Groovy Aardvark

Critique concert: Groovy Aardvark aux FrancoFolies de Montréal (aussi: Galaxie, Amylie, Fanny Bloom)

Samedi 9 juin 2012 – Quartier des Spectacles (FrancoFolies de Montréal)

Pour souligner les 25 ans de Groovy Aardvark, les FrancoFolies de Montréal ont offert à Vincent Peake (à qui c’était également l’anniversaire) et ses acolytes rien de moins qu’un samedi soir sur la grande scène de la Place des Festivals. Groovy Aardvark en a profité pour livrer un bon concert rock énergique et soutenu.

Vingt-et-une heure tapant. Les festivités étaient lancées avec l’interprétation convaincante de la chanson Ultra-sonde. Ça augurait bien. C’est alors que Vincent Peake s’est exclamé: « Merci! Bonsoir! ». Les accolades, les salutations à la foule, puis les quatre musiciens quittent la scène. Après une seule chanson. Il est 21h05…

Vincent Peake, de Groovy Aardvark. Photo par Victor Diaz Lamich.

Évidemment, la foule en redemandait et le groupe ne s’est pas fait prié pour revenir et offrir « le plus long rappel de l’histoire des FrancoFolies »! Habile subterfuge, qui donnait le ton à une soirée rock’n’roll teintée de l’humour sans détour du chanteur et bassiste Vincent Peake.

Le « rappel » a commencé par le classique Y’a tu kelkun?, qui a permis au groupe de mettre le public dans sa poche. La bande a beau donner dans le punk rock et le hard rock, le charisme de Peake et l’énergie de la prestation semblaient plaire autant aux adeptes du genre qu’à la portion plus familiale de la foule.

Groovy Aardvark a interprété autant des titres relativement récents (Le coeur est une bombe) que des classiques, comme Le Sein matériel, Amphibiens, Boisson d’avril, Localvicie et 64, rebaptisée 78 pour s’ajuster aux préoccupations des derniers mois.

Groovy Aardvark. Photo par Victor Diaz Lamich.

Évidemment, Marc Vaillancourt (du défunt groupe B.A.R.F. et de la bien-vivante formation Les Ékorchés) est venu faire son tour pour beugler Le P’tit Bonheur, tel que l’avait réinventé Groovy Aardvark au milieu des années 1990. Parlant de « réinventer » un classique, le quatuor a aussi repris Le Reel des soucoupes volantes de la Bottine Souriante de belle façon.

« Vive la musique avec de la belle distorsion! », s’est exclamé Vincent Peake, juste avant d’entonner Dérangeant et leur éternelle Té Triss, bâtie autour du thème du jeu vidéo Tetris.

Bien sur, le matériel de Groovy Aardvark semble un peu figé dans le temps, mais l’interprétation inspirée de Vincent Peake, des guitaristes Martin Dupuis et François Legendre et du batteur Pierre Koch ont ajouté de l’énergie à une soirée qui s’annonçait pourtant strictement nostalgique.

 

Galaxie avant la nuit

Ce n’est surement pas un hasard si le concert qui suivait la prestation de Groovy Aardvark était celui de Galaxie. Dignes successeurs de Groovy, les quatre gars de Galaxie et leurs deux choristes ont offert ce qu’ils font de mieux: du bon rock’n’roll bien intense.

Concert après concert, Olivier Langevin démontre qu’il est sans doute le principal rockeur moderne du Québec, multipliant les solos et les riffs intenses, dans un esprit de jam semi-improvisé avec ses collègues.

Que l’on soit fan ou non, l’énergie déployée par Galaxie sur scène est contagieuse et les rythmes irrésistibles. Camouflar et Piste 1 se sont particulièrement démarqué.

Galaxie. Photo par Victor Diaz Lamich.


 

Début de soirée en pop féminine avec Amylie et Fanny Bloom

Si la fin de soirée suintait la testostérone, c’est plutôt la « pop féminine » qui dominait la programmation en début de veillée.

À 19h, Amylie s’offrait le luxe d’un concert à 9 musiciens sur la grande scène de la Place des Festivals. La chanteuse et guitariste pouvait ainsi rendre justice aux arrangements foisonnants de son plus récent album Le Royaume, avec ensemble de cuivres, violoncelle et tout.

Amylie a su construire une grille de chansons efficace avec les meilleures chansons de chacun de ses deux albums et s’est mérité l’attention du public plutôt familial réuni devant la grande scène.

Sur le coup de 20h, Fanny Bloom, elle, a lancé son spectacle avec le déjà-traditionnel « tapage de casseroles ». Quand on considère que Dionysos, Chinatown, Monogrenade et NSD ont déjà exploité la même idée en 2 jours de FrancoFolies, on serait tenté de dire que le concept n’est déjà plus très original, mais soulignons, au moins, que Fanny Bloom et ses musiciens ont su l’intégrer de façon plus ingénieuse à l’introduction de leur spectacle.

L’ex-leader de La Patère Rose proposait, pour la première fois aux FrancoFolies, le fruit de son labeur solo. Les premiers titres (La Barque et Ce que je voudrais) ont paru un peu brouillons, la voix de Fanny Bloom oscillant de façon assez évidente. Le même constat s’imposait pour la délicate Shit.

Heureusement, les titres plus rythmés ont sauvé la mise, notamment Parfait Parfait, ainsi que Millepertuis et Respirer la fumée, vers la fin de la prestation. Non seulement la bande de musiciens paraissait plus en contrôle de ces chansons, mais la chanteuse semblait aussi maîtriser davantage sa voix.

Fanny Bloom a conclu sa prestation sur la scène Sirius avec une jolie surprise, l’un des plus beaux moments des FrancoFolies à date: une interprétation inspirée de Mon Pays de Claude Léveillée, décédé il y a un an jour pour jour.

Le ton de cette reprise jurait un peu avec le reste de la performance, mais ça en valait le coup. Très jolie finale à une prestation en dents de scie.

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