Half Moon Run

Critique concert: Half Moon Run lance « Dark Eyes » à la Sala Rossa de Montréal

Lundi 2 avril 2012 – Sala Rossa (Montréal)

On aurait cru qu’un groupe établi jouissant d’une réputation internationale enviable s’était arrêté à la Sala Rossa ce soir tellement l’engouement était palpable sur place. Il s’agissait pourtant du concert-lancement du tout premier album d’une formation locale: Half Moon Run.

Devon Dunn-Portielje. Photo par Marc-André Mongrain.

La petite salle sur la Main débordait de jeunes mélomanes; certains fans attendaient même en file à l’entrée, au cas où des places se libéreraient.

Le chanteur guitariste Devon Dunn-Portielje, son comparse guitariste claviériste Conner Molander et le batteur Dylan Phillips se sont pointés sur scène avec l’assurance d’une troupe de vétérans.

Et pour cause: tout leur sourit ces temps-ci. Avant même la parution de leur premier album – l’excellente carte de visite indie-rock Dark Eyes leurs présences aux diverses vitrines qui leur ont été offertes (M pour Montréal, Bourse RIDEAU, SXSW et Canadian Music Week notamment) ont fait flèche de tout bois. On en parle comme des prochains Arcade Fire, d’un succès critique assuré qui s’occupera de mousser la réputation du jeune groupe.

Leur talent commence déjà à trouver résonnance aux quatre coins du globe; des dates sont d’ailleurs prévues pour l’ensemble du Canada, les États-Unis, l’Australie, l’Europe et l’Asie.

 

Un peu plus de précision, un peu moins d’intensité

Sur la scène de la Sala Rossa, les trois musiciens assurent, mais on remarque déjà que la performance proposée se perfectionne et s’assagit.

Conner Molander. Photo par Marc-André Mongrain.

L’intensité, qui s’imposait comme trait de caractère principal lorsqu’on les a vus en vitrines, est parfois relégué au second plan à la faveur d’une précision sonore presque aussi exquise. C’est l’expérience qui rentre.

L’interprétation de certains titres de Dark Eyes ne se démarque pas particulièrement de l’écoute sur album, par contre, 21 Gun Salute, qui clôt l’album mais débute la prestation, est plus brute; Need It semble être encore plus posée et délicate que dans nos écouteurs, mais plusieurs autres titres prennent les mêmes traits, empruntent exactement les mêmes tempos que sur le disque. On souhaiterait parfois un peu plus de folie, de démesure dans les crescendos.

Rien à redire toutefois sur les harmonies vocales: une autre des forces de Half Moon Run. Les voix de Dunn-Portielje et Molander, auxquelles s’ajoutent parfois celle de Phillips, visent rien de moins que le sublime et l’atteignent plus souvent qu’autrement.

Devon Dunn-Portielje. Photo par Marc-André Mongrain.

La prestation s’est déroulée comme ça, comme une rencontre avec des mélomanes qui semblaient déjà les connaître à fond et qui les voyaient à l’oeuvre, en parfait contrôle de leurs compositions comme un groupe qu’on pourrait transposer tel quel dans une salle quatre fois plus grande.

Il ne restait plus qu’un titre au disque lorsqu’est venu le temps du rappel. Half Moon Run s’est alors adonné à une reprise: la très jolie Vampire du collectif indie rock vancouvérois Pink Mountaintops. S’ensuivit Give Up, qui rappelle immanquablement Reckoner de Radiohead, puis un blues au sujet du « rock’n’roll lifestyle », non-identifié mais fort appréciable.

La foule en redemandait, mais le trio avait déjà présenté tout le matériel à leur répertoire.

Il y a un an, tout au plus, les plus à l’affût commençaient à voir le nom de Half Moon Run circuler. Le bruit courait au sujet d’un premier album, qui n’a pas déçu.

Déjà, le petit trio d’Anglo-Canadiens installés à Montréal, le trésor caché des aficionados de l’indie rock local prend du galon d’un mois à l’autre et prend les traits d’un groupe bien rodé, prêt à parcourir la planète et séduire tout un chacun.

 

Grille de chansons

1. 21 Gun Salute
2. Call Me In The Afternoon
3. Nerve
4. No More Losing The War
5. Judgement
6. Need It
7. Drug You
8. Fire Escape
9. Full Circle
10. She Wants To Know

Rappel
11. Vampire (reprise des Pink Mountaintops)
12. Give Up
13. ?

Vos commentaires