M.I.A.
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Critique CD: M.I.A. – /\/\ /\ Y /\ (Maya)


M.I.A.

/\/\ /\ Y /\ (Maya)

Avec son nouvel album /\/\ /\ Y /\ (ou Maya), M.I.A. démontre que l’audace a un prix : l’imperfection.

Mais même avec quelques ratés et habitée par un désir un peu trop présent de choquer, la musique de M.I.A. demeure ce qui se fait de plus provocant et de stimulant sur la scène pop dansante.

Aussi iconoclaste que sa pochette, ce troisième disque de la Sri-lankaise devenue britannique ne laissera personne indifférent avec sa production saturée, ses rythmes souvent constitués de bruitages atonaux et ses propos déroutants, plus souvent récités que chantés.

Il suffit de se tailler un chemin à travers cette surface dense et, avouons-le, un peu hostile pour constater que le cœur de la majorité des chansons présentes est digne d’une écoute attentive.

Départ ahurissant

La première impression déconcerte. The Message, une courte introduction robotique de moins d’une minute, va droit au cœur de la cyber-paranoïa avec une économie de mots: «Armbone connects to the handbone / handbone connects to the internet / Connected to the Google / Connected to the Government ».

La folie se poursuit au second titre, Steppin Up, qui démarre sur une symphonie de bruits de rénovation (!) pendant qu’une voix bourrée de distorsion balance des propos incompréhensibles et s’amuse à faire rebondir les syllabes. Cette relecture de la musique industrielle ébranle mais révèle ses charmes une fois le choc passé.

L’étrangeté se dissipe dès la troisième pièce et ne reviendra que sporadiquement (pour la bruyante Meds and Feds par exemple), si ce n’est de colorer quelques titres tout en laissant l’essence de ceux-ci (des rythmes grisants et une mélodie accrocheuse) faire le gros du travail.

Un soupçon de potentiel commercial

D’ailleurs, même si le potentiel commercial de Maya repose davantage sur l’artiste et sa réputation,  M.I.A. n’a pas omis d’inclure quelques extraits taillés sur mesure pour la radio.

XXXO ne remplacera peut-être pas Paper Planes dans le cœur des fans de la première heure, mais propose néanmoins une des mélodies les plus agréables que M.I.A. ait produit à date.

L’étrange reggae onirique de It Takes a Muscle, la sexy Teqkilla et la violente Born Free sont d’autres attraits qui s’apprécient dès la première écoute.

Certains titres ratent toutefois la cible : Story To Be Told, It Iz What It Iz et Tell Me Why paraissent bien banales à côté de titres aussi insoumis aux standards de la pop que sont les autres.

Il fait quand même bon de se lancer dans une écoute aussi étourdissante… à condition d’avoir le cœur à l’aventure.

Moments forts:
Born Free, Steppin Up, XXXO, Meds and Feds, Teqkilla

Moments moins forts:
Tell Me Why, It Iz What It Iz, Space

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