
Kylie Minogue au Centre Bell | Doux baume sur grisaille globale
Dimanche soir, le Centre Bell avait des allures de discothèque, alors que la reine australienne de la pop était en ville. Mais qu’est-ce que Kristof G. foutait là, que vous vous demandez, hein? Eh bien, il a voulu sortir de sa zone de confort en allant couvrir l’un des rares passages au pays de la grande Kylie Minogue. Depuis la sortie de son tout premier succès il y a près de quatre décennies, ce n’était que la quatrième fois qu’elle se produisait au Canada, alors que son seul autre concert à Montréal datait de 2011. Vous pouvez donc deviner que la chanteuse de 56 printemps était plus qu’attendue par ses nombreux fans de tous genres.
D’emblée, votre scribe doit vous faire un aveu : avant de se rendre à l’aréna des Canadiens, il était plus familier avec la carrière d’« actrice » de cette chanteuse magnifique qu’avec sa musique pop. Après avoir eu un petit crush d’enfant lors de la folie engendrée par son premier tube, il a beaucoup aimé la voir jouer dans une paire de longs métrages dans les années 1990, soit l’accidentellement hilarante adaptation du jeu vidéo Street Fighter (aux côtés de JCVD lui-même!) et la délicieusement niaiseuse comédie Bio-Dome (avec Pauly Shore et Stephen Baldwin!).
Et sachez que l’auteur de ces lignes a passé un excellent moment. Peut-être même autant qu’il y a dix ans, lorsqu’il avait eu la chance de couvrir le passage au même endroit de l’immense Madonna (qui avait par ailleurs à l’époque exactement le même âge que Kylie aujourd’hui). En fait, hier, il fallait vraiment être mort en dedans pour ne pas avoir de fun pendant les deux heures que dura ce dynamique et foutrement bien rempli spectacle.
Du bonbon pour les yeux
Sur le plancher noir lustré de la scène (dotée d’un catwalk s’étirant sur le parterre) avaient été installés quatre petits escaliers d’un blanc immaculé. Pour agrémenter le spectacle de projections aussi rétro-futuristes que colorées, nous avions un immense écran, alors que, pour mieux voir la star, deux écrans verticaux encadraient la scène. Ses musiciens se trouvaient sur deux petites scènes surélevées : à gauche, on retrouvait la section rythmique (un batteur et un bassiste) alors qu’à tribord, nous avions trois choristes, une claviériste et un guitariste. Et pour arpenter la scène, se démenaient six danseurs et deux danseuses, d’abord déguisés en centurions futuristes.
C’est peu après 20h30, que Kylie fit une arrivée remarquée, en descendant du plafond, vêtue d’un ensemble de vinyle bleu pétant, assise sur une balançoire aux allures de diamant. Impériale, elle partit le bal en chantant Light Camera Action, tirée de son dernier album.
Une fois sur scène, sous les lasers, elle interpréta un premier medley des plus énergique, enchaînant des versions écourtées de pièces de toutes époques. Aussi radieuse que pétillante, la dame en bleu n’était pas du tout seule dans sa salle, nous séduisant tous et toutes instantanément. Et ce, même s’il y avait des chaises au parterre, ça dansait et pas à peu près.
En fait, elle interpréta 29 (bouts de) chansons, tirées de 9 de ses 17 albums studio, avec un accent aigu sur Rhythm of Love (1990), Fever (2001) et ses trois derniers albums (Disco et ses 2 Tension), en plus de quelques raretés. On appelle ça être généreux en s’il vous plaît. De plus, entre chacune des différentes parties du concert (7 au total), Kylie nous en fit voir de toutes les couleurs, en multipliant les changements de costumes, avec ou sans paillettes.
Au menu du bar à (bon) bons beats
On eut aussi droit à quelques pluies de confettis, comme à la fin de la chanson qu’il l’a fait connaître, The Loco-Motion (une reprise d’une pièce composée par Carole King en 1962), pendant que Kylie et sa troupe firent le train pour se rendre à la petite scène satellite située à l’autre bout du parterre. C’est justement là qu’eut lieu un autre moment fort du spectacle : une version acoustique de Where the Wild Roses Grow (son fameux duo avec Nick Cave), avec comme accompagnement son guitariste seulement. Mais c’était avant que la pièce n’explose, lorsqu’une boule miroir est descendue des cieux.
Ensuite, on tomba en mode Disco, pour quatre chansons de l’album du même nom, nous transportant de la petite à la grande scène, pour terminer avec un petit bout de Last Night A D.J. Saved My Life (1982), du one-hit wonder groupe new-yorkais Indeep (dont les paroles ne sont pas sans nous rappeler un certain hit de Jean Leloup paru quelques années plus tard!).
Pour le 5e acte, on embarqua dans un trip film noir, avant que Kylie ne délaisse sa longue robe noire pour découvrir une courte robe mauve et des jambes infinies, pour augmenter les BPM avec Slow, aux côtés de ses danseurs arborant désormais des tracksuits blancs. Évidemment, après quelques autres changements de robes (dont une de designer bariolée de jaune et noir), la foule put finalement danser et chanter à l’unisson lors du mégasuccès qu’est Can’t Get You Out of My Head, pour terminer avec Padam Padam et Love at First Sight.
Si on put constater que Kylie n’était pas une grande danseuse, reste qu’en concert, elle bouge fort bien (même avec de hauts talons) et en impose. Arpentant le catwalk comme la plus grande des top-modèles, elle fut d’une bonne humeur fabuleuse sur toute la durée, affichant toujours un sourire grand comme ça, lorsqu’elle ne chantait pas. En plus de faire preuve d’une étonnante énergie, son charisme fut indéniable et son magnétisme, foudroyant.
Et pouf, juste avant 22h30, et sous une pluie de serpentins, Kylie disparut par magie dans la scène, en miroir à son arrivée céleste, nous laissant dans les nuages, avec son contagieux sourire plein les yeux…
Grille de chansons
Section I
1. Lights Camera Action #17
2. In Your Eyes #8
3. Get Outta My Way #11
4. What Do I Have to Do? #3
5. Come Into My World #8
6. Good As Gone #17
7. Spinning Around #7
Section II
8. On a Night Like This #7
9. last night i dreamt i fell in love *
10. Better the Devil You Know #3
11. Shocked #3
12. Things We Do for Love #16
13. The Loco-Motion #1
Section III
14. Hold On to Now #16
15. Say Something #15
16. Where the Wild Roses Grow **
Section IV
17. Supernova #15
18. Real Groove #15
19. Magic #15
20. Where Does the DJ Go? #15
Section V
21. Confide in Me #5
22. Slow #9
23. Timebomb ***
24. Edge of Saturday Night #17
Section VI
25. Tension #16
26. Can’t Get You Out of My Head #8
27. All the Lovers #11
RAPPEL: Section VII
28. Padam Padam #16
29. Love at First Sight #8
Légende:
#1 Kylie (1988) x
#3 Rhythm of Love (1990) x x x
#7 Light Years (2000) x x
#8 Fever (2001) x x x x
#9 Body Language (2003) x
#11 Aphrodite (2010) x x
#15 Disco (2020) x x x x
#16 Tension (2023) x x x x
#17 Tension II (2024) x x x
* Simple (avec Alok; 2025)
** Murder Ballads (Nick Cave and the Bad Seeds; 1996)
*** Simple (2012)
Photos en vrac
- Artiste(s)
- Kylie Minogue
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Centre Bell
- Catégorie(s)
- Australian pop, Pop,
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