Big Bang Festival

Big Bang Festival | Une aventure musicale à hauteur d’enfant

Un théâtre envahi par les enfants, des musiciens à hauteur de regard et des couloirs habituellement fermés qui deviennent terrain de jeu : le Big Bang Festival a transformé le Grand Théâtre de Québec en vaste laboratoire musical ce dimanche. Présentée par Les Incomplètes et le Grand Théâtre, cette troisième édition propose une immersion où la musique devient espace de jeu, de découverte et surtout de proximité. Pendant toute une journée, le théâtre s’ouvre autrement : on circule librement dans des lieux habituellement inaccessibles, chaque recoin devenant prétexte à l’émerveillement.

Ce qui frappe, ce sont les regards brillants et les points d’interrogation lumineux dans les yeux des enfants, face à ces artistes colorés, libres et maîtres de leur art. Sous ce regard neuf, l’improvisation semble d’ailleurs se déployer avec encore plus de spontanéité.

À l’entrée, miroirs et ampoules d’arrière-scène accueillent les visiteurs ; on peut fabriquer un masque, se préparer pour l’art, entrer dans l’expérience. Les enfants montent sur scène, s’assoient tout près des musiciens ; le quatrième mur disparaît. Ils ne sont pas des élèves, mais des spectateurs à part entière. Ils absorbent du merveilleux, et la curiosité s’en charge.

bigbangfestival* Photo par Stéphane Bourgeois.

Big Bang propose de la musique de concert, des propositions rares, parfois des premières, parfois bruitistes, souvent improvisées. Les micro-concerts d’une quinzaine de minutes s’enchaînent comme des dégustations musicales, rendant accessibles des univers que l’on entend peu ailleurs.

Impossible de tout voir, tant la programmation déborde, mais parmi les propositions marquantes, Fanfafred+ impressionne par son énergie. Dirigée par le chef Fred Lebrasseur, maître de l’art du soundpainting. Il compose en temps réel et dirige à partir de signes précis quatre cuivres, un EWI et trois percussionnistes. Les idées circulent librement, captées au vol et transformées en architecture sonore instantanée. La musique surprend, dans une drôle de cacophonie organisée qui fait danser et rire. Dans les yeux des enfants, l’étonnement est palpable : quelque chose d’inusité est en train de se produire.

L’atelier « Solo pour toi », où une violoncelliste attend avec son grand sablier, intrigue l’enfant en l’invitant à en retourner le sable. Puis, le temps d’un sablier, elle lui improvise un moment musical personnel. L’atelier « Musique dessinée », où des mini-pièces prennent forme à partir de dessins réalisés en matinée, intègre également le public au processus de création. Autant de gestes qui déplacent le rapport à la musique. Tout est pensé pour stimuler la curiosité sans jamais tomber dans le didactisme.

incompletes laurenceNé en Belgique il y a trente ans, le concept Big Bang Festival s’est déployé en Europe, au Brésil et au Canada, avec des éditions à Vancouver, Ottawa et Québec. « Il y a des jalons obligatoires », dit Laurence Primeau-Lafaille, fondatrice et codirectrice artistique des Incomplètes. Elle précise ces jalons : une fanfare, une loge musicale, des micro-concerts, une grande proximité avec les artistes et une accessibilité à bas prix dans un lieu grandiose. L’objectif est simple et ambitieux : permettre une rencontre vraie entre les enfants, les créateurs et des formes musicales exigeantes.

Les Incomplètes souhaitent que le lieu culturel accueillant le Big Bang Festival puisse appartenir aux enfants et à la communauté, le temps d’une journée, et le Grand Théâtre rend cette ambition possible. Un salon d’écoute de berceuses au dernier étage, un espace de relaxation aux mélodies autochtones, une salle multisensorielle et un espace d’allaitement. Un concert de proximité avec le joyeux groupe Naxx Bitota, un dîner-concert dans les aires de la Nouvelle-France avec costumes d’époque et instruments traditionnels : on se surprend à explorer comme un enfant, de peur de manquer quelque chose.

Tout au long de la journée, cinq jeunes ambassadeurs accueillent le public et présentent les spectacles. « C’est un festival sans pensées noires », lance l’un. « C’est la chance de voir les endroits cachés du théâtre », dit un autre. « Je n’avais jamais entendu de l’opéra avant. » « C’est comme voyager sans voyager. » Ces phrases suffisent à mesurer la portée de l’événement. Machin Club, de son côté, a contribué à la promotion en interviewant les artistes de cette édition dans son segment radiophonique sur CKRL 89.1.

Big Bang n’est pas qu’un festival. C’est une manière d’habiter la musique. Et dans ces regards d’enfants, on comprend que la musique ne se transmet pas : elle s’allume.

 

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