Nancy Boulay
Collaboratrice (Qc) Pour rejoindre Nancy: abhffbz@vpybhq.pbzMéthadone Bertrand à La Bordée | Entre éclats de rire et infinie solitude
Il faisait encore clair dehors à l’entrée… et il faisait encore clair à la sortie. Entre ces deux moments, le Théâtre de la Bordée accueille Méthadone Bertrand, présentée en formule 5 à 7 jusqu’à la fin mars. Avant même que la fiction ne prenne place, le directeur artistique et général monte sur scène pour introduire la pièce, un moment chargé d’émotion puisque pour quiconque le sait, il s’apprête lui-même à tirer sa révérence après plusieurs années à la tête de l’institution. Puis, presque sans transition, la scène s’anime : Madame Bertrand et Félix passent par le public pour monter sur scène.. Et avec eux, un monde entier.
Pelch au Théâtre Petit Champlain | La simplicité d’un artiste qui chante comme on respire
Dans l’intimité chaleureuse du Théâtre Petit Champlain, Pelch a offert hier un spectacle à la fois simple, vivant et profondément humain. Une scène dépouillée, quelques instruments, une salle attentive et un public déjà conquis avant même la première note. Avant l’arrivée du chanteur, son acolyte Maxime Bergeron s’installe au clavier. L’atmosphère se met tranquillement en place, comme si tout le monde savait déjà que la soirée serait douce, complice. Puis, Pelch entre sur scène. La salle applaudit spontanément. Manifestement, plusieurs personnes aiment beaucoup l’artiste. Une soirée commence toujours d’une manière particulière lorsque le public chante déjà.
Le chiard au Théâtre de la Bordée | Quand l’honneur vaut plus que tout, même que l’argent
Une salle fébrile, un murmure qui circule entre les rangées […]
Bleu Jeans Bleu à l’Impérial Bell | Danser pour ne pas s’éteindre
Hier soir, à l’Impérial, la scène s’est teintée d’un bleu assumé, presque revendiqué. Bleu Jeans Bleu y présentait son plus récent spectacle, porté par un cinquième album et une ferveur intacte. Dès les premières minutes, une évidence s’imposait : le groupe a ses fans finis. Ceux qui connaissent chaque parole, chaque intonation, chaque silence entre deux refrains. Ceux qui n’attendent pas qu’on leur tende le micro pour chanter. Il y avait beaucoup de jeunes dans la salle, mais aussi des visages de tous les âges, réunis par ce besoin simple de chanter ensemble.
« Dernier tour de piste » de QW4RTZ | Deux ans pour apprendre à dire adieu
Hier soir, au Théâtre Petit Champlain, quatre silhouettes élégantes se sont placées en ligne droite face au public. Bien habillées, regards complices, postures assurées. Puis, les premières notes ont jailli, sans guitare, sans piano, sans batterie. Seulement des voix. Dernier tour de piste, de QW4RTZ, venait de commencer, et déjà la salle retenait son souffle, consciente d’assister à quelque chose de plus grand qu’un simple spectacle : le début d’un adieu étiré sur deux ans.
Charles Brunet (avec Anas Hassouna et Erickson Alisme) à la Salle Albert-Rousseau | Entre énergie délirante et fil conducteur introuvable
Une programmation qui promettait un regard frais sur une nouvelle génération d’humoristes, entre spontanéité, audace et désir de bousculer les codes établis.
La Mano 1.9 au Capitole de Québec | Quand La Mano transforme la scène en territoire vivant
Il y a des soirées où la musique devient plus qu’un simple spectacle : elle devient un trip de gang, un moment où les corps vibrent à l’unisson et où le quotidien se suspend. Hier soir, au Théâtre Capitole, La Mano 1.9 a transformé la scène en territoire vivant, mouvant, presque organique. Dans cette salle chargée d’histoire, habituée autant aux envolées symphoniques qu’aux performances contemporaines, le rap s’est imposé avec une énergie féroce et contagieuse. Dès les premiers beats lancé par les DJ, une tension visible s’est installée, comme une montée progressive vers le moment attendu, celui où l’artiste principal et son public se rencontrent enfin.
Pascal Cameron ou l’art de déranger intelligemment
Au Théâtre Petit Champlain, hier soir, Un spectacle de Pascal Cameron s’est imposé comme une prise de parole sans filet, un moment où l’humour sort de sa zone de confort, confronte parfois, explose de lucidité. Un titre volontairement banal pour une proposition qui ne l’est pas du tout: ce qui se joue sur la scène dépasse largement l’enchainement des blagues. Il y est question de fatigue, de corps, de classe sociale, de vieillissement, de morale contemporaine et de tout ce qu’on préfère souvent contourner plutôt que nommer.
Use et abuse | Quand l’art pousse son cri contre l’économie qui l’étouffe
Il y a des soirs où une scène devient un champ de bataille invisible, un territoire où deux forces qu’on croyait compatibles cessent soudain de se tolérer. Au Périscope, Christian Lapointe et Alix Dufresne ont livré une performance qui n’en est pas vraiment une, un geste vivant qui se tord et se réinvente sous les yeux du public, pendant qu’en arrière plan, sur un écran géant, le philosophe Alain Deneault expose sans détour Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art. Deux langages, deux rythmes, deux réalités qui se chevauchent sans se toucher vraiment, rappelant combien on a mélangé deux choses qui ne devraient jamais cohabiter : l’art et le capitalisme.
Casse-Noisette au Grand Théâtre de Québec | Quand la musique vibre, que les corps frémissent et que la magie recommence
Sous les hautes voûtes du Grand Théâtre de Québec, un hiver entier s’est posé sur la scène. Un voile translucide sur lequel tombe des flocons recouvre la scène. Derrière ce rideau diaphane, un paysage enneigé se devine : maisons givrées, ciel nocturne, branches chargées de neige… Tout un monde figé qui attend d’être animé. Dans la salle, la chaleur des manteaux déposés sur les sièges contraste avec cette blancheur immobile, prête à s’ouvrir. Le public, de tous les âges, remplit chaque rangée : de petits enfants dont les pieds ne touchent pas encore le sol, des amis venus se déposer dans la magie, des grands-parents qui perpétuent un rituel transmis année après année. Puis les lumières se font plus douces. L’Orchestre symphonique de Québec se prépare, un léger frisson traverse la salle, et l’instant se suspend. Sans qu’aucune note ne soit encore jouée, on sent déjà que quelque chose va s’animer derrière le rideau, comme si l’hiver lui-même n’attendait qu’un accord pour reprendre vie.