Édouard Tremblay-Grenier au Quai des Brumes | Quand la magie opère!
Mardi soir, on arrive très tôt au Quai des Brumes, sur St-Denis, pour assister au lancement officiel de l’album François Roberge, composé par le très talentueux Édouard Tremblay-Grenier et paru le 23 janvier dernier. Et on l’admet, on était un peu conquis à l’avance avant même d’entendre la première note du spectacle!
Depuis sa parution, cet album m’accompagne partout. On y retrouve un équilibre, une sincérité et une belle maturité dans son écriture. La co-réalisation de l’album (Pierre Fortin et Jean-Sébastien Chouinard) est sans faille. Mon dernier coup de coeur semblable remonte à 1992 avec Les insomniaques s’amusent du très grand Daniel Bélanger. C’est peu dire!
Mon unique déception envers François Roberge : on ne retrouve pas les paroles sur le site d’écoute en ligne. Pourquoi donc ?
Le temps de boire une pinte puis les gens se présentent tranquillement. Sa maman bien connue, Mara Tremblay, est déjà aux premières loges, avec un groupe d’amis. Plus tard, c’est Michel Grenier, l’oncle d’Édouard, qui s’ajoute, avec tout son équipement photo / vidéo, comme il le fait régulièrement au Bordel Comédie Club. Depuis quelques décennies déjà, Michel est gérant d’artistes (Bang Management). On peut dire respectueusement que son premier « soir de première » est déjà loin derrière lui.
Quelques dizaines de minutes plus tard, c’est au tour d’Édouard de se présenter au bar. Câlin à maman, quelques mots, puis il s’efface discrètement.
Vers 20h40, les gens s’approchent de la scène, debout. L’ambiance est décontractée, les gens semblent heureux d’être là et toutes les tranches d’âges sont représentées.
Il y a l’effervescence de « l’attente ». Le plaisir de se retrouver dans ce genre de lieu intime et de voir les artistes parmi le public, lorsqu’ils se préparent à entrer en scène. Aucun musicien caché derrière un rideau, zéro. Le quatrième mur n’existe simplement pas ce soir et ça fait partie de la magie.
Alors qu’on s’attendait à ce que sa mère, son père (aussi présent) ou tous les deux ensemble, nous annoncent l’arrivée sur scène de leur petit homme devenu grand, c’est plutôt un inconnu qui apparaît au micro, avec une voix qui m’est familière depuis bientôt deux semaines : c’est lui, LE VRAI Francois Roberge!
Précisons rapidement : c’est un ami du père d’Édouard, Daniel Grenier, l’humoriste bien connu pour son humour absurde tant à l’époque des Chick ‘n Swell qu’en tant qu’artiste solo depuis plusieurs années. D’ailleurs, Daniel est présentement en tournée pour son 3e spectacle. Les commentaires du grand public sont très positifs.
Revenons à l’album. Son titre est un simple clin d’oeil à l’humour absurde dans lequel Édouard a grandi, c’est dans son ADN. Il avait aussi songé à nommer l’album Robin Aubert, mais trop connu !
Nous y voilà ! Édouard fait son entrée sur scène vers 21h15. Chemise blanche, cravate noire, la classe, mais relaxe. Tout l’monde est prêt et ça affiche complet.
Il ouvre la soirée avec Ari, au grand plaisir de la foule. Sa voix est excellente et une mention spéciale à l’équipe du son. Ça nous rappelle alors le vidéoclip pour cette chansons : un scénario simple mais efficace.
Avant le spectacle, on m’a soufflé à l’oreille que le tournage aurait eu lieu dans le secteur de Warwick, une petite ville pas très loin de Victo.
Son guitariste Zachary Boileau, avec qui il se fait très complice, a partagé l’avant-scène avec lui presque toute la soirée. C’est ce même Zachary Boileau qui accompagne sur scène les Gab Bouchard et Jeanne Côté de ce monde… et j’en oublie sûrement ! Bref, un nouveau Rick Hayworth, version 2026.
Malgré les défis vocaux de Ne me fais pas mal, la performance du jeune chanteur est étonnante. Il accomplit un exercice de haute voltige, il faut le reconnaître ! À la fin de la pièce, il s’exclame en riant « C’est aigu ! », puis il ajoute : « À tous ceux qui se posaient la question : Oui, c’est moi qui chante sur l’album ! » Bref, ça démontre que même s’il est nerveux pour sa première, il le dissimule avec brio. Son bagage de comédien – rappelons qu’il jouait le fils de Martin Matte dans Les beaux malaises, notamment –représente certainement un atout pour ce type d’expérience.
En toute intimité
Et vient le moment où il s’accompagne seul à la guitare acoustique sur son oeuvre Le vent. Une pièce toute en profondeur, la meilleure de l’album à mon avis. Une médaille d’or au public de ce soir pour son écoute et sa participation!
Il s’amuse à dire au public qu’il a « écrit ses chansons vite faite dans son salon » avant de s’élancer sur Fan de toi, un succès pop incontournable à mon avis. Il démontre beaucoup de plaisir à interpréter cette pièce déjà diffusée à la radio, en affichant son grand sourire jusqu’à la fin.
On r’gadera pas le temps lui donne quelques difficultés. Elle se termine toutefois sur un envol musical formidable.
Il avoue avoir pleuré quand il a composé Je rêve, pour sa grand-maman paternelle atteinte de la maladie d’Alzheimer. En ajoutant doucement : « Marie, je t’aime ». Tout au long de son interprétation, le public partage ce moment de communion avec lui, silencieux et respectueux. La captation vidéo du spectacle sera d’ailleurs présenté à sa grand-maman, elle qui collectionne sur son lit les articles à propos de son petit-fils que les membres de la famille lui apportent fréquemment.
Pour enchaîner, l’auteur-compositeur-interprète se fait un beau grand cadeau avec une pièce d’un groupe phare qu’il adore : Malajube! On vous réserve la surprise! Mais disons seulement que c’est de la puissance « Grand V ».
Photo par Éléonore Delvaux-Beaudoin.
En plus de son guitariste, Édouard est accompagné de Vincent Huard (basse) et de son frère Victor Tremblay Desrosiers (batterie) pour ce moment d’anthologie.
Édouard poursuit en invitant sur scène son amie Laura B Choquette. Qui est-elle ? C’est la jeune poète à l’origine de Villa Maria. Édouard explique s’être inspiré des mots de Laura pour créer cette ambiance musicale très intime. Magnifique duo. La découverte de la douce voix de son alliée est le bonus de ce spectacle. J’en aurais pris plus. Vivement une deuxième collaboration, svp!
Comme il le repète souvent en entrevue, ses influences musicales sont nombreuses : Louis-Jean Cormier risque même de jalouser la pièce Pluie de juin, alors qu’on ressent la « vibe » planante de Bélanger dans Jarretière et des inspirations de Leloup à travers Le chat du Roi, pour ne nommer que celles-là.
Les réactions semblaient unanimes. Le public venait d’adopter ce nouveau venu de la chanson francophone et c’est pour le mieux.
Avant de quitter, quelques échanges amicaux avec Édouard, à propos de nos atomes crochus (Victoriaville) et en lui annonçant qu’on passera la soirée ensemble au Cactus demain (mercredi) et peut-être même se réserver un petit moment pour une entrevue rapide. Et lui de répondre en riant le classique : « Victo Power! » Confidence entre nous : disons que cette soirée mémorable ressemblait davantage à « Édouard Power ! ». Et à mon avis, ce n’est que le début !
D’ici là Édouard, savoure la vie de tournée et accueille sans gêne tous les compliments du public. C’est grandement mérité !
Prochains spectacles d’Edouard Tremblay-Grenier
13/02 – Québec – Le Local du District St-Joseph
14/02 – Jonquière – Côté-Cour (lancement d’album)
27/02 – Longueuil – Salle de spectacle Fenplast
17/04 – Waterloo – Sissi Buvette
- Artiste(s)
- Edouard Tremblay-Grenier
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Quai des Brumes
- Catégorie(s)
- Chanson, Francophone,
Événements à venir
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