Bhad Bhabie
Critique Publié le

La Bonnefemme sort #9 | Bhadtripper au show de Bhad Bhabie

Quand le Big Boss me propose de couvrir Bhad Bhabie au Corona le 23 février, je capote complètement.

Je la suis depuis ses débuts, dans une optique purement maternelle.

14 septembre 2016, 14h: je plie des serviettes en écoutant Dr. Phil, comme toutes les autres madames de 87 ans. Pis je vois une p’tite cocotte qui est supposément en train de rendre sa mère complètement folle avec son attitude hors de contrôle. Une p’tite fille blessée par l’abandon de son père et le comportement déplorable de sa mère; une double survivante du cancer. Mais le monde l’a étiquetée comme la Cash me ousside girl. Y’a une partie de moi qui l’a fait aussi, parce qu’elle a une façon flawless de drop des catch phrases.

Après son apparition à l’émission, on l’a envoyée au Turn-About Ranch, un programme de réhabilitation pour adolescents. Mon coeur de mère a explosé. J’ai vu une enfant en train de recevoir l’amour et le renforcement positif dont elle avait tant besoin.

Pis dès qu’elle rentre à la maison, tout redevient dégueu. Elle et sa mère s’offrent des tapes su’a yeule, elles se traitent de bitch hoe; pareil comme dans un épisode de Watatatow. Ensemble, elles reviennent au show de Dr. Phil et discutent de l’avenir de Danielle. Celle-ci aurait un agent qui prépare quelque chose, et c’est tout ce que sa mère dira sur le sujet.

Ça m’inquiète, parce que je me suis attachée. Sous mes airs de dure se cache une grande sensible.

Puis, j’ai entendu ça:

Mon doux seigneur. Elle est bonne, la p’tite mautadite. D’où vient mon dilemme: elle pourrait pas être bonne sans son attitude de marde, elle aurait pas son attitude de marde si ses parents marde auraient pas été marde pis elle aurait pas été connue si elle s’était pas fait ramasser à l’émission de Dr. Phil.  Fait qu’c’est-tu correct que j’aime ce qu’elle fait? Est-ce que je participe à l’exploitation d’une jeune fille? Pis est-ce que je risque de me faire arrêter parce que j’ai un billet pour regarder une fille de 15 ans qui twerk?

Tout ce que je sais, c’est que son show est bhad et nhice. Mais surtout bhad.

 

Bhad:

  • Sa DJ met dix-huit bruits de gunshot entre chaque toune. Pourquoi ? Tires-tu tant de gun que ça dans’ vie, Bhad Bhabie? Manges-tu deux oeufs AK-47 pour déjeuner, Bhad Bhabie?
  • Je suis le seul parent qui n’est pas venu avec son enfant. J’avais peur d’avoir l’air d’une mère qui attend son jeune pour lui donner un lift. Mais la réalité est encore plus épouvantable: parmi la vingtaine de parents à boutte,  j’ai juste l’air d’une madame qui s’est perdue dans un line up pour un autographe de Lise Watier dans le temps que La Baie était cool.
  • Les skits entre les tounes. Personne ne comprend les skits. À cause et grâce au mauvais son du Corona. J’sais pas de quoi elle parle dans ses gangsta saynètes, mais je ne pense pas qu’elle révèle la recette du smoothie qui guérit le cancer.
  • Le son du Corona. Doux Jésus, le son. Je me serais crue dans un show d’Infini-T dans un sous-sol d’église du Témiscamingue en 1993.
  • Les twerk breaks. Elle twerk sur des chansons d’autres rappeurs sous le regard de sa mère. Ce qui m’amène à mon autre point:
  • Sa mère. J’ai passé le show à côté d’elle. Quand elle n’est pas en coulisses pour avoir de l’attention, elle crie après un agent de sécurité entre deux gorgées de bière. Je ne suis pas forte sur le mom shaming, mais là, ta fille de 15 ans est en train de twerker sur scène, devant toi. Fais d’quoi, madame.
  • Quand elle a  fait monter une fille prénommée Samantha sur scène pour l’asseoir sur une chaise… avant de lui faire un début de danse à dix. Une danse à dix froide d’une fille de 15 ans qui réalise en cours de route qu’elle n’a vraiment pas envie de faire ça.
  • Encore, le son. Horrible. C’était comme écouter Cégep en spectacle sur 15 buvards. Excusez, je voulais vraiment ajouter cette joke de son-là.
  • Elle ne sourit pas. Pas une fois. Elle a l’air fâchée. Je me demande si elle aime vraiment ce qu’elle fait.

Nhice:

  • Son squad. Si Bhad Bhabie a du mal à choisir une bonne coiffeuse, elle sait choisir son entourage. My god, je suis tombée en amour avec sa DJ pis sa choriste. Sa DJ est la version d’une jeune Beyoncé qui a vécu des affaires. Elle est tout ce que tu veux, sans être too much: ultra belle, ultra loud… la IT girl, là. Sa choriste est une chunky black girl qui s’assume totalement. Elle danse en débile, spit en mongole; elle nous rassure en nous faisant peur. Elle est parfaite. Pour être honnête, j’aurais payé plus cher pour les voir sans Bhad Bhabie.
  • Son verse acapella dans Hi Bich. Elle a des vrais de vrais skills.
  • Le show est pas trop long.

Bref, Bhad Bhabie en show, ou avoir hâte de rentrer à la maison pour serrer sa fille très fort dans ses bras.


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