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Critique Album: Alt-J – An Awesome Wave

alt-J - An Awesome Wave alt-J An Awesome Wave

Le groupe anglais Alt-J (ou ∆, pour les puristes) fait offrande à l’Amérique du Nord de son petit premier, An Awesome Wave, qui arrive dans nos bacs aujourd’hui même. Le plus récent « buzz band » du monde de l’indé mérite-t-il l’attention qu’on lui porte ? Mets-en.

Parce que oui, engouement il y a. Allégation hors de tout doute raisonnable prouvée par le fait que le concert montréalais de ces messieurs, prévu ce soir lui aussi, a déjà été déplacé du Petit Campus au Café Campus, question de répondre à une trop forte demande. (N.D.L.R.: Malgré le changement de salle, le concert affiche tout de même complet…)

Donc il se passe quelque chose avec l’isocèle formation.

* Parenthèse informative : « Alt-J » – et les plus in d’entre vous pourront le vérifier – c’est le raccourci clavier sur Mac qui donne ceci : ∆. Mais force est d’admettre que de prononcer « ∆ », ça va bof.

Mais ce n’est pas l’utilisation du très à la mode triangle qui confère son pouvoir au groupe. Tout est plutôt dans la musique. Le présent album réussi l’olympique exploit de sortir l’indie-pop-rock d’une phase de sursaturation des Foster the people et autres jumeaux.

Et chose impressionnante, aucune trace de dubstep sur An awesome wave. N’en déplaise aux fans de Muse.

Ce qu’on y trouve, par contre, ce sont des arrangements complexes alliant douceur organique et pesanteur électro. Des titres comme Tessellate (voir vidéoclip ci-bas) et Fitzpleasure en étant les plus éloquents exemples. Des mélodies et harmonies vocales très pop menées par la voix on-ne-peut-moins pop du chanteur Joe Newman. Une voix singulière, tantôt nasillarde, tantôt chaude.

Pensez à un genre de progéniture de Billy Corgan et Lana Del Rey. Enfant qui serait, c’est fort probable, fabuleusement laid. Mais, mettons, la voix de ce jeune-là.

BREF. Joe Newman chante bien, mais ça pourrait ne pas plaire à tous, c’est là qu’il faut en venir.

Puis l’écriture est approchée de manière très progressive. Les tempos changent parfois à de multiples reprises à l’intérieur d’une même chanson, on prend le temps de construire et déconstruire les moments d’intensité et les sonorités sont plus qu’éclectiques.

De la grosse basse, des passages de chant liturgique a cappella, des instruments traditionnels indiens.

De plus en plus de groupes brouillent les frontières du commercial et de l’expérimental, mais Alt-J est sûrement l’un de ceux qui maîtrisent le mieux les deux aspects.

Seul point faible : de petites interludes ici et là (trois au total) et quelques chansons, contrairement à d’autres, très peu mémorables viennent laisser planer le doute qu’un travail de remplissage aurait été effectué. Sur treize pièces, trois interludes non nécessaires et, disons, trois autres titres faibles, c’est beaucoup.

S’il n’y avait eu que le travail plus complet, quitte à réduire le format au EP, on aurait ici affaire à l’un des albums de l’année.

* Alt-J sera en concert ce mardi 18 septembre au Café Campus, à Montréal.

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