Courtney Barnett

Courtney Barnett au Métropolis | Le revival grunge dans toute sa splendeur

Si la mode musicale passe du synthé 80’s aux rutilantes guitares du grunge prochainement, il faudra sans doute compter Courtney Barnett parmi les figures de proue de ce revival tant attendu. Elle en a fait la démonstration devant un Métropolis plutôt bien rempli (le show étant originalement prévu au Théâtre Corona) avec une heure et quart de chansons rock de qualité sans paillettes ni flafla.


Difficile de passer sous silence l’impression Nirvanesque que laisse le trio de Courtney Barnett. Déjà, l’instrumentation rudimentaire brille par sa simplicité : une guit’, une basse, une batterie.

Au-delà de son prénom, Barnett rappelle aussi Cobain d’une façon désarmante : cheveux mi-longs en broussaille, t-shirt tout sauf trendy, attitude un peu punk et Jaguar gauchère. De ses doigts, elle fait rugir la guitare aux tonalités graveleuses, parfois enduite de tremolo, et termine généralement ses tounes dans un maelström sonore digne des belles années de Nevermind.  C’est lousse, pas toujours pile sur la note, mais quelle dégaine!

Pas très jasante, elle n’a que faire des apparences, de la bienséance, du sens du spectacle lisse et gentillet. Cela ne veut pas dire qu’elle fait la gueule, bien au contraire, elle est plutôt souriante. Mais il n’y a pas de mise en scène qui vaille, ici, à peine quelques projections en boucle sur l’écran derrière, rien de très distayant. C’est tout pour la musique ou restez chez vous. Ce sera d’ailleurs court (une heure et un rappel), direct, honnête et par moments passablement bruyant.

Ça commençait pourtant plutôt molo, avec Dead Fox, et quelques titres plus légers, presque pop. On compte notamment An Illustration Of Loneliness (Sleepless In New-york) à ce lot, mais c’est là que ça commence à lever.

Après la bluesy Small Poppies, la très appréciée Depreston, et Three Packs a Day (nouvelle chanson qu’elle larguait comme ça sur les Internets en février dernier), on passait aux choses sérieuses avec le hit Pedestrian At Best, et la force de frappe n’allait pas s’assagir. Are You Looking After Yourself se termine en incendie, la Dylan-esque Elevator Operator aussi, tout comme Avant Gardener juste avant le rappel.

Après une reprise solo de Paid To Smile des Lemonheads – l’histoire du respect mutuel entre Evan Dando et Courtney Barnett étant bien documentée – il ne restait que la Violent-Femmesque Pickles From The Jar et Nobody Really Cares If You Don’t Go To The Party, sans doute la chanson la plus emblématique du « son Barnett ».

La chanteuse australienne est non seulement une interprète rafraîchissante par son authenticité grunge, mais aussi une auteure-compositrice particulièrement douée, et c’est peut-être là le principal bémol du spectacle : sa prononciation approximative et la sono générale du concert empêchent de bien capter les subtilités de ses textes bien ficelés. Une chanson comme Lance Jr. par exemple ne brille pas autant qu’elle le devrait si on écarte la puissance surprenante des mots proposés sur cette musique presque nonchalante. L’excellente Kim’s Caravan n’a pas la même force non plus si on ne peut absorber convenablement la puissance des inquiétudes écologiques véhiculées.

En ce sens, dur à dire si le concert a pu plaire aux néophytes moins familiers avec l’oeuvre de Courtney Barnett, mais sans doute que l’énergie brute a suffi. La foule semblait toutefois majoritairement familière avec la plupart des chansons, et son passage au Métropolis aura été visiblement très apprécié.

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