Down That Trail in the Woods à l’Agora de la Danse | De Broadway à la forêt de Kìzis, la comédie musicale se réinvente
Inédit, immersif, foisonnant : c’est ainsi que l’on peut décrire le spectacle Down That Trail in the Woods, présenté du 4 au 7 février prochain. Portée par un talent pluridisciplinaire, Kìzis, cette création se démarque tout d’abord par sa forme, à savoir la comédie musicale. C’est une première pour l’Agora de la danse, et c’est aussi une première pour l’artiste. Cela dit, même s’il ne s’est pas lancé plus tôt dans le défi d’un tel type de performance, il n’en est pas non plus à son coup d’essai scénique et musical. Composition, chant, jeu, mise en scène, danse : il y a peu de chapeaux qui ne lui font pas. Et peu importe ce qu’il entreprend, il y met toujours le fond et la (les) forme(s).
Dire que la musique est omniprésente pour Kìzis tient presque de l’euphémisme. Dès l’enfance – passée dans un milieu rural – cet art occupe une grande place dans sa vie. Et son arrivée à Montréal en 2009 lui permet de donner corps et sons à ses multiples visions.
Se limiter? Non merci! Ses premiers albums peuvent ainsi témoigner d’une volonté de collaborer avec les autres et d’une appétence pour le mélange des genres : sonorités pop, électroniques et accents rappelant la culture autochtone héritée de son père se ressentent dans toutes les déclinaisons de son travail. Mais plus qu’une expérience musicale, il cherche surtout à créer l’immersion totale. De là, on comprend que pour lui, la comédie musicale était une évidence.
* © Kizis.
Down That Trail in the Woods raconte l’histoire d’amour entre Boy et un cheval. Musique, texte, jeu et danse ne sont pas des couches séparées qui s’ajoutent les unes aux autres. C’est un tout qui opère un dialogue étroit et sensoriel. Grâce à lui, le public est invité à se laisser porter dans cet univers mythologique, tout en acceptant de suspendre ses repères habituels de narration et de vraisemblance.
Grand amateur de comédies musicales, Kìzis en maîtrise les codes. Cela dit, il a choisi de ne pas totalement s’y conformer et de suivre son instinct. De ce fait, toute personne connaissant ou non le genre pourra apprécier la richesse des thèmes abordés et la complexité des personnages. Que ce soit Boy et sa quête de sens, le cheval protecteur au côté parfois plus brusque, ou encore la forêt à l’atmosphère changeante : tous les parcours sont loin d’être linéaires.
Décliner son plaisir, de la fable à la fête!
Altérité, désir, perte, transformation, guérison : le spectacle sonne presque comme une introspection, parce qu’il y a forcément un peu de Kìzis dans ce récit. Cependant, bien que ses souvenirs y résonnent, il ne faut pas pour autant y voir un processus thérapeutique. Son expérience personnelle est plutôt l’ancrage parfait pour divertir et engager le public dans sa douce folie.
Eh oui, tout ne sera pas non plus bloqué dans l’intellect! Car c’est aussi ça, la comédie musicale : se permettre de changer de prisme d’interprétation sans se justifier, la complexité émotionnelle laissant place au plaisir pur!
Kìzis cite volontiers plusieurs inspirations pour expliquer sa démarche surstimulante, impliquante et comique, notamment Le Fantôme de l’Opéra, qui a aussi marqué ses parents, ainsi que trois figures majeures du musical américain, à savoir Sondheim, Rodgers et Hammerstein.
Durant 90 minutes, 19 interprètes donneront donc vie à cet imaginaire que vous qualifierez sûrement d’honnête, d’outrancier et d’irrésistible!
Ce spectacle est co-présenté avec Danse-Cité
* © Kizis.
* Cet article a été produit en collaboration avec l’Agora de la Danse.
- Artiste(s)
- Agora de la danse, Kizis
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Agora de la danse
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