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La LNI s’attaque aux classiques à Espace Libre

Du 10 au 19 décembre, Espace Libre propose un spectacle différent à chaque soir, non seulement parce qu’improvisé, mais parce que doté d’une contrainte qui n’est jamais la même. La «revisite» de la tragédie grecque, du théâtre de Shakespeare, de Molière, de Tchekhov, de Brecht et de Michel Tremblay, du théâtre de l’absurde et du théâtre romantique sont au menu avec La LNI s’attaque aux classiques.

Dirigés par l’animateur-metteur en scène François-Étienne Paré et le conseilleur dramaturgique de la soirée Alexandre Cadieux, trois improvisateurs et comédiens accomplis se prêtent au jeu de la recherche théâtrale présentée sous une forme inédite.

Une Salomé Corbo éblouissante, un Réal Bossé cabotin et une Anne-Élisabeth Bossé espiègle explorent devant le public différents aspects de la tragédie grecque, courant exploré lors de la soirée d’ouverture de La LNI s’attaque aux classiques.

Les comédiens apprennent ou réapprennent, en même temps que le public, les codes du théâtre tel que joué en Grèce il y a 2 500 ans, en plus de quelques faits socio-historiques à propos de l’époque.

 


Cette démarche s’inscrit parfaitement dans le désir de la démocratisation du théâtre tel que promue par Espace Libre, en ne tenant pas pour acquis que les spectateurs possèdent tous des connaissances étalées sur la tradition théâtrale.

Si ces chroniques historiques détaillées par Alexandre Cadieux manquent un peu de dynamisme, elles sont toutefois très utiles à la compréhension et à la progression du spectacle.

Après une heure d’essais et erreurs loufoques ou dramatiques guidés par l’animateur, les trois comédiens plongent dans une improvisation de trente minutes sans interruption, ayant pour thème la tragédie grecque. Le public revit ainsi avec les improvisateurs leurs moments de tâtonnement et leurs succès narratifs, dont l’accès est normalement réservé aux créateurs.

Pour le plus grand plaisir de l’assistance, Corbo, Bossé et Bossé flirtent avec les clichés tout en les évitant, jouant ainsi un jeu dangereux aux résultats agréablement surprenants.

La LNI promet une soirée divertissante, malgré la lourdeur des thèmes tragiques abordés lors des improvisations, et intense pour le spectateur devenu initié au processus créatif.

Si l’expérience La LNI s’attaque aux classiques est encore au stade embryonnaire, elle vaut la peine d’être vécue et revécue : son évolution de soir en soir en fera certainement la richesse, autant pour les créateurs que pour le public. La diversité des représentations invite également les spectateurs à suivre le cours de l’histoire du théâtre à travers ses capsules cocasses et éducatives.

Un spectacle insolite et réjouissant, qui saura plaire à un auditoire de tous âges et de tous milieux.

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