The Black Keys
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Osheaga 2015 – Jour 3 | The Black Keys, Alt-J, Father John Misty ferment la marche

Une autre édition d’Osheaga se terminait dimanche soir, et même si on les a vus plutôt souvent à Montréal depuis quelques années, les Black Keys offraient le party idéal pour conclure une décennie de grands événements.


En 2010, la plupart des festivaliers les découvraient. En 2012, ils étaient la saveur du moment : El Camino les avait propulsés au rang de vedettes.

De retour en 2015, pour une troisième fois donc à Osheaga, on pourrait dire que le duo formé de Dan Auerbach et Patrick Carney s’insère désormais dans la catégorie des valeurs sûres. On sait ce qu’on obtiendra avec eux : du blues rock fédérateur, entraînant et sincère.  D’autant plus que ce ne sont pas les bombes qui manquent à leur répertoire : Dead And Gone, Gold on the Ceiling, Howling For You, Tighten Up, Lonely Boy, et la Zeppelinesque Little Black Submarines, avec laquelle ils terminent maintenant souvent. Ça ferme bien un festival, disons-le.

On pourrait pratiquement faire le même exercice avec Alt-J, qui n’a pas pris part à Osheaga aussi souvent, mais qu’on a vu régulièrement à Montréal depuis 2012. Bien que le deuxième album This Is All Yours n’ait pas obtenu le succès de l’excellent premier album, le groupe britannique a fait sa réputation, notamment en raison de ses concerts de haute qualité. On a pu le constater une fois de plus, juste avant les Keys. En prenant de l’ampleur, le groupe a réussi à affiner sa prestation sur le plan musical. Ce ne sont pas des bêtes de scène, mais sur le plan mélodique, ça fonctionne du feu de Dieu.

Il y avait bien d’autres valeurs sûres au menu : Future Islands et son chanteur Samuel T. Herring, qui fascine avec ses petits mouvements de danse, son intensité limite psychopathe, et son chant imprévisible. Un beau moment du festival.

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Future Islands.

Et que dire de Father John Misty qui n’ait pas déjà été dit. L’ex-batteur de Fleet Foxes est l’une des personnalités les plus extravagantes et pertinentes du milieu indie-folk et a prouvé une fois de plus qu’il sait mettre la foule de son bord. Au-delà de ses petits de danse excentriques et de son petit côté de ladies man pince-sans-rire, Father John Misty est l’un des auteurs-compositeurs les plus doués de sa génération, comme en témoignent sa superbe chanson Bored In The U.S.A. et la très jolie I Love You Honeybear. 

Photo par Karine

Father John Misty.

Philip Selway et Edward Sharpe

Si Father John Misty a pleinement réussi sa transition de batteur à frontman, ce n’est tout de même pas donné à tout le monde. Philip Selway en est un bon exemple. Bien que ses chansons solo aient un certain charme sur disque, le batteur de Radiohead n’est pas exactement le performeur qu’il faut être pour captiver la foule. Il semblait toutefois bien heureux de jouer pour la foule montréalaise. Espérons que les organisateurs l’ait suffisamment gâté pour qu’il convainque sa bande de FINALEMENT s’amener à Osheaga en tête d’affiche. 2016 peut-être ?  On verra bien.

Photo par Karine

Philip Selway.

Déception, donc, du côté de la scène des arbres en milieu de soirée, d’autant plus qu’à notre retour, tout le monde s’essuyait les larmes après le show d’Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, qui ont apparemment fait monter une personne handicapée pour lui faire vivre un moment émouvant durant If I Were Free. Autour de nous, ils étaient nombreux à témoigner de cet instant touchant… On pourra peut-être le revoir en rétrospective du festival.

À tout cela s’ajoutaient notamment The War On Drugs, pour une première fois à Montréal depuis la parution de l’excellent Lost In The Dream – et on espère qu’ils reviendront, bientôt, en salle – ainsi que la formation Hot Chip et le guitariste blues-rock Gary Clark Jr., qui a charmé autant les dames avec son look beau gosse que les adeptes de solos de guitare.

Il faut l’admettre : Osheaga est devenu une véritable usine à moments inoubliables. Certes, sa grande popularité attire des festivaliers en tous genres, y compris beaucoup de m’as-tu-vu et de jeunes hipsters qui démontrent davantage d’intérêt envers leurs selfies que les spectacles sur scène. Mais reste toujours que c’est le paradis des mélomanes aussi, un genre d’eldorado musical qu’il fait bon fréquenter.

Vivement dix autres années.

(rédigé en collaboration avec Marie-Kim Dupuis Brault et Caroline Bélanger)

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