Entrevue avec BLAMM | Hystérique, ou quand les menstruations inspirent des chansons jazzées!
BLAMM, c’est l’alias de Blanche Moisan Méthé, sûrement l’une des plus grandes amoureuses du jazz de la Nouvelle-Orléans au Québec. Trois ans après s’être lancée dans le bain avec un premier album, Balivernes, BLAMM fait paraître aujourd’hui même un nouveau single, Hystérique, évoquant d’une manière poétique les menstruations et les difficultés, souvent incomprises, qu’elles engendrent. Un deuxième album intitulé Paroles en l’air pointera le bout de son nez d’ici quelques mois, vers l’automne.
« Avec Hystérique, je ne revendique rien forcément. Je fais juste décrire une situation qui est peut-être méconnue et qu’on n’ose pas décrire. », lance BLAMM, rajoutant que simplement le fait d’évoquer les menstruations frontalement dans les paroles d’une chanson peut être vu, d’une certaine manière, comme une prise de position.
BLAMM rêve des années 1920, 1930 et 1940. Quand le swing et le ragtime étaient les genres de musique les plus écoutées, la pop de l’époque, quand les instruments les plus joués étaient « les instruments acoustiques, donc pré-numériques. » « C’est ce qui m’accroche le plus! », souffe-t-elle.
« Je joue ça depuis mon adolescence, c’est de la musique qui est très festive, c’est pas le jazz intellectuel auquel on pense quand on parle du jazz. Et même si on croit qu’on la connaît peu, ça a tellement influencé toute la musique qui est venue après que tout le monde reconnaît quand même [ses sonorités] », dit BLAMM.
Un tel amour pour l’ère de l’entre-deux-guerres : si on donnait une machine à remonter dans le temps à BLAMM, passerait-elle sa vie dans les années 1920?
« Dur à dire [rires] C’est sûr que j’ai une nostalgie d’une époque que je ne connais pas. Il y a des choses incroyables qui se sont passées à cette époque-là, mais on n’avait pas le même genre de liberté, puis être une femme en musique, ça devait être tout une autre game. »
Effectivement, on doute que la chanson Hystérique aurait pu se faire dans un milieu inondé d’hommes, encore plus qu’aujourd’hui.
Voilà quelques lignes du nouveau morceau qui ont retenu notre attention : « Submergée de vagues écarlates / Je redoute que mon ventre éclate / Que ma douleur achève ma chatte »; « De monstres intérieurs me tiraillent / Déclarent la guerre à mes entrailles / Comme pour me châtier de déjouer / Le destin de génitrice; « Ces tracas ne sont qu’un présage / Du mal qui bientôt me saccage / Sanguinaire autosabotage »
Sur des mélodies très « brassensiniennes » (propos confirmé par la principale intéressée!), BLAMM tente d’un peu choquer et de magnifier les menstruations à la fois.
Le clip d’Hystérique est conçu dans la même optique, alors que le sang des menstruations est représenté par des foulards rouges, une idée qui venue à BLAMM après avoir vu le film Shakespeare in Love, quand un personnage se fait poignarder, « il ouvre la main et le tissu [représentant son sang] prend de l’expansion. Ça marche vraiment bien comme effet! »
« Le tissu a plein de textures, il y a plein de mouvements possibles. C’est vraiment riche en matériaux. Autant des tissus super légers qui vont voler, des tissus tout enroulés avec des nœuds dedans. Je trouvais que ça pouvait bien illustrer le propos, et que c’était juste assez cru. Parce qu’on dirait qu’avec du vrai liquide, ça devient comme trop graphique, peut-être? C’est pas une chanson gore. Mais avec le tissu, je pense qu’on comprend à force de l’écouter, sans que ce soit dans ta face complètement. »
L’écriture d’Hystérique est annonciatrice de son prochain opus, à venir plus tard dans l’année, d’après BLAMM. « Il y a des chansons un petit peu plus poétiques, abstraites. Puis il y a des sujets de la vie courante. J’essaie de m’inspirer du banal et du quotidien, mais l’aborder d’une façon poétique, d’essayer de trouver un sens à tout ça. »
Le prochain album de BLAMM sera dans une certaine lignée de Balivernes : éclectique, mais cohérent.
« Ce qui rallie toutes ces influences vintage, c’est l’instrumentation basée sur les cuivres, dit BLAMM, elle-même joueuse de trompette et de tuba. Mais d’une chanson à l’autre, les rythmes, les séries d’accords, l’esthétique, ça varie beaucoup. Sur le prochain album aussi, on passe d’un univers à l’autre, même si on reste dans cette ambiance d’un autre temps. »
La semaine prochaine, BLAMM lancera une mini-tournée de pré-lancements en première partie du Lemon Bucket Orchestra au Minotaure de Gatineau (le jeudi 12 mars), puis au Grizzly Fuzz à Québec (le vendredi 13), et au Zaricot de Saint-Hyacinthe (le 14 mars). Le lendemain matin, elle participera au concept de concerts matinaux familiaux du Zaricot, Les matins des grands soirs, dès 11h. Vous pouvez vous procurer des billets pour l’un des spectacles juste ici.
On apprenait aussi récemment qu’elle fera partie d’un spectacle extérieur pour le moins intrigant le samedi 20 juin au Parc Louis-Querbes, à Joliette, avec Québec Redneck Bluegrass Project et Angine de poitrine!
Un concert à Montréal dans l’une des mythiques enseignes du Triangles des Bermudes de St-Denis devrait être annoncé sous peu.
* Cet article a été produit en collaboration avec Spectacles Bonzaï.
- Artiste(s)
- BLAMM
- Catégorie(s)
- Chanson, Folklorique, Francophone, Jazz,
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