Nancy Boulay
Collaboratrice (Qc) Pour rejoindre Nancy: abhffbz@vpybhq.pbzMaxim Martin au Centre d’art La Chapelle | Quand l’humour devient une manière de se tenir debout
Dans la petite salle intime du Centre d’art La Chapelle, Maxim Martin entre en scène accompagné d’Aura, son chien d’assistance. Un duo inattendu, qui prend possession de l’espace avec une assurance calme. À chaque mouvement du chien, le public laisse échapper un « honnn » unanime, comme si cette simple présence rappelait ce qu’il reste d’humain, même dans les soirées où l’on croit venir uniquement pour rire. Et déjà, quelque chose se dépose dans l’air : la promesse que derrière les blagues, il y aura la vérité d’un homme qui a traversé la vie sans jamais complètement s’y appuyer.
Alex Roy à la salle Albert-Rousseau | Quand le ridicule révèle ce qui tient le monde debout
L’humour devient parfois une façon douce de relire ce qui nous échappe. Hier, à la salle Albert-Rousseau, Alex Roy a offert un spectacle où les images du quotidien se renversent, se déploient et se transforment en petites vérités qu’on reconnaît trop bien. Dans une salle pleine qui réagissait à chaque dérapage contrôlé, l’humoriste a partagé des histoires qui parlent de famille, de fatigue, de maladresses humaines et de ces moments où l’on rit de travers, comme pour arriver à garder son équilibre.
Alicia Moffet à l’Impérial | Quand la scène est l’endroit où tout fait du sens
Hier soir, l’Impérial a vibré sous l’énergie d’une Alicia Moffet entièrement assumée, lumineuse et instinctive, livrant un spectacle où la sincérité prenait toute la place. Une soirée qui, dès les premières notes, installait ce quelque chose de familier et d’inattendu à la fois, cette impression d’entrer dans son univers, sans filtre, sans faux-semblant, comme si, sur scène, l’artiste redevenait elle-même.
L’amour ou rien au Trident | Quand le corps cherche ce que les mots sont incapables d’expliquer
La soirée s’ouvre d’une façon rarement vue au théâtre. Sur scène, avant même la première réplique, la metteuse en scène Mélanie Demers reçoit le prix Molson de la présidente du Conseil des arts du Canada. Longue présentation, remerciements sentis, prise de photos… Une parenthèse solennelle, suspendue, où le public assiste à un moment d’histoire, sans trop savoir si cela fait partie du spectacle ou s’il faudra bientôt changer d’état d’esprit. Puis, quand la salle plonge dans le noir, une fanfare militaire se fait entendre. Personne n’apparaît encore sur scène. On se croirait au bord d’une parade, dans cette seconde étrange où les échos d’une troupe précède son apparition. L’amour ou rien commence comme ça : par un son avant un sens, par un pas avant une direction.
Mike Beaudoin à la Salle Albert-Rousseau | Un spectacle simple et épuré qui fait du bien
Certains soirs, on pense qu’on va rire, juste rire, mais on se surprend à recevoir beaucoup plus: une claque de différence, une secousse de vérité, un rappel que certains ne jouent pas à être drôle, qu’ils sont drôle jusqu’à la moelle. Hier, à la Salle Albert-Rousseau, Mike Beaudoin a offert Acharné, un spectacle dépouillé, un tabouret, une toile blanche, presque rien, comme pour laisser toute la place à qui il est réellement: un être entier, sincère, audacieux souvent, authentique toujours. Dès les premières secondes, quelque chose se dépose doucement dans l’air, quelque chose qui dit: reste, ça va te faire du bien.
Katherine Levac : L’homme de ma vie à la Salle Albert-Rousseau pour une ultime représentation
Il y a des soirs où l’humour devient plus qu’un simple divertissement. Des soirs où une salle comble cherche à se reconnaitre dans les fragilités d’une autre, là, sous les projecteurs. Hier, pour la dernière représentation de L’homme de ma vie à la Salle Albert-Rousseau, Katherine Levac a offert bien plus qu’un spectacle: elle a offert un moment unique, un bref refuge éclairé par un grand arche bleu, un passage de franges qui s’ouvre comme une porte vers quelque chose de vrai, de tendre, d’aérien, de profondément terre à terre.
Lettres d’amour au Centre d’art La Chapelle | Quand les mots traversent les années et les silences
Au Centre d’art La Chapelle, Maude Guérin et Christian Vézina ont offert hier une soirée empreinte de tendresse et de vérités avec Lettres d’amour, la célèbre pièce de A. R. Gurney. Accompagnés du pianiste Yves Léveillé, ils ont prêté leur voix et leur émotion à Andrew et Mélissa, deux âmes liées depuis l’enfance, séparées par la vie, mais unies à jamais par la force des mots. Un amour impossible, souvent drôle, parfois orageux, toujours sincère.
Un nouveau jour au Théâtre de la Bordée | Et si le Québec avait dit oui?
À La Bordée, jusqu’au 22 novembre, le Québec se réinvente. Cette fois, le « oui » a remporté. Pas en 1980. Pas en 1995. Aujourd’hui. Un nouveau jour, comédie politique écrite par Jean-Philippe Baril Guérard et mise en scène par Michel Nadeau, imagine un pays qui vient tout juste de naître, à la suite d’un troisième referendum remporté à 52%. Et si l’indépendance ne résidait pas tant dans le geste de se séparer que de celui de se regarder enfin en face?
One Night Only au Premier Acte | Respirer, douter, exister
Chez Premier Acte, il n’y avait pas de scène au sens classique du terme. Juste un sol nu, habillé de gros blocs blancs aux formes différentes. Un espace pur où tout pouvait basculer. Là, une jeune femme attendait déjà, seule. Son regard oscillait entre la douceur et la concentration. Elle saluait chaque spectateur qui entrait dans la salle, sereine, présente, ancrée. Puis, après avoir accueilli tout le monde, elle a pris la parole pour introduire la représentation. La nervosité s’est alors emparée d’elle : ses mains se cherchaient, ses mots trébuchaient, sa voix tremblait. D’une sincérité désarmante, elle a remercié, prévenu, annoncé : il y aura un coup de feu, il y aura de la douleur, il y aura peut-être du malaise. Le ton était donné. One Night Only, création du collectif COMPLOT, se présente comme un solo théâtral éclaté, un cabaret à l’humour noir où la légèreté se frotte à l’indicible. Là où la mort côtoie le rire. Là où les mots servent à survivre un peu plus longtemps.
Nebulae de Valérie Milot à L’Anglicane | Quand les étoiles s’accordent à la harpe
Hier après-midi, à L’Anglicane, le temps s’est suspendu. Avant même que Valérie Milot n’entre sur scène, un message enregistré de Francis Reddy prépare doucement le public à plonger dans l’immensité. Nebulae, nébuleuse, annonce déjà la couleur : celle de l’univers, de la poussière d’étoiles, du mystère. Dès les premières secondes, la harpiste établit un pont entre l’astronomie et la musique, rappelant que ces deux mondes ne sont peut-être pas si éloignés.