+LIVE+ à la Place Bell | Entre nostalgie et transmission
Alors que la tension autour du groupe semble atteindre un sommet, et qu’Ed Kowalczyk — après être parti puis revenu — est désormais le seul membre originel restant, l’histoire de Live ressemble de plus en plus à un téléroman sans queue ni tête. Pourtant, une chose demeure : les chansons sont toujours là.
Personnellement, j’ai découvert +LIVE+ à l’époque de leur cinquième album, The Distance to Here, notamment avec The Dolphin’s Cry, énorme vidéoclip diffusé en boucle à l’époque de feu MTV.
En replongeant aujourd’hui dans leur discographie, surtout entre le premier et le deuxième album, on mesure clairement le saut énorme dans l’écriture des chansons et dans la production. Pourtant, pour moi, le groupe n’a plus vraiment sorti quelque chose de marquant depuis Songs from Black Mountain, dernier album avec Ed Kowalczyk au chant avant son départ à l’époque.
Quand le groupe arrive sur scène, il attaque avec Operation Spirit (The Tyranny of Tradition), extrait du deuxième album Throwing Copper. Sur scène, on ressent encore cette production typique de la fin des années 1980 et du début des années 1990, lorsque le rock de cette période avait encore du mal à se détacher complètement de certaines textures héritées de la pop et de la dance des années 1980.
Dans la foule, on voit autant des parents que des adolescents. C’est peut-être ça, au fond, le plus beau : la transmission. Voir une nouvelle génération découvrir ce son pop-rock des années 90.

Bien sûr, il y a toujours cette petite cicatrice : se rappeler que le groupe original n’existe plus vraiment sous sa forme d’autrefois, je sais je me répète. Longue histoire courte, les membres fondateurs Chad Taylor, Chad Gracey et Patrick Dahlheimer contestent toujours le droit de Kowalczyk d’utiliser le nom du groupe, bref, affaire à suivre.
En réécoutant +LIVE+ aujourd’hui, je réalise aussi à quel point leurs racines R.E.M. sont évidentes, surtout dans le premier album, dans les harmonies, dans la construction des chansons, dans cette tension entre spiritualité et rock alternatif, faut dire que c’est l’un des bands préférés d’Ed Kowalczyk.
Par exemple, Pain Lies on the Riverside, l’une des premières chansons écrites par Kowalczyk après son arrivée dans le groupe, montre déjà cette direction.
Malgré les tensions internes et l’histoire compliquée du groupe, une chose reste claire : les chansons de +LIVE+ ont marqué une génération et voir une salle remplie de différentes générations chanter ces morceaux rappelle pourquoi ces groupes des années 1990 continuent d’exister sur scène et pourquoi les soirées comme celles-là devraient revenir à la Tulipe.
Un seul regret : une version bâclée de The Dolphin’s Cry. Mais pourquoi les gars… pourquoi ?
Big Wreck : virtuosité… mais identité floue
La formation bostonnaise Big Wreck était également au menu.
Je dois avouer que je connaissais très peu Big Wreck avant ce concert. Par moments, cela m’a rappelé Collective Soul. Il faut dire que Big Wreck, existant depuis le milieu des années 1990, a eu du mal à traverser l’Atlantique à l’époque.
Malgré la technicité évidente des musiciens, j’ai trouvé l’ensemble assez générique. La recette semble trop parfaite, presque trop maîtrisée pour réellement surprendre.
Il y a clairement un côté groupe de musiciens pour musiciens. On sent la virtuosité, notamment dans le jeu de guitare, qui évoque parfois des guitaristes comme Mark Tremonti, sauf que Creed et Alter Bridge c’est chouette.
Par moments, cela m’a même fait penser à une esthétique plus démonstrative, presque guitar-hero, dans la lignée d’artistes comme Joe Satriani ou Steve Vai.
Cela dit, leur dernier morceau That Song était clairement attendu par le public et a été très bien accueilli.
The Damn Truth : la surprise organique
La soirée commence avec The Damn Truth, groupe montréalais au son puissant, quelque part entre le hard rock et le sludge. Après deux chansons, la chanteuse prend un moment pour s’adresser à la foule et confie son émotion : « Je suis venue aujourd’hui avec un album de +LIVE+ en CD, et je n’arrive pas à croire que j’ouvre ce soir pour +LIVE+. »
Étant moi-même musicien, je ne peux que comprendre ce sentiment. J’ai moi-même fait signer mon premier album de Down par Phil Anselmo!
Le groupe livre un set solide devant une Place Bell encore en train de se remplir. Leur énergie est contagieuse.
Et puis, détail peut être anodin pour certains, mais important pour moi : voir de vrais amplis sur scène, sentir la chaleur organique des instruments, entendre le grain des guitares, à une époque où beaucoup de concerts deviennent ultra numériques, ça fait du bien.
Le même triplé se produira sur la scène du Centre Vidéotron ce soir. Les collègues Martin Laverdière et Charles-Alexandre Tourchot (photographe) y seront! Ne manquez pas leur version sur le site de Sors-tu? dès demain.
Photos en vrac
+LIVE+
Big Wreck
The Damn Truth
- Artiste(s)
- +LIVE+, Big Wreck, The Damn Truth
- Ville(s)
- Montéal
- Salle(s)
- Place Bell
- Catégorie(s)
- Alternatif, Rock,
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