Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours en concert

Le Seigneur des Anneaux : les deux tours en ciné-concert à la salle Wilfrid-Pelletier | Épiquement épique

Forte du succès de la première édition à guichets fermés des ciné-concerts Seigneur des Anneaux l’an dernier, la production GFN propose cette année pendant trois soirs la diffusion du Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours (le 2e épisode de la trilogie) à la salle Wilfrid Pelletier. Retour sur un concert où l’on ne savait plus où donner de la tête tant il y avait de choses à voir.

Le principe du ciné-concert

Le ciné-concert est une formule qui plaît de plus en plus. Le principe est simple : ramener un film emblématique sur un grand écran, mais au lieu de le présenter au cinéma, on en profite pour le diffuser dans une salle de spectacle et intégrer sous l’écran un orchestre. À Montréal, l’immense scène de la salle Wilfrid Pelletier est toute trouvée pour ce genre d’évènement. Mais avec les 250 musiciens qui sont présents pendant le ciné-concert (ce sont l’Orchestre et Chœur FILMharmonique ainsi que Les Petits Chanteurs du Mont-Royal qui ont assuré la soirée, avec le chef Shih-Hung Young et les chefs de chœur Francis Choinière et Andrew Gray), même cette salle immense devenait parfois minuscule. On s’est aperçus à quel point on n’est pas habitués à voir autant de monde dans un concert, et que l’on a aucune idée de la puissance sonore d’un tel ensemble.

Rajouter de l’épique à de l’épique

Simplifions l’article et partons du principe que vous êtes familiers avec la trilogie cinématographique du Seigneur des Anneaux. Si ça n’est pas le cas, foncez voir immédiatement (ou lire si vous êtes plus courageux) ces chefs-d’œuvre de l’heroic fantasy. Le deuxième film, Les Deux Tours, est particulièrement saisissant pour ses grandes scènes de bataille et les plans incroyables représentant le long voyage entrepris par les membres séparés de la Communauté de l’anneau qui traversent la Terre du Milieu. Les paysages sont magnifiques, les batailles épiques et l’histoire, absolument prenante.

Mais à trop regarder le film, on en oublie parfois le talent du compositeur Howard Shore, qui a écrit la sublime bande musicale des trois films. La version ciné-concert nous permet de l’apprécier à nouveau et d’une autre manière. Alors que le maestro Shih-Hung Young regarde en même temps sa partition et une version adaptée du film qui lui donne les entrées de chaque musique, les musiciens sur scène doivent présenter une performance absolument synchronisée et parfaite. S’ils sont trop lents, s’ils se décalent ou s’ils manquent un temps, c’est toute la scène du film qui ne sera plus en phase avec la musique. Dans le cadre d’un ciné-concert comme le Seigneur des anneaux, l’enjeu est double : les fans connaissent si bien la musique que toute fausse note ou toute absence de seconde voix sera immédiatement remarquée – en tout cas par le spectateur à notre gauche.

Défi relevé

C’est donc un défi de taille qui a été relevé par tous les membres de la production du ciné-concert. Les musiciens parfaitement ensemble ont redonné vie à des thèmes entendus des centaines de fois, les chanteurs nous ont rappelé les chœurs d’elfes et nous ont fait pleurer dans des moments particulièrement tragiques. Si on a été surpris par le choix d’amplifier par des micros les musiciens et choristes (250 personnes sur scène, ça fait bien assez de puissance sonore pour ne pas ajouter d’amplification, quitte à baisser le son du film de quelques décibels), ce qui donnait parfois un résultat très différent du film car on n’entendait plus très bien un personnage parler ou des uruk-hai grogner, la très grande majorité du ciné-concert était absolument incroyable.

Dans les ciné-concerts, on se rend compte aussi à quel point un film utilise sa musique. Dans le Seigneur des Anneaux, elle est omniprésente. Les musiciens jouaient tout le temps, avec des pauses d’un maximum d’une ou deux minutes selon les scènes. Sacrée performance, quand on pense que le film dure plus de trois heures (même si on aurait adoré voir la version longue, on comprend que ce doit être presque impossible en terme de performance pour les musiciens et leur chef). La musique en direct possède aussi le fabuleux pouvoir de rajouter de l’émotion par-dessus l’émotion, de rendre certaines scènes criantes d’angoisse ou complètement épiques. On a même envie d’accorder quelques mentions spéciales sur des scènes emblématiques des Deux Tours : l’arrivée de Gandalf et de la cavalerie des Rohirrim d’Eomer, la procession des elfes qui quittent Fondcombe, la préparation à la bataille du gouffre de Helm. On a apprécié aussi que le générique et sa superbe musique aient été joués au complet.

Public conquis

C’est la standing ovation la plus longue que nous ayons jamais vue. Elle a duré près de cinq minutes, après la présentation d’un ciné-concert de trois heures. Dans la salle, le public très éclectique, composé de geeks, de fans mais aussi de très jeunes et de pas jeunes du tout, a quitté presque a regret cette fantastique soirée qui restera longtemps en mémoire.

Le Seigneur des Anneaux : les Deux Tours sera présenté à nouveau samedi 29 février et dimanche 1er mars. La performance pour toutes les personnes sur scène en est d’autant plus impressionnante. Il reste quelques places disponible sur le site de la Place des Arts.

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