch Nails

Nine Inch Nails au Centre Bell | Quand le lundi est le nouveau samedi

Trois scènes sur le parterre du Centre Bell, pour une soirée sans entracte, sans pause, dans une volonté clairement artistique. Boys Noize et Nine Inch Nails réunis dans une esthétique new wave, cold wave, gothique, électro. On sait que Nine Inch Nails a l’habitude d’en mettre plein la vue dans ses shows, en poussant toujours plus loin la notion de performance. Après 38 ans de carrière, ça se passe de commentaires.

La soirée est divisée en quatre parties, sur trois scènes : une allant parfaitement à un set de DJ, une qui pourrait aller dans le sens d’un set de club, et une scène principale pour le groupe complet.

Le set de Boys Noize en ouverture laissait présager une immense rave au Centre Bell, mais la salle était encore majoritairement vide. Un DJ set qui s’est étiré sur environ une heure – peut-être un peu trop long, mais quand même super.

21h03 : Nine Inch Nails prend place sur la scène centrale. Piano-voix pour ouvrir, dans une atmosphère presque intime. On aurait presque envie de rêver à une formule Trent Reznor en acoustique, complètement incroyable.

21h18 : changement radical. Le groupe bascule sur la scène principale avec une formation complète. Les chiens sont lâchés. Un concept visuel particulièrement intéressant : le groupe joue derrière un voile, comme enfermé dans une cage de tissu. Un mapping vidéo en temps réel est projeté sur ce voile, se prolongeant pendant tout le show, créant une expérience visuelle forte.

À ce niveau-là, le show repose presque entièrement sur ce travail de mapping, notamment sur Copy of a, morceau avec lequel Nine Inch Nails avait déjà ouvert un précédent concert à Montréal.

Le quatrième acte marque une transformation : le show se resserre, devient presque une performance de club, malgré le cadre de l’aréna. C’est sans doute ce qu’on retiendra le plus : cette capacité de Nine Inch Nails à faire preuve d’ingéniosité, à jouer avec l’espace et à proposer une véritable versatilité scénique, avec une version de Closer en mode club complètement folle.

nine inch nails 02

Le show se termine sur la main stage en mode full band avec notamment I’m Afraid of Americans – bisous David Bowie – The Perfect Drug, The Hand That Feeds, Head Like a Hole et bien entendu, Hurt.

Avec un ami musicien, on s’est texté après le show, et il me disait qu’il avait trouvé cela remarquable. Avec une pointe d’humour, je lui ai dit : tu vois, après 38 ans de répètes et de shows, voilà le genre de show que tu pourrais potentiellement mettre en place. Développer un processus créatif prend tellement de temps et de patience, c’est incroyable et épeurant à la fois.

J’ai découvert Trent Reznor par Marilyn Manson, lorsqu’il avait coproduit le génialissime Antichrist Superstar, avec entre autres David Ogilvie, un producteur canadien né à Montréal en plus.

Ah oui, j’oubliais : une performance incroyable de Josh Freese, qui revient au bercail quelques 17 années après avoir quitté, et qui a servi de batteur aux Foo Figthers jusqu’à récemment. On espère pour lui qu’il ait de nouveau trouvé chaussure à son pied avec NIN.

nine inch nails josh freese

On va mettre quelques jours à se remettre de ce show… Quelle leçon!

Grille de chansons

Scène centrale

Something I Can Never Have (avec extrait de Stripped de Depeche Mode)
Non-Entity
Piggy (Nothing Can Stop Me Now)

Scène principale

Wish
March of the Pigs
Reptile
Heresy
Copy of A
Gave Up

Scène centrale (avec Boys Noize)

She’s Gone Away
Closer
Parasite (reprise de How to Destroy Angels)
As Alive as You Need Me to Be

Scène principale

Mr. Self Destruct
Less Than
The Perfect Drug
I’m Afraid of Americans (de David Bowie)
The Hand That Feeds
Head Like a Hole
Hurt

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