Squarehead

SquareHead à l’Hémisphère gauche | Rébellion adolescente (partiellement) réussie

La soirée s’annonce aussi compliquée que la neige sur le trottoir. Implacable, elle nous fige dans une incertitude : allons-nous nous enfarger ou avancer ? C’est précisément ces deux options que SquareHead met en jeu : vont-ils se planter ou gagner la nuit?

Cartes sur table, j’ai été invité par SquareHead au spectacle. Est-ce que cela veut dire que je vais leur lancer des roses et être un fan fini de pop punk ? Je ne crois pas, non. Car s’il y a une chose que j’aime dans la vie, c’est d’être négatif critique.

Bon ! Commençons.

La soirée comporte 4 bands : Lilith, SquareHead, W/ Haum et Brain Rot. Avertissement : cette chronique ne couvre que SquareHead. L’Hémisphère est bondé de monde. Le public ne fait qu’un avec l’esthétique punk du bar. Devant la scène surélevée, il y a un trou de béton dédié au mosh pit. Et sur les murs, on peut voir une colonie de visages en plâtre nous observer.

La formation du groupe est composée de Andrew Vallée à la voix et à la guitare, James Forest à la basse, Ayden Hutchinson à la guitare électrique et Tommy Clouâtre-Trottier à la batterie. Le spectacle commence avec Andrew qui s’adresse à la foule, remerciant déjà le bar et les autres groupes pour la soirée. Il annonce aussi la sortie de leur single Petty in Pink. Andrew s’attarde un peu trop dans ses monologues ; il devrait garder ses interactions avec le public plus courtes.

Ils commencent finalement leur première chanson et ça ressemble vraiment à du Green Day. Texte en anglais rappelant une rébellion adolescente d’autrefois. Des mélodies de voix pop punk qui frôlent toujours la justesse de la note. Des distorsions sur les guitares et la basse. Un rythme assez rapide et entraînant. Les quatre musiciens maîtrisent clairement leurs instruments. Les solos de guitare, par Andrew et Ayden, sont très riches, ravageurs et électrisants. Même chose pour la batterie et la basse : tout est solide.

Malgré cela, on dirait qu’il manque de variété entre les chansons. Les seuls moments où on a l’impression de découvrir quelque chose sont les moments instrumentaux et les solos. La voix cause un problème. C’est peut-être ce style de punk qui ne me parle pas, mais à mes oreilles il y avait une grande dissonance entre l’énergie des instruments et la voix nasillarde, presque prépubère, qui enlevait toute électricité ou rage à l’ensemble. Il se peut que cela soit une question de goût, car la foule semblait vraiment aimer le spectacle ; les gens interagissaient avec les interventions de Andrew et dansaient tout au long du show.

Niveau paroles, il y a eu plusieurs moments intéressants, comme dans la chanson où Andrew parle de son éviction. On ressentait souvent une nostalgie de rébellion adolescente, comme dans la chanson Teenage Alcoholic. Le chanteur a même fait une blague là-dessus, disant qu’il ne pouvait plus l’appeler ainsi maintenant qu’il est adulte : Regular Alcoholic.

Bref, malgré ses imperfections, SquareHead a fait un bon effet sur la foule. C’était clairement un show réussi. N’empêche, il reste des choses à revisiter.

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