Salon Tentation Montréal

Salon Tentation Montréal 2026 | Une porte d’entrée vers les mondes érotiques

Le slogan du salon Tentation Montréal, qui tiendra pendant le week-end de la Saint-Valentin sa deuxième édition? « Deux fois plus grand. » Littéralement : les organisateurs du salon promettent une surface deux fois plus importante que celle de l’année dernière, deux fois plus d’exposants, et, logiquement… deux fois plus de plaisir! Cathy Fuoco, coorganisatrice de l’événement, décrit Tentation Montréal comme une porte d’entrée vers les mondes de l’érotisme et de la sensualité destinée à tous et à toutes, peu importe l’âge (il faut au moins avoir 18 ans pour y assister, par contre), l’orientation sexuelle et le genre.

« Oui, c’est un salon à vocation sensuelle, sexuelle, un salon de bien-être, mais on a aussi un réel besoin d’informer, d’instruire, de sécuriser et d’apprendre aux visiteurs, de leur permettre de poser les bonnes questions et d’y réfléchir », dit Cathy Fuoco, qui coorganise le salon Tentation Montréal avec son conjoint, Eddy Rixhon. « On est là aussi comme un vecteur d’informations qui, d’après moi, est nécessaire », rajoute-t-elle.

Car en plus des 75 exposants annoncés, plus axés sur l’artisanat en lien avec les plaisirs coquins et « interdits », Tentation Montréal tiendra 30 conférences, panels et débats visant à favoriser le dialogue sur des enjeux actuels et essentiels à notre époque, notamment le consentement.

« C’est facile de répondre “non” à “est-ce que tu veux plus de sel?” “Est-ce que tu veux plus de sauce?” Maintenant, quand tu vis quelque chose de vraiment intime avec quelqu’un, c’est plus difficile de dire “non, ça me tente plus, on arrête ça là.” On essaie de mettre l’accent là-dessus », souligne Cathy Fuoco.

S’ancrer dans l’histoire d’ici

Grande nouveauté de 2026 : le salon Tentation Montréal accueillera deux institutions du boulevard Saint-Laurent, connu comme le Red Light District au début du 20e siècle, soit le Wiggle Room, le plus ancien club burlesque au Canada, et le Cinéma l’Amour, qui se passe de présentation.

« On est deux amoureux de notre ville. On passe beaucoup de temps à voir des cabarets, des spectacles, des pièces de théâtre. On est déjà très actifs dans la vie culturelle de Montréal, et c’était une évidence qu’on devait marquer le coup en apportant avec nous deux symboles forts de notre ville, un peu kinky aussi. »

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Cathy Fuoco n’a pas peur de le dire : la proposition du salon Tentation Montréal n’est pas la manière la plus poussée d’explorer sa sexualité. Des rassemblements comme le Fetish Weekend ou le festival Jouissif sont, d’après la coorganisatrice, des événements peut-être plus appropriés pour des personnes plus expérimentés dans le domaine. Là où Tentation Montréal se démarque, c’est dans son approche 101, grand public, qui ne vise pas une démographie particulière.

« On veut que tout le monde y trouve sa place, lance-t-elle. Des gens seuls, des jeunes couples, des moins jeunes couples… Bref, des gens curieux qui viennent de partout, que ce soit de Montréal, de la Rive-Sud, de la Rive-Nord, qui viennent des régions. On accueille des gens qui pourront découvrir sans trop se sentir, peut-être, gênés. »

D’après Cathy Fuoco, la population n’est pas forcément bien équipée pour répondre aux enjeux de la sexualité, malgré une époque régie par Internet et une information qui circule librement.

« Ça dépend toujours des bases d’informations qui sont données et comment elles sont interprétées aussi. J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi les jeunes ont si peu accès à de la vraie documentation. Et peut-être que ce n’est pas un accès, mais une capacité d’aller chercher l’information. Parce que maintenant, tout est tellement rapide que c’est beaucoup plus facile d’aller écouter un podcast rapide, d’avoir trois, quatre informations générales, au lieu d’aller chercher exactement nos symptômes, nos envies, nos désirs, dit Mme Fuoco. Nous, ce qu’on essaie de faire aussi au salon, c’est d’avoir des professionnels. L’année passée, on a eu Rafaël Provost [DG de l’OBNL Ensemble pour le respect de la diversité], qui revient encore cette année et qui a parlé des enjeux des sites de rencontres dans la communauté gay, à quel point c’est dangereux, puis à quel point il faut vraiment se préserver et s’assurer de rester en sécurité. »

Dur de choisir, évidemment, mais quels sont les exposants ou conférenciers coups de cœur de Cathy Fuoco parmi les dizaines et les dizaines de personnes qui prendront part au salon Tentation Montréal?

« J’ai un grand respect pour les artisans qui produisent des pièces d’art en vue de pouvoir les partager avec les autres. Ils ont deux vies parallèles, parce qu’ils tiennent tellement à leur art, mais malheureusement, leur art ne leur permet pas d’en vivre », dit-elle, soulignant, comme nous le savons en culture de manière générale, que la passion est bien plus forte que l’argent.

« J’ai un coup de cœur pour Janysse de Claribel! » Qui est? « Claude Carrier, qui vend du sirop d’érable épicé. Le produit tel quel est un vendeur extraordinaire. Mais maintenant, c’est cette façon qu’il a de le présenter, avec les sensations en bouche, et à d’autres endroits que vous pouvez imaginer, qui est juste fabuleuse. »

Cathy Fuoco nomme également Valérie Auclair dans ses coups de cœur, qui, sous le nom de Vulvet Underground (oui, oui, vous avez bien lu!), propose des ateliers de moulage de la vulve, désirant que les femmes reprennent le contrôle de leur féminité et leur image en assumant cette partie du corps encore tabou. « C’est une personne qui a une mission extraordinaire, tellement grande… Elle a une si belle compassion, tellement une belle ouverture, de bienveillance. »

image 1992499471668790* Photo par Claudhel Caron Delisle.

Pour les personnes plus sensibles aux enjeux de la communauté LGBTQ+, Cathy Fuoco annonce notamment que l’anthropologue Nicolas Côté-Saucier sera au programme le dimanche 15 février, à 13h, dans une conférence abordant les déclinaisons de l’univers drag.

Avant de s’embarquer dans l’aventure de Tentation Montréal, Cathy Fuoco et Eddy Rixhon n’étaient pas forcément les plus réceptifs aux univers des communautés proches de l’érotisme, souvent marginalisées, encore aujourd’hui.

« C’est drôle, parce qu’on a commencé avec beaucoup de préjugés, avoue Cathy Fuoco. Est-ce que c’est des préjugés, ou peut-être juste de l’ignorance? »

Depuis qu’on a commencé ce projet, on a réalisé que, oui, on peut dire qu’ils ont l’air de weirdos de l’extérieur, mais à l’intérieur, quand tu arrives à voir derrière le rideau, quand tu arrives à voir les règles qui sont imposées, la structure qu’il y a dans ces communautés-là, on réalise que finalement, les weirdos, c’est nous. Ceux qui laissent les gestes inappropriés exister, qui laissent l’ouverture à ne pas mettre de limites.

Tentation Montréal a envoyé un code de conduite à tous les visiteurs, exposants et employés qui prendront part au salon pendant le week-end de la Saint-Valentin, tout en engageant le GRIP, organisme de prévention et d’accompagnement, pour assurer la sécurité de toutes les personnes présentes.

Vous pouvez découvrir la programmation du salon et vous procurer des billets pour y prendre part selon divers forfaits en suivant le lien juste ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec le salon Tentation Montréal.

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