Vanessa Paradis

Critique concert: Vanessa Paradis à la Place des Arts de Montréal

Dimanche 20 février 2011 – Salle Wilfrid-Pelletier (Place des Arts, Montréal)

Vanessa Paradis était de passage à Montréal ce soir pour un concert acoustique à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, dans le cadre du festival Montréal en lumière. Un dernier spectacle tout en grâce et en élégance pour conclure cette tournée acoustique qui avait donné lieu à un album live acclamé du public et de la critique: Une Nuit à Versailles.

Ceux qui se sont procurés cet item (disponible au Québec depuis décembre dernier) n’auront peut-être pas eu droit à beaucoup de surprises à la Place des Arts. La grille de chansons étant semblable à celle de l’album, l’effet de nouveauté de ces versions revisitées s’est un peu dissipé, mais il n’en demeure pas moins que l’occasion était belle pour admirer en chair et en os une interprétation très maîtrisée de ces sublimes arrangements signés Albin de la Simone et de se laisser séduire par l’envoûtante présence de la chanteuse.

Formant un demi-cercle pratiquement symétrique, les quatre musiciens – le guitariste François Lasserre, le bassiste Pascal Colomb, le percussionniste Raphaël Chassin et Albin de la Simone au piano électrique – et le quatuor à cordes semblaient en parfait contrôle des nuances finement préparées par le directeur musical de cette expérience.

Tout comme pour les versions endisquées, la force de cet exercice est de parvenir à relier les éléments hétéroclites d’une discographie étalée sur des époques et des courants très variés. Autrement, il aurait été difficile de construire un momentum avec des titres comme Joe le taxi, Divine Idylle et Sunday Monday se voisinant.

D’autant plus que cette sublime instrumentation formait l’environnement parfait dans lequel la belle Française pouvait se sentir à l’aise, un canevas idéal pour y déposer sa voix de gamine franchement bien mûrie et toute aussi sulfureuse qu’à ses belles années.

Bien entendu, la présence de scène de Vanessa Paradis ajoute du piquant à l’ensemble. À 38 ans, l’actrice et chanteuse se tortille et se déhanche avec la même sensualité qu’à ses 18 ans, à l’époque de Tandem.

Son énergie rayonnante lors de titres tels Il y a (à la toute fin), L’incendie, Chet Baker et Dans mon café séduisait l’oeil autant que l’ouïe.



Vanessa chante Félix

Évidemment, l’interprète a ajouté quelques reprises à sa grille de chansons.

Surement dans le but de donner une certaine saveur « locale » à sa seule prestation en sol québécois, Vanessa Paradis a entonné le classique de Leonard Cohen, Hallelujah. Une jolie version bien sentie qui a presque fait oublié le manque d’originalité dans le choix du titre.

Une autre reprise a toutefois semblé prendre tout le monde par surprise: Le P’tit Bonheur de Félix Leclerc, que Vanessa Paradis admet avoir chanté régulièrement depuis qu’elle est toute petite. Encore une fois, les arrangements (tout en guitares) faisaient preuve de créativité et de bon goût, tout comme la retenue démontrée par la chanteuse.

Parmi les autres titres très réussis, notons l’inventive mise à jour de Joe le taxi où le saxophone kitsch laisse place à un habile jeu de kalimba joué par la chanteuse elle-même, ainsi que La Vague à lames (une composition de Gainsbourg, rien de moins) où les mains de Vanessa et d’Albin se complètent pour créer la mélodie sur un tapis piano.

* * *

Première partie par Albin de la Simone

Qui de mieux pour assurer la première partie du concert que le responsable des arrangements lui-même: Albin de la Simone.

Le grand gamin français a offert une courte prestation de 5 chansons seul au piano.

Albin de la Simone a notamment pris soin d’inclure À Quoi, un duo habituellement complété par Stéphanie Lapointe (sur son album Donne-moi quelque chose qui ne finit pas), ici interprété seul.

Elle aime, J’ai changé, la coquine Non merci et l’entraînante Avant tout ont complété cette charmante démonstration du charisme de l’excentrique chansonnier français.

Albin de la Simone sera en spectacle solo mardi soir (22 février) à l’Astral, toujours dans le cadre du festival Montréal en lumière.

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Grille de chansons:
Pourtant
Que fait la vie?
Junior Suite
Scarabée
Dans mon café
Marilyn & John
Chet Baker
Bliss
St-Germain
Hallelujah (reprise de Leonard Cohen)
When I Say
What a Wonderful World This Would Be (reprise de Sam Cooke)
Sunday Monday
Joe le taxi
Be My Baby
Le Temps de l’amour (reprise de Françoise Hardy)
L’Incendie

Rappel
La Vague à lames
Dis-lui toi que je t’aime
Divine Idylle
Tandem

Rappel 2
Jackadi
Le P’tit Bonheur
Il y a

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Albin de la Simone (première partie)

Elle aime
j’ai changé
À quoi
Non merci
Avant tout

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