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Critique album | Thrice – Anthology

Thrice - Anthology Thrice Anthology

Quand on meurt, semble-t-il, on voit le film de notre vie défiler. Avec Anthology, on entend la trame sonore de la vie de Thrice, qui nous annonçait cette année son retrait définitif semble-t-il temporaire – bien qu’il n’y ait plus de nouveaux projets et concerts de prévus pour le groupe – de la scène musicale. Et comme solennels adieux, comme funérailles, rarement il se sera fait mieux que ce coffret.

Visiblement pas du genre à faire les affaires à moitié, les gars de Thrice font d’une pierre trois coups avec ce survol (final?) de leurs 14 ans de carrière.

D’un, ils offrent une performance–révérence à leur audience endeuillée, de deux ils en font un album live (double), de trois ils y vont en formule demande spéciale, ayant pris le soin de laisser leurs fans voter à l’avance pour les chansons qu’ils désiraient entendre.

Faut être de mauvaise foi pour faire la moue devant l’offre. Plus que ça, ils te font un lunch, ces Thrice.

Si les albums live sont souvent plutôt des artéfacts pour amateurs déjà conquis, et les compilations, à l’inverse, des outils de découverte pour les nouveaux venus, c’est dire qu’un florilive (ouaip, néologisme alliant habilement florilège et live. Merci.), c’est un câlin collectif. Ça devrait faire sourire tout le monde.

Ce qui est surtout frappant à l’écoute de ce câlin, c’est de voir à travers la sélection du public, même si, évidemment, elle se constitue plus de classiques et de singles que de pièces obscures, toute la mutation qui s’est lentement effectuée au cœur de l’approche musicale du groupe.

De plus en plus rares sont les formations qui ont la chance de pouvoir évoluer de manière cohérente, au rythme des pas personnels de ses membres plutôt qu’au rythme des coups de pied au cul de la compagnie mère.

Il y a déjà quelques albums que Thrice joue dans la cour du rock plus progressif, laissant ses jouets post-hardcore dans le jardin, et c’est revitalisant de les entendre gueuler à nouveau, qu’on soit nostalgique de l’époque plus pesante et satisfait de retrouver cette agressivité ou alors néophyte et heureux de découvrir une facette oubliée du groupe.

Se côtoient donc le punk-métal des débuts (T&C et ses riffs style jeune Avenged Sevenfold), le métalcore (To Awake And Avenge The Dead) et les moments d’accalmies plus contemporains (Beggars, Come All You Weary), tous portés par l’impressionnant registre vocal de Dustin Kensrue.

Pour les curieux, voir l’album solo folk-blues de Kensrue, ça vaut l’écoute.

La voix de ce dernier lui fait d’ailleurs pardonner son léger manque d’entrain entre les chansons, genre quand il demande au public de taper des mains, mais EN MÊME TEMPS QUE LE HI-HAT. Soit il n’est pas particulièrement à l’aise et charismatique, soit ça lui tentait moyen ce soir-là.

Fais un effort, Dustin, c’est l’enregistrement qui clôt peut-être toute l’aventure… On verra bien.

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