Fauve

Montréal en lumière 2014 – Jour 3 | Retour sur Fauve au Club Soda

Ce n’est pas toujours le cas, mais cette fois, le Québec emboîte sérieusement le pas sur les cousins français, et pour cause : le phénomène Fauve commence à prendre de l’ampleur par ici également. Et ce n’est pas près de s’essouffler…

Gros samedi pour Montréal en lumière. D’abord il y avait foule au Quartier des spectacles en début de soirée, pour la présentation de l’époustouflant spectacle de projections et de feux d’artifices « 185 Bravos ». Une belle et grande célébration qui rendait honneur à une multitude de personnages et de spectacles marquants de l’histoire des arts de la scène du Québec, et qui mettait littéralement le feu à l’Esplanade de la Place des Arts, comme Montréal sait si bien le faire.

Photo de courtoisie, par Frédérique Ménard-Aubin.

Photo de courtoisie, par Frédérique Ménard-Aubin.

Vers 19h30, la pétarade multimédia était terminée, mais la soirée débutait à peine. Plusieurs se dirigeaient vers la Place des Festivals pour le concert de Caféine (retour en photos à venir), vers la grande roue illuminée ou la glissade lumineuse qui traverse le parterre extérieur, pendant que d’autres gagnaient le Club Soda, pour le show à guichet fermé du collectif post-rock-spoken-word français Fauve.

 

Évolution fulgurante

Ils étaient de retour, les cinq musiciens du CORP, à peine quelques mois après leur épatante première impression aux Francofolies de Montréal. En peu de temps, ils ont gagné en confiance, en aplomb, et aussi en popularité.

Le nouvel album, Vieux frères – Partie 1, est paru il y a deux semaines en format numérique, et en version physique (CD et vinyle) depuis quelques jours à peine. Mais le EP, lui, a fait du chemin depuis sa sortie au printemps 2013, et ce, en dépit d’une distribution à peu près inexistante chez les disquaires de la Belle province.

Ça n’a visiblement pas empêché quelques centaines de fans québécois de se familiariser avec ses titres percutants, comme en témoignait samedi soir la participation de la foule lors des titres Nuits Fauves et Blizzard, chantés en partie en choeur. Les cinq mystérieux comparses ont semblé sincèrement épatés par cette démonstration d’amour, à leur deuxième visite à Montréal seulement.

Il faut dire que la prestation offerte par Fauve ne laissait aucune chance au scepticisme : que du convaincant, que de la bombe, interprétée avec une dégaine impressionnante. Ils ont déjà pris du galon, depuis leur dernier passage à Montréal. Le chanteur/slammeur, en particulier, assure comme jamais : il déferle les textes à un débit époustouflant, sans rater le moindre mot.  Et Dieu sait qu’il en a long à déferler.

Ces mots, percutants par leur quantité et leur justesse, frappaient sans relâche, mettant le doigt sur 1000 bobos modernes. Si l’album est un peu lourd, la pilule passe beaucoup mieux lorsque rassemblés, à jouir du spectacle ensemble entre êtres humains concernés, consternés, conscients et angoissés.  Ensemble à gueuler : « Tu nous entends, l’Blizzard, tu nous entends ? / Si tu nous entends, va t’faire enculer! »

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Photo de courtoisie, par Frédérique Ménard-Aubin.

Projections visuelles et anonymat

Il va sans dire, donc, que le show est à la hauteur de l’album (et du EP), même que la version scène a l’avantage de bonifier le tout par des projections visuelles qui ajoutent une dimension supplémentaire à la musique. L’esprit du spectateur passe de l’appréciation de la musique, à l’absorption des textes, puis à la contemplation des images projetées à l’arrière-plan, et ainsi de suite dans le désordre, sans jamais se laisser distraire par la gestuelle des musiciens, puisqu’ils préfèrent encore et toujours rester dans l’ombre. On les sent tout de même moins préoccupés par cette obsession de l’anonymat qu’en début de carrière.

Les refrains chantés de Rub A Dub et Infirmière sont également plus convaincants sur scène que sur disque, en raison du côté fédérateur de ces grandes mélodies, et de la conviction du chanteur lors de celles-ci.

Au final, Fauve aura offert une intense et généreuse prestation de près de 90 minutes, amalgamant une dizaine de chansons du nouveau disque aux six que contenait le EP Blizzard, ainsi qu’un vieux titre pré-EP, soit Sainte-Anne.

Le court voyage au Québec aura surtout permis aux gars de Fauve de jeter de l’huile sur le feu ardent d’une histoire d’amour avec les fans montréalais. Un genre de coup de foudre qui perdure, et qui ne s’éteindra pas de sitôt.

* Fauve sera de retour à Montréal le 21 juin dans le cadre des Francofolies de Montréal, cette fois au Métropolis. Tous les détails par ici.

Grille de chansons

De ceux
Haut les coeurs
Cock music smart music / RAG #1
Sainte-Anne
Lettre à Zoé
Voyous
4000 Îles
Infirmière
Requin-tigre
Rub A Dub
Vieux frères
Jeunesse Talking Blues
Nuits Fauves

Rappel
2XGM
Kané
Loterie
Blizzard

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