crédit photo: Villedepluie / André Rainville
Jean-Michel Blais

Jean-Michel Blais aux Lofts Cadbury | Un spectacle intime et unique pour célébrer les 10 ans de son album «Il»

Un soleil radieux, un petit loft industriel décoré sobrement, mais avec goût, une ambiance décontractée et d’excellents cocktails (créations de l’entreprise Fove) : bref, tout était en place pour une soirée parfaite afin de célébrer les 10 ans de son album Il. Mercredi, à seulement quelques jours de son 42e anniversaire de naissance, le pianiste et compositeur Jean-Michel Blais et son équipe avaient convié famille, amis et 70 admirateurs sélectionnés au hasard pour assister à l’interprétation intégrale de cet album très significatif dans sa carrière et aussi dans sa vie personnelle. Rappelons que Il a été nommé par Time Magazine parmi les 10 meilleurs albums de l’année 2016.

Quand une membre de son équipe a annoncé son entrée, les quelques personnes encore debout se sont discrètement dirigées vers les chaises disposées à quelques mètres de l’instrument, avec une vue formidable sur Montréal ; sa ville d’adoption qu’il aime tant. Parce que même s’il est devenu un citoyen du monde en raison de son art, Montréal, c’est chez lui. Et sous un doux silence, Jean-Michel s’est déposé calmement sur son banc de bois, face à son Young Chang U-151, le piano de ses 16 ans. Un cadeau qu’il s’était offert en investissant toutes ses économies, et avec la participation de ses parents, Lise et Yvon. C’est avec ce même piano qu’il allait enregistrer Il, 16 ans plus tard.

jean michel blais 10 ans il villedepluie (3 sur 38)* Photo par Villedepluie / André Rainville.

On a entendu un grand soupir, ensuite les premières notes de Hasselblad 4 – Improvisation suivi de la pièce titre de son album. Après quelques secondes, le pianiste s’est retourné vers ses invités pour leur adresser quelques mots et partager son bonheur d’être là. Il a résumé l’origine de la proposition de ce soir et nous a confié le contexte du premier enregistrement de son œuvre (à l’aide d’un petit magnétophone déposé sur son piano). Il a pris soin de préciser que tous les morceaux seront joués dans le même ordre qu’ils se retrouvent sur l’opus, avant d’inviter son ami et producteur Devon Bate à s’assoir, à sa droite, pour jouer Dada à quatre mains. Puis, Jean-Michel a poursuivi en solo en introduisant les pièces une à une, en commentant parfois leurs aspects techniques, mais surtout à l’aide de scénarios, d’images fortes et de sentiments.

jean michel blais 10 ans il villedepluie (10 sur 38)* Photo par Villedepluie / André Rainville.

Parmi les magnifiques instants de cette soirée, autant pour l’auditoire que pour Jean-Michel (qui nous a confié en privé avoir versé une larme), l’interprétation de Casa. Pourquoi ? Parce qu’il joue d’abord pour les gens et qu’il a ressenti une forme de communion d’émotions dans la pièce. Il a illustré cette composition avec les images de la maison que l’on quitte pour vivre de nouvelles expériences et dans laquelle on revient toujours, mais constamment transformé… alors que le lieu lui, demeure souvent identique. En plus, c’était comme si le crépuscule arrivait juste au bon moment, rappelant ce retour à la maison, par une magnifique fin de journée, bagages sous le bras. Pour les connaisseurs de musique classique, vous remarquerez possiblement que Casa a été construite un peu à la manière d’une ballade de Chopin. Un peu plus tard, c’était au tour de son ami Maxime Riopel de se joindre à lui pour l’accompagner au piano sur la pièce Rondo majeur – 3 mains, avant de poursuivre sur des berceuses et conclure sur une courte improvisation en présence de l’auditoire rêvé : silencieux, contemplatif, sans aucun téléphone (!) et qui patientait jusqu’à la fin de la dernière note pour applaudir son grand talent. Ce concert intime était aussi symbolique pour Jean-Michel, puisque son premier piano cèdera bientôt sa place pour la poursuite de sa carrière.

jean michel blais 10 ans il villedepluie (23 sur 38)* Photo par Villedepluie / André Rainville.

Lors d’un événement aussi exceptionnel, on aurait aimé prendre davantage de notes, se rappeler de plein de trucs et du contenu de notre agréable conversation un peu en retrait, mais il y a de ces moments où les vibrations du cœur occupent toute la place et où les mots deviennent soudainement futiles. On sait déjà que Jean-Michel comprendra tout ça, il sourira même ; parce qu’au fond, si on a bien compris, c’est un peu ça son but.

jean michel blais 10 ans il villedepluie (9 sur 38)* Photo par Villedepluie / André Rainville.

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