Karine Champagne
Collaboratrice (Qc) Pour rejoindre Karine: xnevarwnmmlznzn@tznvy.pbzLeif Vollebekk au Palais Montcalm | Un touche-à-tout, profondément touchant
Le 5 février 2026, en ce jeudi soir d’hiver, la Salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm est bien remplie.
Un public de tous âges et de tous horizons y prend place : mélomanes avertis, musiciens, jeunes et moins jeunes. Une foule dense, attentive, déjà conquise. Leif Vollebekk arrive avec une énergie fébrile, presque nerveuse — au sens le plus vivant du terme. Une énergie concentrée, active, intensément habitée. À peine entré sur scène, la musique démarre. Sans préambule. Comme un enfant incapable d’attendre la récréation, Vollebekk se jette dans la cour et use chaque seconde avant que la cloche ne sonne.
Marie-Jo Thério au Théâtre Petit Champlain | Une brèche dans le réel
6 décembre 2025, Théâtre Petit-Champlain, Québec. L’avant-dernière représentation de la tournée La Maline : 20 ans et quelques lunes a offert un moment suspendu, à la fois fragile et souverain. Marie-Jo Thério entre en scène comme une apparition familière, l’allure d’une voyageuse sans destination. Une main gantée tient une tasse de thé, les cheveux en désordre — un fouillis volontaire, attendu, presque scénarisé. Chaque détail raconte déjà une histoire.
Juulie Rousseau au Palais Montcalm | La Conférence des oiseaux
Il y a des concerts qui dépassent le cadre du spectacle. Celui de Juulie Rousseau relevait plutôt du rituel. Artiste complète, musicienne, chanteuse, auteure, compositrice, entrepreneure et ambassadrice de l’amour, Juulie irradie d’une lumière rare. Sa voix, vaste et libre, semble animée d’une mission : guérir, unir, apaiser. Une puissance maîtrisée, offerte sans résistance, comme un chant sacré dédié à l’humanité. Ce 25 octobre, dans la salle d’Youville du Palais Montcalm, un calme profond s’est installé. Un souffle collectif, presque méditatif, reliant scène et public dans une écoute suspendue. Ce n’était pas seulement un concert, mais une traversée vers soi. Juulie Rousseau, par sa présence humble et habitée, donne l’impression de canaliser quelque chose de plus grand qu’elle : un amour qui circule, se propage, s’élève.
Noga Erez au Théâtre Beanfield | Une visite qu’on espérait depuis longtemps
Ce moment tant attendu est arrivé le 12 octobre 2025 : Noga Erez, en chair et en groove, a enfin foulé la scène du Théâtre Beanfield. Et c’est grâce à cette salle montréalaise, audacieuse dans sa programmation, que plusieurs ont vu leur rêve devenir réalité. Dimanche soir, la salle était pleine à craquer, comblée par les fans venus célébrer la venue de l’artiste israélienne. Pour sa toute première tournée en Amérique du Nord, Erez faisait escale au Québec, entourée de ses complices Ori Rousso — génie du sampling, du synthétiseur et de la guitare — et Ran Jacobovitz, aux percussions et à la batterie électronique. Ensemble, ils forment un trio électro-pop redoutablement précis, ancrant chaque morceau dans un groove dense et viscéral, à la fois brut et raffiné.
Festival FONO 2025 | Trois jours d’immersion musicale au cœur du campus
Pour une deuxième année, le campus de l’Université Laval s’est métamorphosé en terrain de jeu musical grâce à l’équipe de Bleufeu. Du 11 au 13 septembre 2025, les espaces vacants et les boisés entre les pavillons ont été transformés en un véritable village éphémère. Facile d’accès, vaste, doté de tout le stationnement nécessaire, ce lieu semble avoir été créé pour accueillir un festival de cette envergure. Trois scènes, trois jours, une programmation qui embrasse un large spectre musical : tout était en place pour séduire autant les mélomanes curieux que les habitués de la scène locale et internationale.
Dix | Un voyage éclaté au Carré 150
Le Carré 150 de Victoriaville a offert, le 3 septembre 2025, une soirée à la hauteur de sa réputation : inventive, généreuse et profondément enracinée dans son histoire. Pour souligner ses dix ans, la salle a présenté DIX, une aventure artistique immersive et déambulatoire. Plus de cent artistes ont investi le lieu pendant près de trois heures de performances simultanées. Théâtre, danse, musique et arts vivants s’y croisaient dans un chaos parfaitement orchestré.
Cigale – Jour 2 | Québec et son trésor caché
Chaque expérience de spectacle s’accompagne de son propre bagage personnel. Dans la foule samedi, des milliers de vécus différents se croisaient. Pourtant, un même commentaire revenait au sujet de Cigale, qui, en seulement quatre éditions, est devenu un rendez-vous incontournable : « C’est mon événement préféré de l’été ».
Cigale – Jour 1 | Musique, groove et vibe californienne à la Baie de Beauport
Tel est le slogan de Cigale, et il reflète parfaitement l’expérience vécue. À quelques pas seulement des quartiers de Québec s’étend une plage et ses installations dignes d’une carte postale. Les 8, 9 et 10 août 2025, l’équipe de GESTEV a investi les lieux pour une quatrième édition remarquablement orchestrée. Entre la vue sur le fleuve, le sable fin, les stands variés et les espaces de détente, tout concourait à créer une atmosphère de vacances. Deux grandes scènes, installées avec soin, permettaient de vivre des moments musicaux qui valent même plusieurs heures de route.
Festival d’été de Québec 2025 – Jour 10 | Kinkead et Comment Debord : la musique Québ en fête
Au FEQ, sur la scène de la Place D’Youville le 12 juillet dernier, une soirée thématique était dédiée à la musique Québ. Cette musique francophone façonnée au Québec et qui porte les couleurs locales : la langue, la poésie, les préoccupations sociales, les grooves folk-pop ou indie. Plus qu’un genre, un véritable marqueur culturel. Le programme du soir promettait un voyage bien de chez nous avec Douance, Kinkead et Comment Debord.
Festival International de Jazz de Montréal 2025 – Jour 10 | Esperanza Spalding en toute audace
Pour cette dernière soirée de la 45e édition du Festival International de Jazz de Montréal, la scène s’ouvre sur un piano à queue. Esperanza Spalding y improvise des accords puissants, frappés avec ardeur, sculptant un espace sonore qui appelle à l’écoute. D’emblée, un dialogue s’installe, sans préambule. L’intention est claire, directe, presque brutale : dans son pays, ça chauffe. Une voix intérieure semble jaillir pour réclamer la liberté, exhorter à brûler tout ce qui est superflu. La rage contenue devient souffle créatif, et dans un élan d’imitation vibrante, sans jamais nommer « le nom », elle lance :
« I want the whole world, give it to me now! I don’t care how, I want it now. »