crédit photo: Jesse Di Meo
Ghost

Ghost au Centre Bell | Subversion et communion divine

Vendredi soir, la tournée mondiale Skeletour du spectaculaire groupe suédois Ghost s’arrêtait au temple du hockey de la métropole, au grand plaisir de ses passionnés disciples. D’ailleurs, fidèles à la tradition, plusieurs spectateurs ont ajouté à l’expérience collective en arborant maquillages et/ou costumes inspirés des différentes incarnations du leader du groupe, Tobias Forge, chanteur et principal compositeur. Et sachez que c’était ni plus ni moins que divin. Et ce, bien que le Centre Bell n’était pas plein (la Place Bell l’aurait sûrement été, si elle avait été disponible).

Parenthèse pour les gens adorant détester Ghost. On entend toujours et depuis longtemps les mauvaises langues avancer que Ghost n’est tout sauf métal, que c’est au mieux du rock, sinon de la pop, et cetera. On ne démentira absolument pas le fait que les chansons du groupe sont ultra accrocheuses, son répertoire débordant de power ballads sirupeuses et de clins d’œil à des succès populaires des années 70 et 80 (d’Abba à Def Leppard, en passant par Toto, Dire Straits et tellement d’autres). Oui, les emprunts sont multiples. Tout comme ceux aux dieux métalliques que sont les susmentionnés Coop et KISS, mais aussi à l’œuvre de King Diamond et Ozzy Osbourne. Ghost est évidemment à des kilomètres de Repugnant, groupe thrash-death au sein duquel Forge a jadis sévit. Or, on s’en fout un peu beaucoup. Ghost est foncièrement différent, proposant toujours d’excellentes compositions et de formidables spectacles à grand déploiement. C’est ce qui est important (pour les fans, du moins, hein).

Il faut savoir que, depuis le jour 1, Forge incarne un personnage différent lors de chaque cycle de tournée, toujours inspiré des figures papales catholiques, mais avec une twist délicieusement satanique. Et que chaque spectacle se vautre toujours plus dans la grandiloquence explosive qu’affectionne les plus grands shock rockeurs.

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Qu’on pense à Alice Cooper et KISS, ou encore à Marilyn Manson et Rob Zombie, l’idée a toujours été d’en mettre plein la vue, tout en nous bombardant de vers d’oreille à grands coups de décibels. Et il est évident qu’en embrassant d’emblée les codes du sous-genre, Forge l’avait bien compris en fondant Ghost il y a déjà deux décennies. Celles et ceux qui étaient au Théâtre Beanfield en 2012 (lors de leur toute première tournée sur le continent) peuvent en témoigner. Tout y était, même avec un tout petit budget.

Et quatorze ans plus tard?

Après une dizaine de concerts québécois supplémentaires, Forge a dorénavant les moyens de ses ambitions et, à la manière de ses confrères d’Iron Maiden, ses concerts sont toujours fabuleusement spectaculaires. Et le chanteur sait fort bien s’entourer, toujours appuyé d’une troupe de musiciens masqués, costumés et plus ou moins anonymes. Pour cette tournée, il est accompagné du batteur et directeur musical Hayden C. Scott, des guitaristes Per Eriksson (soliste) et Randy Moore (rythmique), des claviéristes Laura Scarborough (principale) et Tim Cummins, du bassiste Cosmo Sylvan et des choristes Olivia Morreale et Gabriela Gun.

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Car Forge offre soir après soir tout un trip audio-visuel, qui se déplie soigneusement, multipliant les coquets changements de costumes (de masques et de coiffes), tout en dévoilant graduellement d’étonnant éléments de scénographie — on y reviendra.

En plus, en emprisonnant d’emblée nos téléphones cellulaires dans des pochettes sécurisées (de notre arrivée jusqu’au moment de quitter), Ghost tenait à ce que tous et toutes puissent vivre pleinement l’expérience et tout voir de leurs yeux, sans pollution visuelle ni l’intermédiaire de nos chers petits écrans lumineux. Et sachez que, malgré le côté déstabilisant de la restriction, cette absence de distraction fut absolument bénéfique et bienvenue.

Scéno de pro tout en crescendo

D’ailleurs, la mise en scène valait le détour. Comme c’était le huitième concert du groupe auquel assistait votre scribe, on peut affirmer que la bande à Forge avait mis le paquet pour surprendre une fois de plus. Du dévoilement de la scène (initialement cachée sous une sorte de toile style camo) à la descente du logo lumineux et tridimensionnel du groupe en guise de point final, il y eut aussi de multiples changements de décors. On passa de crypte à vitraux pas du tout catholiques, mais fort dynamiques, avant de dévoiler un immense écran géant juste avant le dernier droit (qui ne contenait que des hits).

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Il y avait évidemment de la boucane en masse, de la pyrotechnie et des pétards aussi, de même qu’une immense structure d’éclairage (en forme de la croix inversée de Ghost), surplombant la scène. Ce qui n’était pas sans rappeler celles vues chez de Judas Priest et Metallica par le passé. De multiples plateformes jonchaient la scène, afin de surélever les choristes, les claviéristes et le batteur, de même que de part et d’autre de la scène (et derrière, comme on le constata plus tard), offrant une meilleure visibilité et plus de dynamisme.

Bref, ce fut en tout point grandiose sur le plan visuel, mise à part un petit bogue d’éclairage (pendant la première moitié de la deuxième pièce) qui fut heureusement vite réglé.

Des hits, des power ballads et des fans souriants

Sans première partie, on lança le bal, non sans nous avoir offert d’abord un bon quart d’heure d’interminable musique liturgique préenregistrée, avant qu’un annonceur, façon WWE, n’introduise le « meilleur groupe au monde » (comme la bande à Gene Simmons). Ça donnait fort bien le ton à ce qui suivrait, quelque part entre expérience mystique et gros show d’aréna à saveur métallique, saupoudré d’une touche d’autodérision et d’humour ironique.

Bien que Skeletá, le plus récent album de Ghost, n’ait pas encore soufflé sa première bougie, seulement quatre des pièces du petit dernier ont été interprétées, dont Peacefield et Lachryma, qui ouvraient le concert, alors que la foule était déjà on ne peut plus énergique.

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C’est plutôt le troisième album, Meliora qui a été célébré vendredi soir, avec pas moins de sept de ses pièces au programme, dont Majesty, avec un Forge sapé en pape, lévitant (sur une plateforme enfumée) derrière la scène, et l’enveloppante power ballad qu’est Cirice. Cette dernière était suivie de la tout aussi sucrée Darkness at the Heart of my Love (seule pièce de la soirée tirée d’IMPERA), chantée à l’unisson par la foule, hypnotisée.

Celleux qui préférait les gros riffs au vitriol ont eu droit peu après au puissant classique qu’est Ritual, auquel la foule a réagit avec véhémence, dans la joie et l’allégresse, en pleine communion. C’était juste après la mordante Satanized (qui est meilleure et aussi accrocheuse que n’importe quelle pièce du Black Album de Metallica), alors que suivait une autre nouvelle, Umbra, croisement aussi irrésistible qu’improbable entre Mötley Crüe et Deep Purple, avec en prime de la cloche à vache (!).

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On a également eu droit à un trio de pièces d’Infestissumam, dont l’excellente Year Zero (dont le pourtant tout simple riff fit éclater les vitraux!) et Monstrance Clock, livrée juste avant le rappel. D’ailleurs, pendant le dernier tiers, on a eu droit qu’à des hits, incluant Rats et Danse Macabre (tirées de Prequelle), de même que les rétro-psychédéliques Kiss the Go-Goat et Mary on a Cross, avant de taper le dernier clou du cercueil avec la toute aussi dansante Square Hammer.

Près de deux heures plus tard, on quittait cette église temporaire qu’était hier le Centre Bell, entouré de sourires repus (et de maquillages plus ou moins déchus), en fredonnant l’une des sombres, mais accrocheuses mélodies dont seul Ghost a le secret.

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Liste des chansons:

  1. Peacefield +
  2. Lachryma +
  3. Spirit ×
  4. Per Aspera ad Inferi *
  5. From the Pinnacle to the Pit ×
  6. Majesty ×
  7. The Future Is a Foreign Land >
  8. Devil Church ×
  9. Cirice ×
  10. Darkness at the Heart of My Love <
  11. Satanized +
  12. Ritual « 
  13. Umbra +
  14. Year Zero *
  15. He Is ×
  16. Rats #
  17. Kiss the Go-Goat >
  18. Mummy Dust ×
  19. Monstrance Clock *

Rappel

  1. Mary on a Cross >
  2. Dance Macabre #
  3. Square Hammer ^

Légende

 » Opus Eponymous (2010)
* Infestissumam (2013)
× Meliora (2015)
^ Popestar EP (2016)
# Prequelle (2018)
> Seven Inches of Satanic Panic EP (2019)
< IMPERA (2022)
+ Skeletá (2025)

Photos en vrac

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Événements à venir

  • samedi

    Skeletour World Tour 2026

    Lieu :

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